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Retour sur 2015 : Djokovic intouchable

Retour sur 2015 : Djokovic intouchable

Avec onze trophées, dont trois du Grand Chelem, 82 matches gagnés et seulement six perdus, soit 93,2% de victoires, Novak Djokovic a réussi en 2015 l'une des plus belles saisons de l'histoire du tennis. La plus belle de toutes? A deux sets près, la question ne se poserait pas. Mais ces deux manches, le Serbe les a perdues le 8 juin en finale de Roland-Garros. Dominateur avant, à l'Open d'Australie, souverain après, à Wimbledon et à l'US Open, il s'est crispé face au Suisse Stan Wawrinka au moment d'enlever le seul tournoi majeur manquant à son palmarès. Le rêve d'un premier Grand Chelem depuis celui de Rod Laver en 1969 s'évanouissait dès la deuxième levée. Le débat reste donc ouvert. Connors 1974 (15 titres dont 3 du Grand Chelem, 93 victoires, 4 défaites, soit 95,8%), McEnroe 1984 (13 titres dont 2 du Grand Chelem, 82 victoires, 3 défaites, soit 96,5%), Federer 2006 (12 titres dont 3 du Grand Chelem, 92 victoires, 5 défaites, soit 94,8%), Nadal 2013 (10 titres dont 2 du Grand Chelem, 75 victoires, 7 défaites, soit 91,5%) ou Laver 1969 (7 titres, dont les 4 Grands Chelems, 59 victoires, 7 défaites, soit 89,4%): à chacun de dire lequel de ces millésimes d'exception s'approche le plus de la perfection.

Le plus grand joueur de l'histoire ?


Les arguments en faveur du Serbe ne sont pas négligeables. Certes, il n'a pas battu le record du nombre de tournois gagnés en une saison (c'est Guillermo Vilas qui le détient avec 16 en 1976), ni celui du nombre de matches remportés (93 par Connors en 1974), pas plus que celui du plus petit nombre de défaites (3 par McEnroe en 1984). Mais il en a établi deux qui en disent long sur la densité de ses performances. Personne avant lui n'avait gagné la même année six Masters 1000 (Indian Wells, Miami, Monte Carlo, Rome, Shanghai et Paris-Bercy), ces tournois qui viennent juste après les Grands Chelems et le Masters dans la hiérarchie du circuit. Aucun champion n'avait non plus atteint un total de points aussi énorme à l'ATP, 16.585 à la suite de sa cinquième victoire au Masters, à Londres.

Ajoutons quelques éléments pour donner une meilleure idée de l'incroyable régularité de ses performances cette année: il a joué les finales des quatre Grands Chelems ainsi que les finales des huit Masters 1000 auxquels il a participé (il a fait l'impasse sur Madrid). Sur seize tournois disputés, il n'a perdu avant le dimanche qu'à Dubaï, en février, contre Federer; son bilan contre les joueurs du top 10 est de 28 victoires et 5 défaites.

Le vétéran suisse, âgé de 34 ans, est d'ailleurs le seul à pouvoir se vanter d'avoir battu le N.1 mondial à plusieurs reprises cette année: trois fois en huit duels. Mais les trois matches les plus importants, en finale de Wimbledon, de l'US Open et du Masters, ont tourné en faveur du Serbe. Les trois autres joueurs à avoir réussi l'exploit sont Wawrinka à Roland-Garros, Andy Murray en finale de Montréal en août et Ivo Karlovic en janvier à Doha, dans le tout premier tournoi de l'année.

A 28 ans, Djokovic a encore, en principe, quelques années devant lui pour signer le chef d'oeuvre qui mettrait fin à la discussion et surtout pour se rapprocher du plus prestigieux des records, celui des 17 titres majeurs de Roger Federer. L'énorme écart qui le sépare de ses poursuivants, illustré par son avance au classement ATP sur le deuxième Andy Murray, 7915 points, soit pratiquement l'équivalent de quatre victoires en Grand Chelem, laisse prévoir une saison 2016 fructueuse. Mais il faut aussi se souvenir qu'en tennis le déclin arrive souvent sans prévenir. Après sa fabuleuse saison 1984, McEnroe n'a plus jamais gagné un tournoi du Grand Chelem.





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