Faut-il jouer à Montpellier ?
Lundi 30 janvier 2012 - 10:17
Avant de traverser l'Atlantique pour disputer le premier tour de Coupe Davis au Canada, Gaël Monfils, Richard Gasquet et Gilles Simon, de retour de l'Open d'Australie à Melbourne, disputent à partir de lundi l'Open Sud de France à Montpellier. Pas forcément du goût de Guy Forget.
Guy Forget avait imaginé embarquer pour Vancouver avec tout son groupe au minimum une semaine avant le premier match. Soit dès vendredi prochain, histoire d'encaisser les neuf heures de décalage horaire. Les joueurs en ont décidé autrement : Gilles Simon (N.14), Gaël Monfils (N.15) et Richard Gasquet (N.18) entameront les hostilités mercredi à Montpellier. Seul Jo-Wilfried Tsonga (N.6) a fait l'impasse, même si sa défaite en huitièmes de finale en Australie lui laisse trois semaines sans tournoi. "Du coup, ça me met un peu dedans. Parce que ça veut dire que j'ai amputé mon début de saison pour la Coupe Davis. Je ne joue ni avant, ni après, parce que ce n'est pas possible", dit le vainqueur du tournoi de Doha, rincé par un mois de janvier très rempli.
Les autres seront donc présents. Et tous ont eu une excellente raison de ne pas suivre l'avis de Forget. Ou de leur coéquipier Mickaël Llodra (N.46). Après son échec au premier tour à Shanghai en octobre face au Canadien Milos Raonic, Llodra avait appelé dans un entretien à L'Equipe "à boycotter Montpellier". Monfils, qui devra notamment écarter le Finlandais Jarkko Nieminen (N.49) et pourrait retrouver Simon en demi-finale, vient défendre son titre. Simon estime lui avoir besoin de temps de jeu. Le tableau, malgré l'Espagnol Feliciano Lopez (N.19), pourrait lui en offrir l'opportunité. Quant à Gasquet, cette compétition, à deux pas de chez lui, est "tout simplement prépondérante". "C'est chez moi. Ca me tient à coeur d'être ici", répète le joueur, qui veut gagner devant ses amis, sa famille et ses parents, où il est content de se "ressourcer après un long mois en Australie".
Gasquet ne fait pas pour autant une croix sur l'équipe de France. "Mais je ne suis pas le numéro un", dit-il. "Moi, je ne suis pas sûr d'être dans l'équipe. C'est différent. Chaque cas est différent", poursuit Gasquet, qui a un tableau très compliqué avec le Russe Nikolay Davydenko (N.52), l'Allemand Philipp Kohlschreiber (N.41) et le Tchèque Thomas Berdych (N.7).
Pour Patrice Dominguez, directeur d'un tournoi "mal placé cette année car coincé entre Melbourne et la Coupe Davis", il est inutile de polémiquer. Lui l'ancien capitaine de l'équipe de France reconnaît d'ailleurs qu'il tiendrait "le même discours que Forget" s'il était à sa place. Pourtant, aux yeux de Dominguez, la présence des Français à Montpellier ne "met pas en danger l'équipe de France". "Si cela avait été le cas, ils ne seraient pas venus", assure le patron, qui y voit même "une bonne transition" vers le jeu indoor.
L'aspect financier entre également en ligne de compte. Le Parisien rappelle que le tournoi de Metz, tournoi du même rang que l'Open Sud de France (ATP 250), a consacré 300.000 euros à la venue de Tsonga, Gasquet, Llodra et Ljubicic l'année dernière. "Ce sont des professionnels, souligne Patrice Dominguez. Et de mon côté, je suis dans mon rôle. Le public veut voir ces joueur et c'est la vocation d'un tournoi français que de les lui amener."