Qui a le meilleur... de tous les temps ?
Lundi 20 février 2012 - 22:20
L’Association du Tennis Professionnel (ATP) fête en cette année 2012 son quarantième anniversaire. Il n’existait pas meilleure occasion de dresser le palmarès des joueurs qui possèdent ou détenaient les meilleurs coups du tennis. Service, coup droit, revers, volée, physique, mental... débats et explications !
Même s’il demeure toujours difficile de démontrer par A plus B qui est le meilleur joueur de tous les temps entre Federer, Borg, Nadal, McEnroe ou Sampras, en revanche il est beaucoup plus simple de disséquer à la loupe qui détient à l’heure d’aujourd’hui les meilleurs coups du tennis. Alors bien sûr, la le matériel ainsi que le physique propre des joueurs a évolué durant ses quarante dernières années, mais la technique en elle-même à cette capacité de traverser les âges. John McEnroe et son geste de service si particulier serait toujours le même si l’Américain débutait sa carrière en 2012. Même si avec une raquette en bois Roger Federer ne pourrait peut-être pas frapper si fort la balle qu’il le fait actuellement en revanche sa technique ne serait pas si différente s’il devait utiliser une raquette en graphite comme celle qu’il a dans la main de nos jours. Bien sûr, il serait quasi-impossible de lifter comme le font si bien les Espagnols et Raphael Nadal en tête, mais dans l’absolu tout ne serait peut-être pas si différent qu’aujourd’hui. Dans le dessein de dresser ce bilan, deux argumentaires vont être pris en cause. Les statistiques fournies par l’ATP et la vérité émanant du terrain.
Le Service
Le service est un coup à part dans le tennis. C’est le seul geste qui à l’instar d’un lancer franc au basket se réalise seul, sans la pression directe de l’adversaire. C’est un geste répétitif, qui ne repose que sur la technique propre du joueur et sa capacité à focaliser son attention sur un moment précis. Deuxième spécification, ce coup se divise en deux parties. Première et seconde balle. Un joueur peut détenir le meilleur premier servi qui soit, mais être « limité » sur son second engagement. Quand on pense service, de suite, une pléiade de noms viennent instantanément à l’esprit. Dans le désordre, Pete Sampras, Boris Becker, Richard Krajicek, Greg Rudsedski, Ivo Karlovic, Mark Philippoussis, John McEnroe, Marc Rosset, Michael Stich, Goran Ivanisevic, John Isner, Ivan Ljubicic, Roscoe Tanner et Andy Roddick. Si l’on se référait uniquement aux nombres d’aces qu’un joueur a réalisés sur l’ensemble de sa carrière, sans contestation possible, le meilleur des meilleurs est le Croate Goran Ivanisevic. Ce joueur unique au geste de service manière « volley-ball » a enregistré la bagatelle de 10 183 aces en 796 matchs sur le circuit. Le vainqueur de
Wimbledon 2001 compile une moyenne ahurissante de 12.8 aces par matchs sur une carrière qui a débuté en 1988 pour se terminer en 2002. Au summum de son art en 1996, il a enregistré pas moins de 1 477 réalisations en 103 matchs soit une moyenne ahurissante de 14 aces/match et le plus souvent face aux grands pontes du circuit. De son côté son compatriote
Ivo Karlovic n’est pas en reste puisqu’en l’espace de 377 matchs sur le circuit il a délivré une moyenne prodigieuse de 18 aces par match. Il se place très loin devant tout le monde y compris, devant son illustre compatriote Goran Ivanisevic, même s’il n’a jamais joué au plus haut niveau sur l’espace d’une saison. Pour sa part,
Andy Roddick a réalisé en 787 rencontres 8 716 aces soit 1 467 aces (11.7 aces/match) de moins que le natif de Split. Alors bien sûr, les surfaces en moyenne étaient plus rapides à cette époque et le niveau d’ensemble des cent premiers joueurs mondiaux un peu plus faible. Mais il existait néanmoins des relanceurs extraordinaires du type d’André Agassi, de
Yevgeny Kafelnikov, de
Lleyton Hewitt ou de Michael Chang. De plus, il fait partie de la liste très réduite des cinq joueurs ayant dépassé les 1 000 aces en une saison avec Pete Sampras, Ivo Karlovic,
