Le ski alpinisme, une discipline en devenir

Ski / Actualités

Le ski alpinisme, une discipline en devenir

Lundi 11 février 2013 - 11:54


La Lettre de l'économie du sport n°1098

Le principe du ski alpinisme de compétition est simple : les compétiteurs grimpent, montent, «avalent du dénivelé», sans aucune autre aide mécanique que celle de leur force physique et mentale. Le ski alpinisme, plus connu sous le nom de ski de randonnée, reste profondément ancré dans l’histoire de la haute montagne, puisque c’est la seule technique qui permet, par ses propres moyens de monter et descendre les pentes, de traverser des arêtes et des couloirs, lorsque la neige recouvre les sommets. Depuis plusieurs siècles, le ski de randonnée a été un mode de transport pour les populations vivant sur des territoires enneigés. Une technique adoptée dès la fin du XIXe siècle par les militaires alpins lors de leurs déplacements en terrain montagneux, qui devient même obligatoire pour tous les chasseurs alpins par la suite. Le ski de randonnée évolue vers le loisir vers la fin du XIXe siècle, lorsque les civils commencent eux aussi à explorer les massifs par curiosité, puis à y prendre de plus en plus de plaisir dans les années 1960. A partir de là, la recherche de la difficulté et le goût de l’effort font apparaître une discipline à part entière, le ski alpinisme, bien distincte du ski alpin. Ses pratiquants sont avant tout des sportifs accomplis, qui trouvent dans ce sport complet un bon moyen de s’entraîner et de travailler leur endurance. Mais l’arrivée des remontées mécaniques marque la fin de cet engouement et le début des joies du ski de descente.

La compétition relance la discipline auprès du grand public

Dans les années 80, la naissance de courses devenues légendaires comme la Pierra Menta, la Patrouille des Glaciers et le Trofeo Mezzalama relancent le ski alpinisme, porté par un nouvel élan populaire et un esprit festif. Depuis 10 ans, force est de constater que la pratique s’est démocratisée. «La pratique loisir s’est fortement développée ces dernières années, constate le DTN de la FFME, Pierre-Henri Paillasson, qui recense entre 80 000 et 100 000 pratiquants. Plusieurs facteurs ont contribué à l’émergence de la discipline. Le matériel proposé par les marques a beaucoup évolué. Il est accessible financièrement, bien distinct du ski alpin ou de l’alpinisme, très technique et léger… ce qui permet d’économiser les efforts des pratiquants. Par ailleurs, les adeptes du ski de randonnée sont séduits par son aspect écologique.» Qui peut pratiquer le ski alpinisme ? «Tout le monde ! Je reconnais néanmoins qu’il est préférable d’être à l’aise en ski alpin. Ne serait-ce que pour être capable d’évoluer dans tous les types de neige.» Pas besoin d’être un surhomme pour s’adonner au ski alpinisme. Plutôt rassurant. En revanche, pour espérer rivaliser avec les champions engagés dans les compétitions, c’est une autre paire de manche. «Ce sont des athlètes de haut niveau. Des sportifs très complets, extrêmement endurants et très techniques, forts mentalement et physiquement. Nombreux sont ceux qui excellent par ailleurs dans le cyclisme, le trekking ou le triathlon. J’ajoute que les grands champions de la discipline ont pratiquement tous concourus dans des compétitions de ski alpin.»

France, Espagne et Italie au coude à coude

Trois types d’épreuves seront proposées lors des Championnats du monde : les courses individuelles et par équipes, le sprint et le relais sur piste, la Vertical Race. Inscrites au programme des Championnats du monde depuis le début, les courses en individuel et par équipe sont les épreuves emblématiques de la discipline. Elles se déroulent majoritairement en haute montagne, au cœur de paysages exceptionnels. En équipe, le dénivelé est important avec 4 à 5 montées, du portage et du cramponnage dans certains couloirs. C’est la course alpine par excellence, sur un itinéraire de haute montagne où priment esprit de cordée et une réelle complémentarité. La course en individuel est plus courte mais demande une grande force physique, à la montée comme à la descente. Le sprint pour sa part voit s’élancer les coureurs 6 par 6 sur un parcours bien délimité d’environ 80 mètres de dénivelé : départ en peaux sur un faux-plat montant, portage très court sur une dizaine de mètres, remise des skis pour un enchaînement de conversions, puis descente avec une dizaine de portes de slalom, des mouvements de terrain, et un final en skating. Le tout en 3 minutes à peine ! Le relais demande le même effort, violent et court. 4 coureurs composent les équipes de relais hommes senior, 3 compétiteurs chez les jeunes et chez les femmes senior. Chaque skieur réalise un parcours de 160 mètres de dénivelé comportant 2 montées et descentes ainsi qu’un passage à pied. Enfin, la Vertical Race est la course la plus prestigieuse et la plus physique. Elle consiste à gravir le plus rapidement possible plus de 600 mètres de dénivelé. Il ne faut pas plus de 20 minutes aux meilleurs pour arriver au sommet. Cet effort intense et violent pour le cœur et les muscles, demande une vitesse et une technique exceptionnelles. Durant les derniers championnats du monde, ce sont l’espagnol Kilian Jornet Burgada et sa compatriote Mireia Miro Varela qui se sont imposés lors de cette montée sèche chronométrée. Pas étonnant puisque l’Espagne, la France, l’Italie et la Suisse jouent régulièrement des coudes à coudes sur les podiums. Pour l’heure, le DTN de la FFME se concentre sur la sécurisation du site et des parcours. «C’est le gros du travail pour la fédération. Des guides seront détachés lors de l’événement et assureront la sécurité des pratiquants et des spectateurs. Par ailleurs, nous élaborons plusieurs tracés pour les compétiteurs. Météo oblige ! En montagne, un itinéraire praticable un jour peut ne plus l’être le lendemain !»

Fil infos Sport

A la une

Le buzz du jour

Insolites People

Sport Business

Top articles Sport.fr

Chiffre sport de la semaine

Phrase sport de la semaine

« Notre projet ne s'arrête pas là. »

Vadim Vasilyev, vice-président de Monaco