Les 7 nouvelles stars du tennis mondial

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Les 7 nouvelles stars du tennis mondial

Les 7 nouvelles stars du tennis mondial

Mercredi 8 février 2012 - 16:00

"La jeunesse croit beaucoup de choses qui sont fausses, la vieillesse doute de beaucoup de valeurs qui sont vraies." Ce proverbe allemand datant du 18e siècle résume assez bien la situation actuelle du tennis mondial et l’émergence de ses nouveaux talents. L'Australien Bernard Tomic (photo), le Canadien Milos Raonic, l'Américain Donald Young, l'Ukrainien Alexandr Dolgopolov, le Bulgare Grigor Dimitrov, le Russe Alex Bogomolov et le Japonais Kei Nishikori représentent le futur du circuit masculin. Coup de projecteur sur ces sept nouvelles stars du circuit ATP.

Bernard Tomic : le nouveau « Wallaby »
Australie ; (21/12/1992), 1.96 m 92 kilos ; Professionnel depuis 2008 (27V/26D), Gains en tournois: 700 000 $. Nombres de tournois remportés : (0). Meilleur résultat en Grand Chelem : ¼ de final Wimbledon 2011. Meilleur classement 37e.

Plus jeune vainqueur de l’open d’Australie junior en 2008 alors qu’il venait tout juste de fêter ses quinze ans, Bernard Tomic est assurément l’un des joueurs les plus talentueux de sa génération. Il est également le seul à cette heure à avoir déjà brillé en Grand Chelem en atteignant les 1/4 de final du tournoi de Wimbledon en 2011 aux dépens du Suédois Robin Söderling (6-1, 6-4, 7-5) qui était à l’époque 6e mondial. Numéro un australien en lieu et place du vieillissant Lleyton Hewitt, Bernard Tomic représente à l’heure actuelle la seule chance masculine de voir un « Wallaby » remporter un tournoi du Grand Chelem depuis la victoire de son glorieux ainé à Wimbledon en 2002. Parachuté à seulement 19 ans tel le nouveau boss, Bernard Tomic ne semble pourtant pas laisser cette immense pression lui peser sur ses épaules. Interrogé sur ce fait sur Eurosport en marge de son premier tour à l’open de Melbourne, il répondait : « Il n’y a aucune pression à être le numéro un australien ! Où que la saison me conduise cette année, cela m’ira ! Je désire avant tout m’amuser et je suis sûr que les résultats arriveront par eux même. Je suis encore jeune, et toute la carrière est devant moi. Si j’avais dix ans de plus et aucun titre au compteur, là je pourrais commencer à angoisser. Heureusement, ce n’est pas le cas ! Je laisse encore ce fait aux grandes stars que sont Nadal, Federer et Djokovic. Mais j’espère très vite pouvoir jouer un tennis de qualité pour pouvoir les affronter et les battre dans des matchs d'envergure ! » Même si le natif de Stuttgart n’a pas encore remporté un seul tournoi depuis son arrivée sur le circuit professionnel en 2008, tous les observateurs avisés ne tarissent pas d’éloges sur son formidable talent. Contreur hors pair, avec un style de jeu rappelant celui de Miroslav Mecir, Bernard Tomic possède également un service de tout premier ordre. Même si son physique de jeune « premier » est imposant, il n’a pas hésité durant l’intersaison à travailler très dur son jeu de jambes et à effectuer un long stage de musculation qui lui a fait gagner trois kilos de muscles. Considéré comme trop grand il y a encore deux ans, l’Australien est également très heureux d’avoir arrêté sa croissance : « J’ai enfin cessé de prendre des centimètres sous la toise. C’est une très bonne chose, car il est important pour un joueur comme moi qui aime aller de l’avant de posséder une taille relativement grande pour bien servir et tenir de la place au filet. Maintenant, il est important également de bien se déplacer si l’on souhaite battre les meilleurs mondiaux. C’est pour cette raison que j’ai énormément travaillé mon physique durant l’intersaison. Sous l’œil avisé de Patrick Rafter, j’ai bossé très dur et mes premiers résultats en 2012 me rendent très heureux. » Corps sain pour un esprit sain, Bernard Tomic ne posséderait qu’une seule faiblesse : l’insolence ! Interrogé sur le sujet, son illustre modèle, Rod Laver confie : « Son avenir est tout tracé. Je suis sur qu’avec lui, l’Australie va très vite revenir au premier rang du tennis mondial. Maintenant, il ne faudrait pas que son insolence, la facilité avec laquelle il bat des adversaires plus faibles que lui ne lui monte à la tête. Ce n’est pas parce qu’il a outrageusement vaincu la majorité de ses opposants en catégorie junior qu’il peut continuer à afficher de temps en temps cette suffisance. Mais bon, il est jeune et je suis sûr que le circuit lui fera une joie de lui distiller quelques petites claques qui l’aideront surement à le remettre en place quant-il le faudra ! »