John Isner et Andy Roddick. Il est également recordman du nombre de réalisations lors d'un tournoi avec un nombre de 213 réalisations lors de sa victoire à Wimbledon. Sur gazon, surface la plus adéquate pour multiplier les « vas et viens » du joueur adversaire, Ivanisevic à enregistré 1 834 aces pour 91 matchs soit une moyenne de 20 aces par match. La suite du classement s’établit de la manière suivante concernant les neuf joueurs suivant (toutes surfaces confondues) :
Pete Sampras : 8858 aces/859 matchs, Andy Roddick (8716/787),
Ivan Ljubicic (8018/717), Richard Krajicek (7694/630),
Greg Rusedski (7605/723), Roger Federer (7237/1001), Ivo Karlovic (6847/377),
Mark Philippoussis (6709/517) et
Marc Rosset (6212/712). Concernant la statistique établie sur le pourcentage de jeu de service gagné, Ivo Karlovic est en tête avec 91 % de réussite. Il devance dans ce classement Andy Roddick (90 %) et John Isner (90 %). Information importante,
Jo-Wilfried Tsonga se place 8e dans ce classement avec un pourcentage de 87 %. Enfin, pour ce qui est la vitesse maximale enregistrée d’une première et seconde balle c’est encore un Croate qui se hisse sur la plus haute marche du podium puisque c’est Ivo Karlovic qui détient le record avec une balle frappée à 251 km/h, et un second service à 231 km/h. Maintenant, il ne suffit pas de multiplier les aces et les jeux gagnants dans ce classement pour mériter la place de meilleur serveur de tous les temps !
Nadal gagne 57 % des points sur sa seconde balleLe pourcentage de points gagnés sur sa première balle est également une statistique très importante. À ce petit jeu,
Goran Ivanisevic n’arrive qu’à la seconde place du classement établie par l’ATP, derrière son compatriote Ivo Karlovic avec une moyenne de 82 % contre 83 % pour le géant de 2.06 m, mais sur 377 matchs alors qu’Ivanisevic a joué dans sa carrière 787. Les neuf suivants sont dans l’ordre : Richard Krajicek (81 %),
Wayne Arthurs (81 %), Pete Sampras (81 %), Mark Philippoussis (80 %), Greg Rusedski (80 %), Andy Roddick (80 %),
Boris Becker (80 %) et Marc-Kevin Goellner (79 %). Seconde caractéristique et non des moindres, la seconde balle de service. En se référant aux statistiques établies par l’ATP, il est intéressant de se rendre compte que c’est Raphael Nadal qui arrive en tête avec 57 % des points gagnés quand ce dernier sert un second service à égalité avec son plus grand rival, Roger Federer. Suivent dans l’ordre : Andy Roddick (56 %), John Isner (56 %),
Juan Carlos Ferrero (55 %), Wayne Arthurs (55 %), André Agassi (54 %),
Novak Djokovic (54 %)
Thomas Muster (54 %) et Jim Courier (53 %). À titre de comparaison, Pete Sampras n’arrive qu’en 18e position (53 %), Greg Rusedski en 23e (51 %), Ivo Karlovic en 48e et Goran Ivanisevic en 53e position avec 50 %. Maintenant, les statistiques sont une chose, les réalités du jeu en sont une autre ! Tous joueurs de tennis quelque soit son niveau, sait qu’il est plus difficile de sortir un service gagnant à 40/0 qu’à 30/40 surtout en finale d’un tournoi du Grand Chelem. Un grand serveur est reconnu par ses pairs à sa capacité de servir un ace ou un service gagnant dans les moments importants. À ce petit jeu, concernant la première balle de service deux joueurs se distinguent des autres : Goran Ivanisevic et Pete Sampras. Ces deux champions sont surement ceux qui ont le mieux réussi à se sortir d’un moment « chaud » par le biais de la puissance, de la précision et de la confiance qu’ils avaient en leur première balle. Pour ce qui est de la seconde balle, sans contestation possible, Pete Sampras remporte la mise même s’il n’arrive qu’en 3e position au classement des balles de break sauvé sur son service avec un pourcentage de 68 %, derrière Karlovic (70 %) et Andy Roddick (68 %). Par le biais de ses sept victoires à Wimbledon, ses douze tournois du Grand Chelem remportés en l’espace de onze ans, Pistol Pete possédait en ce coup une arme terrifiante, capable de le sauver de la majorité des mauvais pas. Il est donc bien difficile de départager ses trois extraordinaires serveurs même si Goran Ivanisevic, surnommé « l’As des Aces », restera à coup sûr dans toutes les mémoires comme le plus grand serveur de tous les temps.
