Tournée en Argentine: un bilan mitigé

Rugby / XV de France

Tournée en Argentine: un bilan mitigé
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Tournée en Argentine: un bilan mitigé

Dimanche 24 juin 2012 - 19:17

Le XV de France quitte l'Argentine avec un sentiment mitigé, la large victoire (49-10) de samedi à Tucuman n'effaçant pas complètement la défaite (23-20) de Cordoba, mais il s'est également enrichi de quelques nouveaux visages intéressants pour l'avenir.

Saint-André : "Les cartes sont redistribuées"

Q: Quel bilan tirez-vous de cette tournée ?
R: "On finit par une belle victoire. Mais je garde le sentiment qu'on a donné le premier match. Les choses positives, c'est d'avoir fait une très bonne première mi-temps à Tucuman. On a aussi pu voir pas mal de nouveaux joueurs. On voit naître une jeune génération avec les Debaty, Maestri, Samson, les retours en 3e ligne comme celui de Ouedraogo. Et aussi pas mal de nouveaux joueurs derrière. On avait vu Fofana et Buttin pendant le Tournoi et là, on a vu de nouvelles têtes et des revenants comme Maxime Mermoz qui a fait un match de grande qualité. Les cartes sont un peu redistribuées. C'était important pour nous d'étoffer le groupe avant la tournée de novembre qui sera d'un autre niveau avec l'Australie."

Q: On vous sent frustré de laisser partir vos joueurs...
R: "Les joueurs ont eu une longue saison. Mais c'est vrai qu'on aurait aimé faire un match de plus pour travailler encore et progresser, aller plus loin dans le jeu, dans nos systèmes. Les Anglais, les Irlandais et les Gallois sont partis trois semaines et ont fait trois tests. Mais on a eu un groupe réceptif. Pascal Papé, en l'absence de Thierry Dusautoir, a bien joué son rôle de capitaine et de leader. Il a été épaulé par des joueurs qui ont pris un peu plus de bouteille. Frédéric Michalak aussi nous a amené son expérience, de bonnes habitudes de travail. On voit qu'il a pris de la maturité, ça a poussé pas mal de joueurs à en faire de même. Après, il y a des jeunes qui sont jeunes et il y a des jeunes qui ont un peu plus de maturité."

Q: Quand comptez-vous fermer le groupe en vue du Mondial-2015 ?
R: "C'est difficile. Si, en 2015, il y a un jeune Français qui explose tout, on le prendra même s'il n'était pas avec nous lors des trois années précédentes ! On suit beaucoup de joueurs, on a fait des tests physiques, on commence à avoir des repères. On leur donne des objectifs, il faut qu'ils les atteignent. Ceux qui ne feront pas les efforts nécessaires sortiront automatiquement du groupe. Le talent ne suffit pas au haut niveau sans énormément de travail. Certains joueurs ne passeront pas le cap."

Q: Qu'attendez-vous des discussions en cours sur les conditions de préparation du XV de France ?
R: "Le président de la Fédération a mis en place trois gros projets. Serge Blanco est chargé de l'équipe de France (...) La problématique du rugby français, c'est le développement. Les joueurs vont partir quatre semaines en vacances. Il vont revenir, en règle générale, le 23 juillet et il y a un premier match amical le 1er août. Comment voulez-vous qu'ils se développent physiquement et techniquement ? J'ai entraîné neuf ans en Angleterre: l'international anglais a trois semaines de vacances et pendant cinq semaines, il a des objectifs physiques et techniques mais je n'avais pas le droit de lui faire jouer un match amical."

Q: Qu'allez-vous proposer concrètement ?
R: "On va réserver nos propositions au groupes de travail, par respect pour les gens qui les composent. Mais pour moi, la clé est ce temps de développement de cinq à six semaines."

Q: Ce qui suppose inévitablement moins de matches pour les internationaux...
R: "Le mieux serait une licence à point. Mais laissons les gens travailler."

Certes, selon l'entraîneur français Philippe Saint-André, ces jeunes Pumas rapidement balayés samedi à Tucuman n'étaient "ni les All Blacks, ni l'Afrique du Sud." Mais une semaine après avoir cédé dans les dernières minutes un match maîtrisé à Cordoba, le soulagement était palpable. La déception également.

"On est content mais je reste frustré du fait qu'on ait perdu le premier test qui était imperdable", a déclaré Saint-André, qui a manqué de peu de remporter sa première série de matches dès sa première tentative dans l'hémisphère Sud.

Au plan comptable, l'opération demeure mitigée pour le classement mondial de l'IRB. Septièmes samedi avant la victoire, les Français devront encore cravacher en novembre pour espérer remonter à la quatrième place synonyme de tête de série pour le tirage au sort des poules du Mondial-2015, le 3 décembre à Londres. Et le programme ne sera pas de tout repos avec l'Australie (10/11), les Pumas (17/11) et les îles Samoa (24/11).

Au plan symbolique, la victoire de Tucuman évite à Saint-André et à ses adjoints Yannick Bru et Patrice Lagisquet une embarrassante quatrième défaite consécutive après un premier Tournoi des six nations difficile, conclu sur une quatrième place.

Les anciens et les modernes


Comme ses devanciers, ce XV de France est donc une équipe à réaction, comme si la défaite était absolument nécessaire pour entraîner le sursaut. Avec les mêmes symptômes aperçus à Cordoba que ceux entrevus lors du Tournoi: une incapacité à concrétiser ses temps forts et de trop nombreux points et ballons de récupération donnés à l'adversaire.

La réaction de Tucuman laisse cependant augurer d'une belle marge de progression et d'une relève intéressante, lancée dans le grand bain en l'absence de nombreux cadres dispensés de tournée après une saison post-Mondial interminable (Dusautoir, Mas, Harinordoquy, Yachvili, Rougerie, Clerc...).

"On a des jeunes joueurs qui vont pouvoir étoffer notre groupe avec les joueurs cadres qui avaient été laissés au repos", a relevé Saint-André. Au premier rang figure le demi de mêlée Maxime Machenaud, très en vue pour sa première sélection samedi, et l'arrière Brice Dulin.

Le XV de France a également enregistré un certain nombre de retours payants: Frédéric Michalak, qui promet de mener la vie dure à François Trinh-Duc au poste de demi d'ouverture, mais aussi les jeunes ailiers Yoann Huget et Benjamin Fall et les 3e ligne Wenceslas Lauret, Alexandre Lapandry et Fulgence Ouedraogo.

Saint-André devra donc composer entre les anciens et les modernes pour le rendez-vous de novembre. Avec un premier défi de taille: la France n'a plus battu l'Australie depuis 2004.

Viendra ensuite un Tournoi des six nations 2013 avec trois déplacements, dont un en Angleterre, puis une tournée explosive en Nouvelle-Zélande en juin 2013. Avec trois tests-matches au programme contre les All Blacks, sacrés champions du monde face aux Français (8-7) le 23 octobre dernier à l'Eden Park d'Auckland.

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