Milos Raonic : Le bombardier canadien
Canada (27/12/1990), 1.96 m 90 kilos, professionnel depuis 2008 (39V/26D), gains en tournoi : 920 000 $. Nombres de tournois remportés : 2012 (1) Chennai (Outdoor/Dur), 2011 (1) San Jose (indoor/dur). Meilleur classement : 25e.

Avec 635 aces au compteur en 2011 (5e du classement), Milos Raonic s’est déjà fait un petit nom sur le circuit. Il faut dire que ce Canadien natif du Monténégro et plus particulièrement de la ville de Titograd (il n’est arrivé qu’à l’âge de trois ans au Canada) ne passe pas inaperçu dans les vestiaires. Doté d’un physique de troisième ligne accompagné d’un visage de bambin du style de celui de Richard Krajicek, ce grand escogriffe de 1.96 m pour 96 kilos est devenu le meilleur joueur canadien de tous les temps. 2011 a vraiment été sa meilleure année sur le circuit puisqu’outre le fait d’avoir remporté son premier tournoi à San José en février dernier, il a gagné en l’espace d’une saison 135 places au classement. Vainqueur dès le mois de janvier 2012 de son second titre à Chennai étrillant au passage deux membres du top 10 (Tipsarevic et Almagro), éliminé au 3éme tour de l’open d’Australie par Lleyton Hewitt en quatre sets, Milos Raonic attend avec confiance sa confrontation avec l’équipe de France à Vancouver du 12 au 14 février. Conscient de ses immenses qualités tennistiques, le jeune homme s’est fixé un objectif important en cette saison, finir dans les 10 premiers à l’ATP. « Je suis sûr que je possède en moi toutes les capacités qui soient pour parvenir à mes fins. Mon objectif est de terminer la saison dans les dix premiers et je ferais tout mon possible pour y arriver. Si je reste fidèle à mon style de jeu, à savoir forcer les choses, dicter l’échange sans me préoccuper de ce que les autres sont capables de faire je suis capable de grandes choses, et cela dès cette année. Maintenant, je ne vais pas faire la bêtise de changer trop vite mes imperfections sinon c’est toute ma technique qui au final va en pâtir. Je sais que dans un bon jour je peux battre n’importe qui, mais je sais aussi qu’il me reste énormément de travail pour remporter un tournoi du Grand Chelem. »

Donald Young : la relève américaine ?
USA (23/07/1989), 1.83 m 73 kilos, professionnel depuis 2004 (32V/61D), gains en tournoi : 1 M$. Nombre de tournois remportés (0).meilleur classement : 39e.