1: Goran Ivanisevic, 2: Ivo Karlovic, 3: Pete Sampras, 4: Andy Roddick, 5: Richard Krajicek, 6: Greg Rusedski, 7: Ivan Ljubicic, 8 : Wayne Arthurs, 9 : Mark Philippoussis, 10 : Boris Becker.
Le retour de service
Détenir une première balle de plomb est un fait, savoir la retourner en est un autre ! À l’aube de cette 40e saison de l’ATP, il est devenu plus qu’important pour arriver au plus haut niveau (et s’y maintenir !) de posséder un très bon retour de service. En étudiant de près les diverses statistiques fournies il est intéressant de constater que six des dix lauréats ne se trouvent plus sur les courts à cette heure et que Novak Djokovic considéré tel le meilleur relanceur du circuit actuel n’apparait qu’en 13e place. Sur la plus haute marche se retrouve
Guillermo Coria avec un taux fabuleux de 35 % de jeu gagné en retour. Sur un total de 3850 jeux de retour disputés sur 335 matchs joués, le fantasque Argentin a réussi le tour de force d’en remporter 1355 jeux. Suivent dans l’ordre :
Rafael Nadal 2508 jeux gagnés, 7707 total de jeux joués (33 %)/668 matchs. Alberto Berasategui (1738, 5374 32 %/477),
Andy Murray (1651, 5167, 32 %/44).
David Ferrer (2368, 7419 32 %652).
Filippo Volandri (1095, 3435, 32 %/337), Jordi Arrese (888, 2801, 32 %246),
Andre Agassi (3331, 10516 32 %/899). Thomas Muster (2251, 7124, 32 %625),
Michael Chang (2947, 9333, 32 %/810), 13 : Novak Djokovic (1835, 5899, 31 %/512).
1: André Agassi, 2: Novak Djokovic, 4: Guillermo Coria, 5: Andy Murray, 6: Michael Chang, 7: Alberto Berasategui, 8 : Levgueni Kafelnikov, 9 : David ferrer, 10 : Jimmy Connors.
