Nadal : Ce titre "vient dans la douleur"
Lundi 6 juin 2011 - 9:52
Six titres à Roland Garros "ça commence à faire beaucoup !" lance en forme de boutade Rafael Nadal après sa victoire à Roland Garros.
Pouvez-vous comparer ce titre avec vos précédentes victoires ?
Un titre aussi prestigieux est toujours très gratifiant car ça demande tellement d'efforts. Alors quand il vient en plus dans la douleur, après des moments de doute, il prend encore une toute autre saveur. En 2008, j'avais joué un tennis fantastique, le meilleur de ma vie, mais à la fin je n'avais pas l'impression d'avoir gagné Roland Garros. Ca avait été trop facile.
Quelle a été la clé de la finale ?
Roger a fait un tournoi fantastique, il a évolué à un très haut niveau pendant deux semaines et a été énorme en demi-finale. C'est plus difficile pour lui de jouer aussi bien contre moi que contre Djokovic car je lui donne un balle plus haute. Mais il a été très bon aujourd'hui, il a mieux tenu l'échange avec son revers que par le passé. Ca a été un gros problème pour moi.
Comment avez-vous réussi à revenir dans le premier set ?
Il n'a pas eu de réussite au premier set. A 5-2 pour lui, je n'étais pas bien. Mais c'était pire en 2006 où j'avais perdu le premier set 6-1 contre Roger. Je savais que le premier set était très important. Mais même si je l'avais perdu, je sais que les matches sur terre battue sont longs. J'ai eu de la chance sur les deux premiers jeux, à 5-2 et 5-3. Après j'ai joué un très grand tennis pendant deux sets.
Que s'est-il passé depuis le week-end dernier lorsque vous disiez ne pas jouer suffisamment bien pour remporter le titre ?
J'ai abordé ce tournoi avec moins de confiance que d'habitude. Avoir perdu quatre finales de suite face à Djokovic m'avait vraiment affecté. C'était dur. Mais j'ai gardé tout le temps la bonne attitude pour retrouver mon meilleur niveau au moment où j'en avais le plus besoin. C'est une grande satisfaction personnelle de gagner le tournoi après l'avoir commencé aussi mal.
Quel a été le déclic ?
J'étais bien à l'entraînement donc je ne comprenais pas trop pourquoi je n'arrivais pas à transposer ça en match. J'étais trop nerveux je pense mais en même temps je savais que je n'étais pas loin. Contre Soderling en quarts de finale le moment était venu de retrouver mon jeu, sinon je rentrais à la maison. Et j'ai réussi à le retrouver, au bon moment.
Que représente le fait d'égaler Bjorn Borg avec six titres à Paris ?
C'est un honneur de pouvoir partager ce record avec lui mais le plus important pour moi est de gagner Roland Garros. Je vais continuer à travailler pour essayer de jouer bien encore l'année prochaine mais aujourd'hui laissez-moi savourer ce titre. Six, ça commence à faire beaucoup !