Cela fait déjà sept ans que le fan des Chicago Bulls use ses semelles sur le circuit et toujours aucun titre en vue ! Auréolé du statut de nouvelle star du pays de l’oncle Sam lors de sa victoire à l’open d’Australie junior en 2005, Donald Young tarde à confirmer au plus haut niveau les immenses attentes d’un peuple en mal de nouvelles conquêtes. Sampras et Agassi retraités depuis cinq ans, Andy Roddick sur le déclin, les États-Unis tardent à retrouver un joueur qui pourrait leur rapporter un nouveau titre du Grand Chelem, voir régner tout en haut de l’Olympe. Même si le jeune américain a réussit enfin à se hisser en 2011 dans les cinquante premiers mondiaux dû à son 8e de final à US open et à sa première finale à Bangkok, il n’en demeure pas moins qu’il n’arrive toujours pas à passer pour le moment le stade supérieur. Malgré ce fait et l’énorme attente qu’il suscite outre-Atlantique, Donald Young demeure un joueur à part sur le circuit. Assez renfermé, ne se séparant jamais de sa mère ou qu’il se déplace sur la planète, son jeu est explosif, mais encore perfectible. Patrick Champagne coach de Gaël Monfils qui le connait assez bien s’en explique : « Il a un gros coup droit, il se déplace très vite et très bien, mais il a encore du mal à garder un niveau de jeu stationnaire sur la durée d’une semaine. Son jeu de fond de court n’est pas à la hauteur des tout jeunes joueurs qui viennent de débarquer sur le circuit, mais il tente de compenser ce fait par un déplacement hyper vif. Mentalement, il est également un peu friable surtout contre des joueurs supposés moins forts que lui ». Conscient de ses qualités, mais également de ses nombreuses faiblesses, Donald Young a particulièrement travaillé cet hiver son physique. Lui qui ne rechignait pas il y a, encore peu sur la « mal bouffe » s’est offert les conseils d’un diététicien façon Novak Djokovic : « Mon rêve serait de rentrer dans le top vingt dès cette année. Pour ce faire, j’ai besoin de progresser dans tous les compartiments du jeu. Il faut que mon physique soit à la hauteur si je souhaite que ma technique le soit également. On ne peut pas accéder à ce rang en mangeant des pizzas à tour de bras .même si je suis encore jeune, il est grand temps de passer aux choses sérieuses et de rendre sur le terrain toutes les attentes que les fans placent en moi depuis plusieurs années maintenant. »

Alexandr Dolgopolov : le contraire du classicisme
Ukraine (07/11/1988), 1.83 m 73 kilos, professionnel depuis 2006 (64V/58D), gains en tournois : 1.8 M$. Nombres de tournois : 2011 (1) Umag (Outdoor/Terre battue), meilleur classement : 13e.

Personne sur le circuit ne possède un jeu aussi atypique que cet Ukrainien ! Avec son slice de revers à une main (alors que son revers généralement est à deux mains), son geste de service hyper efficace à la Roscoe Tanner balle montante (8e scoreur en 2011 avec 559 aces), Alexandr Dolgopolov est un cas à part. Contreur émérite, relanceur hors pair, il serait un mélange entre Andy Murray, et Fabrice Santoro. Quart de finaliste à l’open d’Australie en 2011 avec des victoires en autre sur Robin Soderling et Jo-Wilfrid Tsonga, Alexandr Dolgopolov gagne son premier titre sur le circuit en juillet dernier, en Croatie, à Umag en battant à nouveau en final un membre du top dix, Marin Cilic (6-4, 3-6, 6-3). Huitième de final à l’US open 2011, finaliste dès le premier tournoi de l’année contre Andy Murray à Brisbane, troisième tour à Melbourne il y a quelques jours, Alexandr Dolgopolov possède toutes les qualités requises pour incorporer d’ici quelques mois les tous meilleurs. Seule ombre au tableau, il souffre d'un trouble héréditaire appelé le syndrome de Gilbert (maladie qui affecte le foie et le sang) qui lui provoque de temps en temps une grande fatigue quand il doit jouer sous une forte chaleur ou lors de voyages qui entrainent de forts décalages horaires.

Grigor Dimitrov : le clone de Roger Federer
Bulgarie (16/05/1991), 1.88 m 77 kilos, professionnel depuis 2008 (25V/34D), gains en tournoi : 568 000 $. Nombres de tournois remportés (0). Meilleur classement : 52e.