Le coup droit
Sans discussion possible, le coup droit est le geste de base du tennis. Qu’il soit frappé à plat, en lift ou le moins souvent slicé, il représente à 90 % l’arme principale des joueurs. Il n’existe aucune statistique précise pouvant démontrer que tels ou tels tennismen possèdent le meilleur coup droit qui soit. Énormément de joueurs ont su développer ce dernier afin qu’il devienne le plus efficace possible. Dans le désordre : André Agassi, Alberto Berasategui,
Sébastien Grosjean, Raphael Nadal, Roger Federer, Pete Sampras, Jim Courier, Juan-Martin Del Potro, Aaron Kristein, Ivan Lendl,
Robin Soderling,
Fernando Gonzalez, Andy Roddick, Jo Wilfried Tsonga et
Carlos Moya. Cette liste que certaines personnes trouveront surement exhaustive prouve que les plus grands champions de ce sport possédaient l’art subtil de ce coup. Histoire de compliquer les choses, ce dernier peut-être réalisé de manière originale ou en se décalant pour tourner ainsi autour de son revers pour que ce dernier soit encore plus efficace. Il varie également selon la surface sur laquelle il est joué. Quatre joueurs étaient ou sont spécialistes de la chose : Roger Federer, Raphael Nadal, André Agassi (au début de sa carrière) et Alberto Berasategui. À l’heure d’aujourd’hui, le Suisse aux seize tournois du Grand Chelem possède le geste le plus efficace du circuit en prenons compte des quatre surfaces utilisées le plus fréquemment : Dur, terre battue, indoor et gazon. Bénéficiant d’une technique sans faille et d’un relâchement à faire pâlir le plus entrainé des gymnastes, Roger Federer use et abuse de ce coup avec une autorité et une grâce sans précédent. Puissant, rapide, « lourd », il offre au meilleur joueur de l’ère open (par le nombre de titres conquis sur le circuit, mais peut-être pas par son niveau de jeu, mais cela est une autre histoire !), une pléiade de points qui ont fait sa gloire. Encore plus à l’aise quand ce dernier trouve le temps de l’exécuter en tournant son revers, il arrive à le distiller vers n’importe quel endroit du court même si en bout de course il est généralement plus efficace croisé que long de ligne (comme Sampras !).
40 centimètres pour tout un mondeQuand on analyse ce geste via la terre battue, le constat est légèrement différent. Même si l’Helvète peut se targuer de bénéficier d’un coup droit tout à fait extraordinaire quand on aborde le jeu sur terre battue, des champions tels que Raphael Nadal, Alberto Berasategui, Fernando Gonzalez, Alberto Mancini, voire André Agassi, lui sont supérieurs. Avantagés par une prise plus fermée leur permettant de mieux lifter, ils possèdent par la même occasion une marge de manœuvre au-dessus du filet plus conséquente. Plus précisément, il a été calculé que la balle du dernier finaliste de l’open d’Australie passait en moyenne sur l’ensemble d’un tournoi 70 à 80 centimètres au-dessus du filet contre à peine 30 centimètres pour Roger Federer. Résultat, sur terre battue, la marge de manœuvre et de sécurité de Raphael Nadal (et de l’ensemble des joueurs liftant énormément), est supérieure. Les fautes diminuent de 40 % que cela soit par rapport au filet, mais également en longueur. Maintenant, à la vue de la qualité de ce coup chez le Suisse et le fait que ce dernier ait toutefois réussi à disputer la bagatelle de trois finales de
Roland Garros, il serait insensé de dire que son coup droit constitue un réel handicap dans son jeu sur cette surface bien spécifique. C’est pour cette raison qu’il détient assurément le meilleur coup droit de l’ère open. En ce qui concerne la suite du classement, on retrouve sur la seconde marche du podium Pete Sampras, accompagné de l’espagnol Raphael Nadal. André Agassi n’arrive qu’en 4e position. La raison en est simple ! Il est vrai qu’à ses débuts, le Kid de Las Vegas détenait une gifle de coup droit à décorner un bœuf. Qui ne se rappelle pas de cette extraordinaire publicité sortie sur les écrans en 1990 ou l’homme aux huit titres du Grand Chelem s’amuser à massacrer des boites de balles de tennis vides par le biais de son coup droit dévastateur pour l’époque. Malheureusement, année après année, ce geste est devenu un peu moins précis et un peu moins puissant au détriment de son revers qui fut à la fin de sa carrière considérée comme son meilleur coup. Après, il est bien difficile de dresser un classement « type » tant la majorité des champions cités un peu plus haut détiennent en ce coup une arme extraordinaire.
1 : Roger Federer, 2 : Pete Sampras, 3 : Raphael Nadal, 4 : André Agassi, 5 : Robin Soderling, 6: Juan-Martin Del Potro, 7: Andy Roddick (au début de sa carrière!), 8: Alberto Berasategui, 9 : Fernando Gonzalez, 10 : Jim Courier.
