Saint-André, le finisseur

Rugby / XV de France

Saint-André, le finisseur

Vendredi 9 décembre 2011 - 20:35

Philippe Saint-André, qui étrenne ses galons d'entraîneur du XV de France, a brillé comme joueur par ses talents de finisseur, dans une recherche d'efficacité qui a guidé sa carrière d'entraîneur et en a fait un des pionniers du professionnalisme dans le rugby français.

A 44 ans, Saint-André fait son retour en Bleu. Après en avoir été joueur (69 sélections entre 1990 et 1997), capitaine (34 fois), il en est désormais l'entraîneur jusqu'à la Coupe du monde 2015.

Le choix de cette figure emblématique du rugby français a été largement salué. La reconnaissance de sa carrière de joueur et de sa compétence d'entraîneur contrastent avec le quasi-anonymat de son prédécesseur Marc Lièvremont lors de sa nomination.

C'est d'abord son efficacité d'ailier qui a fait remarquer Philippe Saint-André tout autant que son style débraillé, chaussettes sur les chevilles et maillot trop large sorti du short.

"Sur le terrain, ce n'était pas forcément un grand technicien mais un finisseur comme je n'en connais pas d'autre", souligne l'ancien arrière Gilles Darlet, qui a commencé le rugby avec lui à Romans-sur-Isère puis joué à Montferrand à ses côtés.

Avec 32 essais, Saint-André est l'un des meilleurs marqueurs de l'histoire du XV de France. Ses principaux faits d'armes: la conclusion de "l'essai du siècle" de plus de 100 mètres à Twickenham dans le Tournoi des cinq nations 1991 et la relance à l'origine de "l'essai du bout du monde", en 1994, qui a fait de la France la seule nation à avoir remporté une tournée en Nouvelle-Zélande.

Il achèvera sa carrière internationale sur une note plus amère le 22 novembre 1997 avec la plus lourde défaite de l'histoire face à l'Afrique du Sud (52-10) pour le dernier match des Bleus au Parc des Princes.

"Pragmatique"


Alors que le professionnalisme et la mondialisation du rugby balbutiaient, il est parti jouer en Angleterre, à Gloucester, qu'il entraînera ensuite. Il y a découvert l'organisation des clubs anglais et le rôle de manager qu'il a adopté.

"J'ai appris énormément en Angleterre au niveau du management et de l'association des compétences dans les staffs, avec des spécialistes à chaque position. On y arrive aujourd'hui en France, mais à l'époque on était contre ça", souligne-t-il.

Après avoir mené Gloucester à une demi-finale de Coupe d'Europe en 2001 et effectué un passage à Bourgoin (2002-2004), "PSA" connaît le succès à Sale (2004-2009). Les Sharks remportent sous sa direction le Challenge européen (2005) et leur seul titre de champions d'Angleterre (2006).

"Il a une facilité de vision du jeu tactique, stratégique. C'est arrivé qu'on regarde des matches ensemble et tout de suite, il voyait les points faibles ou les points forts des équipes, raconte Sébastien Chabal qui l'a eu comme entraîneur à Bourgoin et Sale. C'est vraiment plaisant d'apprendre sous ses ordres parce que techniquement et tactiquement, il est très pointu."

"C'est quelqu'un de pragmatique dans sa vision du rugby. Il privilégie l'efficacité avant tout, ajoute son jeune frère Raphaël, entraîneur à Lyon. Il agit selon les circonstances, il cherche à s'adapter".

Son professionnalisme sur le terrain se double de qualités de communicant. "Il sait utiliser le poids des mots, il a un très bon feeling, beaucoup d'intuition", souligne Gilles Darlet.

Avec Toulon, il a atteint en 2009 une demi-finale de Top 14, perdue de manière épique contre le futur champion Clermont (35-29 a.p.), et la finale du Challenge européen contre Cardiff (28-21). Il a déçu la saison dernière avec une 8e place en Top 14, malgré un quart de finale de Coupe d'Europe.

Ses détracteurs estiment qu'il n'a pas su tirer le maximum d'un effectif de stars. Avec le XV de France, il aura moins de temps mais les meilleurs joueurs à sa disposition.

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