Roger Federer compte des millions de fans à travers la planète. Mais il y en a un qui a décidé que détenir un poster du maitre accroché au-dessus de son lit n’était pas suffisant pour rendre hommage à une légende. Grigor Dimitrov outre le fait de vénérer le Suisse depuis son adolescence s’est mis en tête de carrément copier ses gestes tennistiques. C’est simple, c’est à s’y méprendre tant la comparaison est flagrante, et cela dans les moindres détails. Même attitude au service, au revers, en coup droit, à la volée, entre les points, bref les similitudes entre le détenteur des seize titres du Grand Chelem et le natif d’Haskovo en Bulgarie sont frappantes. Résultat, son jeu est délié et ne souffre d’aucune grosse faiblesse. Beaucoup d’observateurs avisés voient en lui une des nouvelles superstars du circuit si dans le futur son mental est à la hauteur de celui de l’actuel numéro trois mondial. Assurément, avec Bernard Tomic et Milos Raonic, il sera l’un des tout jeunes à suivre en cette saison 2012.

Alex Bogomolov J.R. : Quand la Russie reprend du poil de la bête
Russie (24/03/1984), 1.78 m 75 kilos, professionnel depuis 2002 (51V/22D), gains en tournois : 1.3 M$. Nombres de tournois remportés (0). Meilleur classement : 33e.

Le joueur ayant le plus progressé en 2011 sera t’-il un jour numéro un mondial ? Récompensé par l’ATP par le biais du trophée « Most Improved Player of the Year » pour être passé en douze mois de la 166e place mondiale à la 33e, Alex Bogomolov J.R. n’est pourtant pas un novice sur le circuit. Même si ce fantasque Russe tarde tant soit peu à éclore au plus haut niveau, son jeu tout en cadence est très usant pour la majorité de ses adversaires. Terminant l’année 2011 avec un ratio de 27 victoires pour 21 défaites, et en bonus un 1/8ème de finale à Wimbledon, il vient tout juste de recevoir du Comité de la Coupe Davis l’autorisation de pouvoir jouer avec l’équipe Russe, lui qui était résidant américain depuis 1992. Même s’il n’a pas particulièrement brillé à l’open d’Australie avec une défaite au second tour en cinq sets contre le Français Michaël Llodra, il espère très vite atteindre le top 20 avec l’aide son coach, l’Israélite Yoav Schab.

Kei Nishikori : le nouvel astre du pays du soleil levant
Japon (22/12/1989), 1.78 m 68 kilos, professionnel depuis 2007 (63V/55D), gains en tournois : 1.4 M$. Nombres de tournois remportés : 2008 (1) Delray Beach (Outdoor/Dur). Meilleur classement : 26e.

Le pays du soleil levant aurait-il trouvé en Kei Nishikori son champion ? À la vue de ses derniers résultats enregistrés à l’open d’Australie (8e de final), il se pourrait bien que la réponse soit affirmative ! Rapide, complet techniquement, possédant un revers à deux mains en long de ligne très efficace, le natif de la petite ville de Shimane est le prototype même du joueur asiatique talentueux. Digne héritier de Shūzō Matsuoka, dernier quart de finaliste japonais dans un tournoi du Grand Chelem (Wimbledon 1995), Kei Nishikori qui a était entrainé pendant un certain temps par Brad Gilbert fait parti de la liste (très réduite) des quatre joueurs qui ont battu Djokovic en 2011. Classé 26e à l’entame de la première levée en Grand Chelem de l’année, star dans son pays (alors qu’il habite la Floride), Kei Nishikori espère bien atteindre le top quinze d’ici la fin de la saison. Tombeur d’Andy Roddick au tournoi exhibition de Kooyong en début de saison, de Jo-Wilfried Tsonga à Melbourne (2-6, 6-2, 6-1, 3-6, 6-3), le Japonais, à qui rien ne semble impossible, espère devenir le second joueur asiatique après Michael Chang à remporter un tournoi du Grand Chelem. Même s’il est difficile de dire avec exactitude s’il arrivera ou non à relever cet immense défi, son jeu atypique et sa bonne humeur quotidienne font déjà de lui une des figures du vestiaire.


Eric Bourillot

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