Le revers
Second coup de base du tennis, le revers à cette spécification d’être dorénavant joué très souvent à deux mains. Cet acte considéré il y a encore vingt-cinq ans comme rédhibitoire pour parvenir au plus haut niveau, semble représenter dorénavant un certain avantage. Pour preuve, seulement quatorze joueurs issus du top cent actuel jouent avec un revers à une main : Roger Federer, Richard Gasquet, Nicols Almagro, Feciliano Lopez, Stanislas Wawrinka, Ivan Ljubicic,
Mikhail Youzhny, Michael Llodra,
Olivier Rochus,
Albert Montanes,
James Blake,
Tommy Haas, Pilippo Volandri et
Nicolas Mahut. Sans contestation possible, le Français
Richard Gasquet et les Suisses Roger Federer et
Stanislas Wawrinka détiennent le revers à une main les plus efficaces du circuit actuel. Dans le passé, de nombreux grands joueurs disposaient également un magnifique revers à une main :
Henri Leconte, Ivan Lendl,
Cédric Pioline,
Gustavo Kuerten, Boris Becker,
Petr Korda et Michael Stich. En ce qui concerne le revers à deux mains, plusieurs noms se détachent : David Nalbandian,
Nikolay Davydenko, Raphaël Nadal, Marat Safin, André Agassi, Björn Borg,
Jimmy Connors et Andy Murray. À l’aube des années 80, sans contestation possible, l’homme aux quinze titres du Grand Chelem, Björn Borg, détenait le meilleur revers à deux mains. Trente ans plus tard, même si le Suédois apparait toujours dans le top dix en vertu de sa formidable carrière, plusieurs joueurs lui sont passés devant. La qualité du revers à deux mains de l’Argentin
David Nalbandian est extraordinaire. Aussi bien capable de le délivrer croisé que long de ligne, l’ancien numéro trois mondial possède en ce coup une arme terrifiante. Dommage que son coup droit et son mental ne soient pas toujours à la hauteur sinon il serait quasiment injouable ! Impossible d’oublier également le geste si académique d’André Agassi qui à l’apogée de sa carrière (1999) disposait d’un bien meilleur revers que son coup droit et celui du trublion Russe Marat Safin. Concernant les champions du top 10 d’aujourd’hui, Andy Murray et Novak Djokovic sont semblent-ils les joueurs disposant de la meilleure arme. Le Serbe possède en ce coup l’arme capable de déstabiliser l’ogre Nadal. Ainsi, il est le seul sur le circuit (pour le moment !) à pouvoir contrer la force destructrice du coup droit de l’homme de Manacor dans la diagonale de gauche.
Revers à une main : 1 : Richard Gasquet, 2 : Roger Federer, 3 : Petr Korda, 4 : Boris Becker, 5 : Stanislas Wawrinka, 6: Cédric Pioline, 7: Gustavo Kuerten, 8: Henri Leconte, 9: Ivan Ljubicic, 10 : Mikhail Youzhny.
Revers à deux mains : 1 : David Nalbandian, 2 : Marat Safin, 3 : André Agassi, 4 : Andy Murray, 5 : Novak Djokovic, 6: Nikolay Davydenko, 7 :
Marcelo Rios, 8: Björn Borg, 9: Raphael Nadal, 10: Jimmy Connors.
