L'Américain Bode Miller, funambule de la Coupe du monde de ski alpin, a regretté jeudi à Rosa Khutor, au bas de la descente des JO-2014 de Sochi, l'âge d'or de l'épreuve reine, tout en chutes et frissons, concept désormais sacrifié sur l'autel de la sécurité.
Le double vainqueur de la Coupe du monde (2005/2008) a fustigé la prudence excessive des responsables de la Fédération internationale de ski (FIS) qui, par peur des accidents, ont dénaturé depuis plusieurs années l'esprit de la descente en la +freinant+ excessivement.
"Cela pourrait être une remarquable descente, naturellement et sans besoin de virages, mais ça n'en prend pas le chemin avec les nombreuses portes qui ponctuent la partie supérieure de la piste et la font ressembler à un super-G", a accusé Miller, à l'issue du 2e entraînement de l'épreuve-test programmée samedi.
La séance a été annulée à cause du brouillard après le passage de 36 des 80 concurrents, alors que Miller avait quand même signé le 4e chrono.
Le discours n'est pas nouveau pour l'Américain, skieur de l'extrême, qui a estimé que, dans ce processus, "on avait perdu l'essence même" de la descente, faite de risques, de peur et de spectacle.
En janvier 2011, après le grave accident de l'Autrichien Hans Grugger sur la Streif à Kitzbühel, Miller, 34 ans, avait estimé que "chacun doit connaître ses limites" dans la prise des risques.
Ce qu'a dit Miller tout haut, beaucoup le pensent. Ainsi, Claudio Ravetto, responsable de l'équipe d'Italie, a critiqué "ces pistes faciles qui ne donnent pas aux gens l'envie de regarder la course". Ajoutant: "quand en plus les conditions de neige et la météo s'y mêlent comme cette saison, cela devient lassant".



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