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Thierry Dusautoir tord la tradition qui attribue une récompense individuelle à un joueur de l'équipe victorieuse. Battu en finale de la Coupe du monde par la Nouvelle-Zélande, le capitaine du XV de France a pourtant été désigné "joueur de l'année 2011" par l'IRB. Un seul Français avait eu les honneurs de cette distinction créée en 2001, Fabien Galthié, en 2002. Un lot de consolation pour le Toulousain.
Exemplaire tout au long de la Coupe du monde malgré le parcours chaotique du Xv de France, Thierry Dusautoir, habituellement peu bavard, avait même pris la parole suite à la retentissante défaite face aux Tonga dans le dernier match de poule (19-14) le 1er octobre. Son "coup de gueule" avait porté ses fruits et ses partenaires avaient suivi son exemple, omniprésents contre l'Angleterre en quarts de finale. Son match énorme à l'Eden Park d'Auckland, au terme duquel il a été élu "homme du match" en dépit de la défaite, a rappelé celui qui l'avait révélé en quarts de finale du Mondial 2007 face aux mêmes All Blacks, à Cardiff. Dimanche, le N.6 tricolore a inscrit l'essai de sa formation, son sixième en équipe nationale.
"On est fiers pour lui", a réagi son coéquipier Vincent Clerc. "Il le mérite depuis pas mal d'années, ce n'est que justice que l'ensemble du rugby international le récompense (...) Il a fait beaucoup pour le groupe." Clerc pense toute fois qu'il ne s'agit nullement d'une "consolation" : "Ca ne remplacera jamais un titre de champion du monde. Je suis sûr que ce titre de meilleur joueur il aurait préféré l'échanger contre celui de champion du monde. C'est sa distinction à lui". "Il n'a pas besoin de longs discours pour vous montrer la voie car il suffit de le regarder faire", juge Guy Novès, le manager général du Stade Toulousain. Clément Poitrenaud, son équipier à Toulouse recalé de la liste des 30, salue "un leader par l'exemple, avant de l'être par la parole". Ingénieur en chimie des matériaux, Dusautoir est un homme qui "inspire le plus grand respect", selon Novès. Cette reconnaissance, le natif dAbidjan, judoka jusqu'à 13 ans, la doit "à son travail, à sa personnalité, car dans la vie, on n'a que ce qu'on mérite", juge-t-il.
Passé par Bègles-Bordeaux et Colomiers, sa carrière décolle en 2005 à Biarritz où il devient champion de France, avant de récidiver la saison suivante. Le 17 juin 2006, il acquiert sa première sélection face à la Roumanie. Dusautoir se fait un nom sur la scène internationale lors du Mondial 2007. Convoqué de dernière minute par Bernard Laporte pour remplacer Elvis Vermeulen, la planète ovale le découvre lors de la victoire face à la Nouvelle-Zélande en quart de finale. Homme-clé de Marc Lièvremont, ce dernier le nomme capitaine pour la première fois en novembre 2008. Deux autres titres de champion avec le Stade toulousain (2008, 2011) puis sa première Coupe dEurope en 2010 s'ajoutent à un palmarès qui s'est encore enrichi lundi pour faire de Dusautoir l'un des plus grands joueurs de l'histoire du rugby français. Aussi discret et pudique dans la vie qu'exemplaire sur le pré, il est définitivement entré dans le gotha du rugby mondial


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