Pas encore de Lièvremont-mania à Argelès

Rugby / XV de France

Pas encore de Lièvremont-mania à Argelès

Jeudi 13 octobre 2011 - 20:05

Argelès-sur-Mer, fief de la famille Lièvremont, vibre, sans excès, au parcours du XV de France, qualifié pour les demi-finales du Mondial-2011 et de son sélectionneur Marc, l'enfant du pays.

Pas de drapeaux tricolores aux balcons, aucune vitrine aux couleurs du XV de France, pas même un portrait de Marc Lièvremont... A première vue, Argelès semble insensible au parcours des Bleus et de son fils prodigue en Nouvelle-Zélande, à l'approche de la demi-finale contre le pays de Galles, samedi à Auckland.

A moins de deux jours du match, René, un retraité, s'en étonne: "On ne dirait vraiment pas un village rugby. Et encore moins le village de l'entraîneur de l'équipe de France".

Station balnéaire située à 20 kilomètres au sud de Perpignan, la capitale européenne du camping profite surtout de l'été qui s'éternise.

"Tout de même, les jours de match du XV de France, les cafés sont pleins et, derrière mon comptoir, je peux suivre l'évolution du score aux cris s'échappant des bistrots", module Frédéric, le buraliste.

Direction le fief du ballon ovale, le Glacier, tenu par Michel, ancien coéquipier de Marc Lièvremont dans les équipes de jeunes de l'Etoile Sportive Catalane, le club de rugby local.

"Les gens vibrent à chaque rencontre. Le café fait le plein. Face à l'Angleterre, France Info était même en direct chez nous. Ici, on soutient les Bleus, bien sûr, mais surtout Marc (Lièvremont)".

Et d'y aller de son petit message à ceux qui ont mis en doute les qualités du sélectionneur. "Ils ont l'air malin maintenant ceux qui le critiquaient sans cesse", savoure son ami. "Sa mère Irène a été très marquée par ces critiques", assure une voisine.

"Un frère aîné exemplaire"


Car la famille Lièvremont compte à Argelès. La mère est l'une des pierres angulaires de la vie de la paroisse. Le père a oeuvré dans de nombreuses associations du village.

Si Marc, l'aîné de fratrie, est né à Dakar, il a grandi ici, avec ses sept frères et soeurs. Tous y ont découvert le rugby. Claire, l'unique fille, y compris.

A l'entrée du village, la maison familiale, la Ribambelle, est connue de tous. "Marc a été un frère aîné exemplaire", se souvient François, le seul des Lièvremont à être resté à Argelès (Marc Lièvremont vit lui dans le Pays basque).

"Il a très tôt endossé ce rôle de grand frère, poursuit le chargé des sports à la mairie. C'est quelqu'un d'honnête, d'intègre et de généreux. Peut-être est-il parfois trop franc dans sa communication de sélectionneur, mais la franchise est sa nature."

Pour Pierre Aylagas, le maire d'Argelès et celui qui fut le premier entraîneur du sélectionneur national, "il avait déjà les qualités mentales et physiques du grand troisième ligne aile qu'il fut ensuite", quand il a porté le maillot argelésien jusqu'en juniors avant de rejoindre l'USAP.

Outre ses qualités sportives, M. Aylagas vante l'humanité de Lièvremont. "C'est un garçon exemplaire, avec des qualités morales et des valeurs fortes. Il est d'une droiture exemplaire. Il passait sans cesse devant. Ici, les gens sont fiers de son parcours".

Désormais, avant une dernière marche qui pourrait mener les Tricolores à la finale, Argelès se prend même à rêver au titre de champion du monde. "Avant de boire un coup tranquille avec lui à son retour", trinque déjà Michel, le cafetier.

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