Volée de coup droit
Là encore, il n’existe aucune statistique précise démontrant que telles ou telles stars de la petite balle jaune disposent de la meilleure volée de coup droit qui soit. Mais bon, en quarante ans d’existence, le circuit a présenté une bonne dizaine de joueurs capables de réaliser ce coup pas si aisé que cela à réaliser. Car il est vrai qu’une volée de coup droit est dans la majorité des cas plus dure à effectuer qu’une volée de revers. Dans le désordre on trouve : John McEnroe, Stephan Edberg, Pat cash, Pete Sampras, Patrick Rafter, Michael Llodra,
Radek Stepanek, Guy Forget,
Yannick Noah, Roger Federer et
Fabrice Santoro. Sans contestation possible, si l’on prend compte uniquement compte de la pureté du geste, John McEnroe disposait en son temps de la meilleure volée de coup droit. Dans les années 90, comment oublier la grâce d’un Stephan Edberg ou l’efficacité d’un
Patrick Rafter ou d’un Pete Sampras. En 2012, seuls deux joueurs de très haut niveau pratiquent le jeu service/volée, faute à un ralentissement généralisé des courts et des balles, le Français Michael Llodra et le Tchèque Radek Stepanek. Ces deux attaquants bénéficient tous deux d’une volée de coups droits extraordinaire, mais il semblerait que la volée de l’ancien boy-friend de
Martina Hingis (Stepanek) soit plus consistante et plus régulière que celle du Parisien. Roger Federer qui est considéré comme un joueur d’« attaque » ne réalise pas assez le jeu service/volée (c’est plus un tennisman qui attaque en deux temps !) pour être considéré comme un véritable maitre en cet art même si ses six victoires à Wimbledon pourrait prouver le contraire.
1: John McEnroe, 2: Patrick Rafter, 3: Radek Stepanek, 4: Stephan Edberg, 5: Pete Sampras, 6: Yannick Noah, 7: Pat Cash, 8: Michael Llodra, 9: Pat cash, 10: Guy Forget.
Volée de revers
N’importe quel joueur de tennis qu’il soit professionnel ou amateur adore terminer un beau point gagnant par le biais d’une volée de revers franchement frappée ! Très souvent plus simple à réaliser qu’en coup droit, ce geste a inspiré les plus grands attaquants de l’ère open. À l’inverse de celle réalisée en coup droit, il est beaucoup plus aisé de déterminer qui dispose de la technique la plus sûre et la plus efficace. En treize ans de carrière, le Suédois Stephan Edberg a ravi des millions d’aficionados par sa capacité unique à exécuter ce coup. Aussi à l’aise quand il s’agissait de l’accomplir quand cette dernière était au-dessus, mais surtout en dessous du filet, son art n’avait que le ciel pour limite. Évidemment, des stars comme John McEnroe, Patrick Rafter ou Pete Sampras n’étaient pas « manchos » dans cet exercice, mais aucun d’entre eux n’est arrivé à obtenir une telle perfection. Côté Français, Yannick Noah,
Guy Forget et Michael Llodra n’ont presque rien à envier aux superstars de cet exercice.
1: Stephan Edberg, 2: John McEnroe, 3: Pete Sampras, 4: Patrick Rafter, 5: Radek Stepanek, 6: Yannick Noah, 7: Pat Cash, 8: Guy Forget, 9: Michael Llodra, 10: Todd Woodbridge.
Le smash
Très souvent, les meilleurs serveurs sont d’extraordinaires smasher ! Cet adage étant vrai, il est normal de retrouver dans cet aspect du jeu ceux évoluant aux premiers rangs dans la catégorie citée un peu plus haut ! Maintenant, certains joueurs étaient encore meilleurs que les autres. En premier lieu, l’homme aux quatorze titres du grand Chelem, l’Américain Pete Sampras. C’est simple, le natif de Washington a dû manquer dans sa formidable carrière pas plus d’une vingtaine de smashes ! Détenant une technique sans fausse note et un physique à la hauteur de cette dernière, il était assurément le meilleur smasher de tous les temps. Second du classement, le Français préféré des Français, Yannick Noah. Même si son geste était un peu moins délié que celui de son illustre adversaire, sa formidable capacité à s’élever dans les airs faisait de lui un smasher fabuleux. Enfin sur la troisième marche du podium apparait le Croate Goran Ivanisevic. Même si son geste n’était pas très orthodoxe, il était en revanche particulièrement efficace. Roger Federer est également très fiable dans cet exercice à l’inverse par Exemple d’un Raphael Nadal qui peut se louper de temps en temps.
1 : Pete Sampras, 2 : Yannick Noah, 3 : Goran Ivanisevic, 4 : Boris Becker, 5 : Roger Federer, 6 : Andy Roddick, 7 : Stephan Edberg, 8 : Richard Krajicek, 9 : John McEnroe, 10 : Mark Philippoussis.
