Nadal pas épargné
Vendredi 22 mai 2009 - 13:24
Le Serbe Novak Djokovic est tombé dans la moitié de tableau de Roger Federer, lors du tirage au sort de Roland-Garros, et pourrait donc retrouver le Suisse en demi-finale. Rafael Nadal aura sur sa route plusieurs spécialistes de la terre battue.
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Rafael Nadal semble avoir fait la bonne affaire avec comme avant-dernier adversaire potentiel le Britannique Andy Murray, présumé moins fort sur terre battue que Novak Djokovic. Mais à y regarder de plus près, son tableau est nettement plus dense que celui de Roger Federer. Le quadruple tenant du titre espagnol pourrait avoir à affronter quelques bons spécialistes de l'ocre, notamment ses compatriotes David Ferrer en huitième et Fernando Verdasco en quarts, pendant que Federer se fera théoriquement les dents sur des joueurs de surface rapide (Blake, Roddick), ou des blessés (Monfils) qui pourraient être éliminés avant de croiser sa route.
Pour les leaders du tennis français, à l'image de Gilles Simon et Jo-Wilfried Tsonga, la tâche s'annonce compliquée. Ce dernier, pour son deuxième Roland-Garros, se retrouve avec un tableau truffé de pièges. Opposé à son compatriote Julien Benneteau au premier tour, le Manceau pourrait affronter l'Argentin Juan Monaco, qui était le joueur à éviter parmi les non-têtes de série, dès le suivant. Au programme ensuite : Juan Martin Del Potro ou Igor Andreev en huitièmes et Novak Djokovic en quarts...
Gilles Simon, en panne totale de confiance, a un premier tour accessible face à l'Américain Wayne Odesnik mais Fernando Gonzalez l'attendrait au troisième tour et Andy Murray en huitièmes.
Gaël Monfils a un bien meilleur tableau, avec potentiellement l'Américain Andy Roddick en huitièmes avant un éventuel quart de finale contre Roger Federer. Mais le Parisien, qui s'est entraîné vendredi à midi, est toujours incertain à cause d'une blessure au genou et n'a plus joué en compétition depuis cinq semaines. Quant à Paul-Henri Mathieu, il pourrait retrouver Federer dès le troisième tour.
Rafael Nadal n'a pas caché son plaisir de retrouver la terre battue de Roland-Garros, après une semaine passée sur celle de Madrid, qui lui convenait bien moins. "J'ai plus de contrôle de la balle qu'à Madrid. On a le sentiment que la balle reste plus dans la raquette. Selon moi, c'est plus facile à contrôler ici", a indiqué l'Espagnol. A Madrid, Nadal avait été battu par Roger Federer en finale dimanche dernier, dans des conditions de jeu très différentes de celles de Paris. "C'était très dur pour moi, le court était très rapide, la balle volait, c'était difficile à contrôler". Le Marjorquin arrive à Roland-Garros avec un bilan de 19 victoires sur 20 matches disputés sur terre battue et trois titres (Monte Carlo, Barcelone, Rome). "C'est presque parfait. Je suis très satisfait de ma saison sur terre", a-t-il dit.
Novak Djokovic veut "gravir une marche supplémentaire" après avoir atteint les demi-finales de Roland-Garros les deux années précédentes. "Ma saison sur terre battue a été fantastique jusqu'à présent. Je me sens bien sur le court et je joue avec beaucoup de confiance. J'espère gravir une marche supplémentaire". Djokovic a remporté le tournoi de Belgrade et joué les finales de Monte-Carlo et de Rome contre Rafael Nadal, mais c'est peut-être lors de la demi-finale de Madrid, perdue contre l'Espagnol après quatre heures d'une superbe bagarre, qu'il a fait la plus forte impression. "J'ai probablement joué contre lui un des meilleurs matches de ma vie sur terre battue, même si j'ai perdu. Ca me permet d'espérer le battre lors de notre prochaine rencontre", a dit le N.4 mondial. Cela ne pourra pas se produire avant la finale car cette année, Djokovic est tombé dans la moitié de tableau de Roger Federer. "Ca me changera car ces trois dernières années, j'étais avec Rafa", a dit Djokovic, battu une fois en quart et deux fois en demie.
Roger Federer a estimé pour sa part que le rapport des forces n'avait pas évolué à Roland-Garros et qu'il restait l'un des deux favoris du tournoi avec le quadruple tenant du titre Rafael Nadal. "Avec "Rafa", j'ai toujours été le grand favori ces dernières années et c'est plus ou moins la même chose cette fois", a assuré le N.2 mondial, battu en finale par Nadal des trois dernières éditions. Avoir battu Nadal il y a une semaine à Madrid ne change pas fondamentalement la donne selon lui, même si le Suisse a avoué que "cela pourrait être un petit avantage" si jamais les deux hommes devaient se retrouver en finale à Paris. "Mais on n'en est pas encore là", a insisté le Suisse, opposé à Albert Montanes, 35e mondial, au premier tour. Un Espagnol, "le premier de la liste !", qu'il avait battu en quatre sets au deuxième tour l'année dernière. "Si je joue bien, je devrais passer, a-t-il commenté. Car je me sens très bien. La victoire à Madrid m'a donné un grand "boost" et je me suis très rapidement adapté aux conditions ici." "Je suis frais mentalement et physiquement. Je ne me suis entraîné qu'une heure aujourd'hui (vendredi), je cherche plus la qualité que la quantité", a continué Federer qui estime que son jeu s'est "remis en place" après plusieurs mois difficiles. "J'ai beaucoup travaillé depuis Monte-Carlo, le service et le jeu de jambes surtout, et cela a payé tout de suite à Madrid. J'étais même surpris que ça marche si tôt." "Mais le boulot n'est pas fait", a conclu le Suisse qui a répété qu'il se voyait jouer "au moins jusqu'aux JO-2012 de Londres". "J'ai aussi envie que mon fils puisse me voir jouer et il n'a pas encore cinq ans, donc...", a ajouté Federer.
Le Britannique Andy Murray a découvert cette saison que pour améliorer ses résultats sur terre battue, il ne devait plus essayer de changer sa façon de jouer par rapport aux surfaces en dur où il obtient ses meilleures performances. "Ce que j'ai fait de mieux cette saison, c'est de ne pas traiter la terre battue comme une surface complètement différente. Je dois jouer de la même façon que sur dur. Il fallait seulement que j'améliore mon déplacement, c'est ce que j'ai fait", a dit l'Ecossais, N.3 mondial, qui a atteint les demi-finales à Monte-Carlo (battu par Rafael Nadal) et les quarts de finale à Madrid (battu par Juan Martin Del Potro). "Mon style de jeu, c'est d'essayer de faire jouer mon adversaire de la façon qui me convient à moi. Contre les joueurs de terre battue qui liftent beaucoup, il s'agit de jouer un peu plus à plat et de venir au filet pour que cela ressemble à un match sur dur. Contre ceux qui ne sont pas spécialistes, j'essaie au contraire d'être plus patient et de renvoyer un peu plus la balle", a expliqué le joueur de 22 ans, connu pour sa science du jeu. Même s'il a appris le tennis en Ecosse, un pays où il n'y a pas de courts en terre battue, Murray a l'expérience de la surface pour avoir passé beaucoup de temps à s'entraîner à Barcelone pendant son adolescence.
