En grande forme en fin de saison, Jo-Wilfried Tsonga espère jouer les trouble-fêtes à partir de dimanche à Londres, où il disputera le deuxième Masters de sa carrière.
Le Français, qui avait échoué en poule lors de sa première participation, en 2008 à Shanghaï, estime avoir grandi depuis cette première expérience.
"Il y a trois ans, j'étais encore un peu jeune sur le circuit. Il y avait à peine un an que j'étais dans le Top 100. Il s'est passé beaucoup de choses depuis et j'arrive avec plus d'expérience et de sérénité", dit le N.1 tricolore, âgé de 26 ans.
Tsonga a la chance d'être tombé dans un groupe abordable pour lui, ce qui peut paraître paradoxal dans la mesure où il comprend deux des plus grands joueurs de tous les temps, Roger Federer et Rafael Nadal, ainsi que Mardy Fish.
Mais le Manceau a l'avantage d'avoir battu ces trois joueurs cette année: le Suisse à Wimbledon dans un match en cinq sets d'anthologie, puis à Montréal, l'Espagnol au Queen's et l'Américain à l'US Open.
Federer, tenant du titre et vainqueur de Tsonga il y a une semaine en finale du tournoi de Paris-Bercy, sera difficile à prendre lors du match d'ouverture dimanche. En revanche l'Espagnol paraît une cible atteignable, comme bien entendu Mardy Fish, un novice dans l'épreuve.
Le Manceau reste certes sur une sévère défaite face à Nadal en septembre en demi-finale de la Coupe Davis (6-0, 6-2, 6-4). Mais c'était en Espagne sur terre battue, la meilleure surface du Majorquin et la moins bonne du Français.
"Je peux sortir de cette poule"
Sur la surface synthétique de l'immense O2 Arena, les conditions de jeu, en tout cas la vitesse de la balle et la hauteur du rebond, se rapprocheront plus de celles du Queen's, où Tsonga l'avait emporté en juin, juste avant son beau parcours jusqu'en demi-finale de Wimbledon.
Eprouvé par la perte de sa suprématie sur le circuit au profit de Novak Djokovic, Nadal ne sera peut-être pas au sommet de sa forme, d'autant qu'il n'a plus joué depuis plus d'un mois.
L'Espagnol n'aime guère le tennis en "indoor", ce qui explique qu'à part sa finale de l'an passé contre Federer son bilan au Masters ne soit pas à la hauteur du reste de son palmarès.
Tsonga, au contraire, est un spécialiste du tennis en salle. C'est à l'abri d'un toit qu'il a remporté cinq des sept titres de sa carrière, et notamment les deux qu'ils vient de décrocher cet automne à Metz puis à Vienne.
"Je pense vraiment que je peux sortir de cette poule", assure-t-il.
Avec Federer, en quête d'un sixième titre qui ferait de lui le seul détenteur du record devant Pete Sampras, les deux grand favoris du Masters, Novak Djokovic et Andy Murray, s'affronteront dans l'autre poule, complétée par l'Espagnol David Ferrer et le Tchèque Tomas Berdych.
Djokovic est-il en forme?
L'état de forme du Serbe est le principal point d'interrogation de la semaine. Au bout d'une des plus grandes saisons de l'histoire du tennis (10 titres dont 3 du Grand Chelem, 69 victoires pour 4 défaites), le N.1 mondial a paru accuser le coup ces dernières semaines.
Contraint à l'abandon en Coupe Davis, forfait à Shanghaï, battu par le jeune Japonais Kei Nishikori à Bâle, il a de nouveau renoncé avant son quart de finale à Bercy. Mais si les dix jours de repos qu'il s'est accordés depuis lui ont suffi pour récupérer ses forces, il ne faudra pas chercher plus loin le grand favori d'une épreuve qu'il a déjà remportée en 2008 en Chine.
Dans le cas contraire, Murray aura une nouvelle chance de franchir enfin le dernier cap en remportant un grand trophée. L'Ecossais, vainqueur de trois des quatre derniers tournois qu'il a disputés (Bangkok, Tokyo, Shanghai) n'est pas loin d'être dans la meilleure forme de sa vie.



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