Le physique
Sans physique, la technique n’est rien! Même si cette phrase s’apparente tant soit peu à une publicité pour une marque de pneu bien connue, elle n’en demeure pas moins véridique ! Les plus grands champions possédaient tous un physique à la hauteur de leur formidable technique. Bien entendu, année après année, ce facteur est devenu de plus en plus en plus important. Le premier à vraiment considérer cet aspect comme primordial est Ivan Lendl. Conscient que sans cet apport, il ne pourrait jamais rivaliser avec les joueurs plus talentueux techniquement que lui (McEnroe, Becker, Mecir), il s’est forgé une « caisse » qui allait lui permettre par la suite de gagner 147 titres dont huit tournois du Grand Chelem. Des joueurs comme Yannick Noah, Michael Chang, Thomas Muster, Alberto Mancini, Jim Courier, Emilio Sanchez, lui ont très vite emboité le pas. En 2012, Roger Federer, Novak Djokovic, David Ferrer,
Gaël Monfils, sont les dignes héritiers du nouveau coach du Britannique Andy Murray. Maintenant, quand on parle physique, un seul nom revient en boucle dans l’inconscient généralisé des gens : Raphael Nadal. Avec neuf titres du Grand Chelem dont six, obtenu sur la terre ocre de Roland Garros, le protégé de Toni Nadal est un monstre de ce point de vue là. Souvent blessé, « Rapha » est toujours parvenu à défier tous les pronostiques qui l’annoncent sur les rotules en fin de carrière. Semblant n’être jamais fatigué ni même essoufflé, sa formidable capacité de récupération est également stupéfiante. Même si cela ne se voit pas en apparence, Roger Federer a également cette formidable prédisposition à disposer d’un physique unique. Pour preuve, l’Helvète n'a jamais perdu un match par abandon depuis qu'il est professionnel (1998) ! Son seul match perdu sur abandon remonte en 1998, lors des quarts de finale d'un tournoi junior en Belgique, (Astrid Bowl de Loverval), contre le Danois Bob Borella durant lequel seul le premier set a été joué (perdu 6-4 par Federer). Il avait dans le même temps déclaré forfait pour la demi-finale en double qu'il devait jouer en compagnie d'Olivier Rochus. Enfin, comment oublier de citer le numéro un mondial actuel, Novak Djokovic qui au regard de son extraordinaire parcours en 2011 et de sa superbe finale gagnée en Australie il y a peu, prouve que cet aspect compte tout autant que celui s’articulant autour de la technique si l’on souhaite gagner les plus grands titres.
1: Raphael Nadal, 2: Roger Federer, 3: Thomas Muster, 4: Novak Djokovic, 5: David Ferrer, 6: Ivan Lendl, 8: Jimmy Connors, 9: Jim Courier, 10: Pete Sampras.
Le jeu de jambes
Ce n’est pas parce qu’on dispose d’un physique de gladiateur que l’on sait se déplacer sur un court de tennis ! Ce fait est devenu primordial dorénavant pour gravir les plus hautes marches de l’Olympe. C’est plus précisément sur la surface ocre de la Porte d’Auteuil que les fans ont pu admirer les plus beaux déplacements. À ce petit jeu, les Espagnoles sont de très rudes concurrents. Sergui Bruguera, Emilio Sanchez, Carlos Moya, David Ferrer et bien entendu Raphael Nadal en sont le plus parfait exemple. Mais, des joueurs comme Stephan Edberg, Pete Sampras, John McEnroe et bien sûr Roger Federer ont très vite démontré leurs capacités à évoluer entre les lignes du terrain tel de véritable danseur étoile. Un bon jeu de jambes au plus haut niveau permet au joueur sur une longue période de moins se fatiguer tout en continuant à proposer un jeu attractif.
