William Servat vise le carton plein

Rugby / XV de France

William Servat vise le carton plein

Vendredi 21 octobre 2011 - 15:52

Le talonneur William Servat vise le carton plein: remporter le Mondial-2011 face à la Nouvelle-Zélande en finale dimanche à l'Eden Park pour sa première et aussi vraisemblablement dernière Coupe du Monde, à 33 ans, après être devenu le N.1 à son poste avec le XV de France.

"C'est quelque chose un peu surréaliste de jouer la grande équipe des All Blacks en Nouvelle-Zélande, devant son public et dans l'Eden Park. C'est quelque chose dont on aurait pu rêver, un moment extraordinaire. C'est une grande chance pour nous de participer à cet événement mais on n'est pas là pour participer, on est là pour faire quelque chose", prévient Servat (43 sélections).

Indiscutable talonneur titulaire du XV de France depuis juin 2009, Servat (1,84 m, 103 kg) n'a pas fait le long voyage jusqu'aux antipodes pour se contenter d'un rôle de figurant. Ni au sein du XV de France, ni dans la compétition.

Cette Coupe du Monde est la première et la dernière pour le Toulousain, qualifié cette année de "meilleur talonneur du monde" par l'entraîneur des avants français, Didier Retière.

Lancé par Bernard Laporte en 2004, bien parti pour infliger une sérieuse concurrence à l'ancien capitaine Raphaël Ibanez, cet ancien N.8 reconverti au talonnage avait finalement manqué le rendez-vous du Mondial-2007 après avoir dû subir une opération des cervicales, suivie d'une année entière loin des terrains en 2005/2006.

Sollicité dès le premier match de l'entraîneur Marc Lièvremont en Ecosse en 2008, Servat a ensuite définitivement pris l'ascendant sur son concurrent Dimitri Szarzewski le 13 juin 2009 à Dunedin, inscrivant le premier essai de la dernière victoire française en Nouvelle-Zélande (27-22), avant de jouer une part prépondérante dans le Grand Chelem dans le Tournoi des six nations en 2010.

"Une affaire d'envie et d'hommes"


Blessé à un genou le 4 juin lors de la finale du Top 14 remportée par Toulouse face à Montpellier, Servat fut rétabli juste à temps pour l'ouverture du Mondial face au Japon et a débuté tous les matches comme titulaire, à l'exception du match de poule face aux All Blacks (37-17) le 24 septembre.

Et quatre semaines plus tard, parvenu jusqu'en finale au terme d'un parcours chaotique, le XV de France vendra chèrement sa peau en finale dimanche à l'Eden Park.

"Bien sûr que les All Blacks sont favoris. Bien sûr que les All Blacks gagnent 90% de leurs rencontres face à la France mais il y a une petite part d'inconnue et il reste 80 minutes. Une chose est sûre, quel que soit le résultat du match, j'espère qu'on en sortira avec beaucoup de fierté et beaucoup de fatigue avec ce qu'on aura mis sur le terrain", avance-t-il.

La stratégie est simple. "Beaucoup de monde a fait beaucoup de raisonnements sur le jeu, sur les techniques de jeu mais avant tout, quand je vois les Blacks jouer contre l'Australie, je me rends compte que c'est une équipe qui marque ses adversaires, souligne-t-il. (En demi-finale) Les Australiens sont sortis les uns après les autres blessés, souvent à moitié KO et là, ce n'est pas une affaire de stratégie ou de technique de jeu. C'est une affaire d'envie et d'hommes."

En pénétrant sur la pelouse de l'Eden Park, Servat prévoit "un trop-plein d'émotions". "J'aurai une pensée pour ma famille, ma femme, mes amis. J'aurai aussi une pensée pour mon grand-père". Et 80 minutes pour marquer l'Histoire.

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