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Finalement battu par la Nouvelle-Zélande lors du dernier acte de la Coupe du monde, le XV de France s'est construit au cours des quatre années de mandat de son sélectionneur Marc Lièvremont.
Le choix de Marc Lièvremont il y a quatre ans ne relevait pas du pur hasard. En nommant Lièvremont pour succéder à Bernard Laporte après l'échec (4e place) de la Coupe du monde 2007 en France, les dirigeants de la FFR entendaient amorcer une transition générationnelle. Entre les retraités (Ibanez, Pelous, Betsen, Dominici) et les victimes de la transition (De Villiers, Milloud, Nyanga, Mignoni), huit des protagonistes de 2007 n'ont jamais été sélectionnés par Lièvremont.
Si Lièvremont a convoqué 85 joueurs en quatre ans de mandat, la majeure partie des membres de son équipe actuelle fut sollicitée dès les premiers pas. Au total, 21 des 31 joueurs alignés lors du Mondial en Nouvelle-Zélande étaient de la partie dès le Tournoi des Six Nations 2008, et 26 furent utilisés dès cette première année d'exercice. Parmi ceux-ci figuraient des nouveaux venus lancés dans le grand bain international comme Morgan Parra, François Trinh-Duc, Fulgence Ouedraogo ou encore Fabien Barcella, rapidement rejoints par Maxime Mermoz, Maxime Médard ou Alexis Palisson.
Pour encadrer ces jeunes pousses, Lièvremont s'en est remis dès 2008 à de nombreux "anciens" ayant participé au Mondial 2007 (Szarzewski, Poux, Mas, Nallet, Bonnaire, Harinordoquy, Dusautoir, Skrela, Marty, Rougerie, Clerc, Heymans) ou de retour du purgatoire (Servat, Papé, Yachvili). Le groupe présent aux antipodes ne compte que cinq joueurs greffés de fraîche date : le pilier Luc Ducalcon, le deuxième ligne Julien Pierre et le centre Fabrice Estebanez, le troisième ligne Raphaël Lakafia, convoqué pour la première fois à l'occasion du Mondial, et le demi de mêlée ou ouvreur Jean-Marc Doussain appelé en renfort en cours de compétition après la blessure de David Skrela.
Malgré ces contours rapidement dessinés, Lièvremont et ses adjoints, Emile Ntamack et Didier Retière, n'ont cessé de remanier leur XV de départ, souvent contraints par les blessures mais également par choix. Ils ont notamment aligné 15 charnières et 20 paires de centres différentes et attendu la demi-finale face au pays de Galles pour reconduire une équipe à l'identique, après 43 matches officiels. Une continuité avec Bernard Laporte, qui n'avait pas reconduit un XV de départ entre 2004 et 2007.
La plus grande période de stabilité fut celle du Grand Chelem dans le Tournoi des Six Nations en 2010. William Servat, Imanol Harinordoquy, Morgan Parra, François Trinh-Duc, Yannick Jauzion et Clément Poitrenaud avaient démarré les cinq matches comme titulaires.
A l'exception du pilier Thomas Domingo, blessé, le pack n'a guère varié depuis, notamment la 3e ligne Bonnaire-Harinordoquy-Dusautoir. Mais plusieurs joueurs de cette campagne victorieuse ont depuis disparu des écrans radars, notamment Yannick Jauzion et Mathieu Bastareaud, Clément Poitrenaud et le rugbyman français le plus célèbre, Sébastien Chabal. Et le Mondial a accouché d'un changement stratégique, le repositionnement surprise à l'ouverture de Morgan Parra.


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