1: Roger Federer, 2: Raphael Nadal, 3: David Ferrer, 4: Pete Sampras, 5: John McEnroe, 6:
Bjorn Borg, 7: Stephen Edberg, 8: Emilio Sanchez, 9: Sergui Bruguera, 10: Gustavo Kuerten.
La technique
Fort heureusement, la technique prendra toujours le pas sur le physique (enfin presque toujours !) ! Même si Raphael Nadal est très au-dessus de la majorité de ses adversaires sur ce plan, il serait impossible de lui de remporter autant de titres si sa technique n’était pas à la disposition de son extraordinaire physique. Il est très difficile de progresser techniquement pour atteindre le très haut niveau. Même si un joueur durant sa carrière améliore ses coups suite à des centaines d’heures d’entrainement, très rarement, il arrive à faire d’un coup faible une arme forte. Évidemment, il existe des cas isolés comme celui d’André Agassi qui à force de travailler son revers à réussit que ce dernier soit plus compétitif que son coup droit en fin de carrière alors que ce dernier était son arme principale quand il a débuté sur le circuit. Mais à part ce cas « extrême », chaque joueur de ce calibre nait avec une technique déjà bien établi dans son inconscient qu’il ne cessera de mettre en place tout au long de sa vie de tennisman. À ce petit jeu, comment ne pas citer le roi des rois, Roger Federer. Vierge de toute faiblesse dans son jeu, le Suisse incarne à la perfection tout ce qu’il est possible de réaliser avec une raquette sur un terrain de tennis. Service, coup droit, revers, volée, l’actuel numéro trois mondial est la référence du genre et n’accuse aucune faiblesse dans le jeu. Bien entendu, il n’est pas non plus le seul à avoir bénéficié des Dieux d’une main sans faille. Dans le désordre, John McEnroe, Pete Sampras, John McEnroe, Miloslave Mecir, Marcelo Rios, Henri Leconte, Richard Gasquet, Boris Becker, Fabrice Santoro,
Marat Safin et Bjorn Borg, sont des stars qui possèdent une technique à rendre jaloux les plus envieux.
1: Roger Federer, 2: Pete Sampras, 3: John McEnroe, 4: Marcelo Rios, 5: Bjorn Borg, 6: Miloslave Mecir, 7: Boris Becker, 8: Rod Laver, 9: Henri Leconte.
Le mental
Aucune grande bataille ne se gagne sans un mental en acier ! Très souvent et à ce niveau de la compétition, les joueurs détiennent un bagage technique quasi identique. C’est donc très souvent au mental que la différence peut se faire. Les stars les plus significatives de ce sport possèdent tout un mental au-dessus de la normale et seules les plus grandes savent s’en servir à bon escient. Premier de cordée à cet exercice si particulier, Bjorn Borg. Surnommé « Ice Man » par ses confrères, le Suédois a régné sans partage sur cet aspect du jeu durant toute sa carrière. Puis, est arrivé Ivan Lendl, qui malgré ses quatre premières finales de tournoi du Grand Chelem perdu a réussi à se façonner un mental en acier par le biais d’un corps en fer forgé. Boris Becker par sa victoire en 1985 alors qu’il venait tout juste de fêter ses 17 printemps et par la profondeur de sa carrière est également le parfait exemple d’un joueur ayant un mental à toute épreuve. Qui a oublié ce cliché où l’on pouvait apercevoir l’Autrichien Thomas Muster continuer à s’entrainer sur une chaise roulante alors qu’il venait de se faire renverser par un chauffeur à quelques heures de la finale de l’Open de Miami de 1994. En fait, tous les tennismen ayant été un jour dans les 25 premiers mondiaux peuvent se vanter de détenir cet aspect psychologique. La liste serait alors trop longue à dévoiler, mais il est tout de même assez aisé d’établir un Top 10.
1 : Roger Federer, 2 : Bjorn Borg, 3 : Raphael Nadal, 4 : Thomas Muster, 5 : Ivan Lendl, 6 : Jimmy Connors, 7: Michael Chang, 8 : Novak Djokovic, 10 : Lleyton Hewitt.
Eric Bourillot