Trop conservateur, Kidney ?

Rugby / Six Nations

Trop conservateur, Kidney ?

Jeudi 9 février 2012 - 9:22

A six jours de son match contre la France, l'Irlande a commencé à instruire un procès en conservatisme contre son sélectionneur Declan Kidney après la défaite du XV du Trèfle face au Pays de Galles (23-21), dimanche à Dublin, dans le Tournoi des six nations.

Les Irlandais ne se sont certes inclinés que de deux points, et encore sur une pénalité sifflée à la dernière minute, mais plutôt que de prendre pour cible l'arbitre, les commentateurs ont concentré leur tir sur l'entraîneur, jugé pusillanime.

Ainsi, pour The Irish Times, même l'Italien Giovanni Trapattoni, le sélectionneur du football irlandais réputé pour son extrême prudence, passerait pour "un enfant impulsif" à côté de Kidney.

The Independent de Dublin estime lui que l'Irlande a été "punie pour son plan de jeu négatif et stérile", tandis que The Belfast Telegraph regrette qu'elle ait "ignoré les progrès accomplis par les autres nations" en se reposant sur ses lauriers depuis le Grand Chelem de 2009.

Fidèle à lui-même jusqu'à la caricature, Kidney n'avait pas hésité à reconduire douze des quinze hommes battus à plate couture (22-10) par le même Pays de Galles en quarts de finale de la Coupe du monde, dans un match pourtant considéré comme un antimodèle. L'un des trois changements lui avait été dicté par le forfait de Brian O'Driscoll.

Dans ces conditions, les deux beaux essais marqués par Rory Best et Tommy Bowe n'ont pas suffi à incliner les observateurs à l'indulgence.

"Du pain sur la planche"

Pour eux, les leçons de la mésaventure de Wellington n'ont pas été tirées, malgré les promesses du sélectionneur, et l'Irlande s'est entêtée dans une stratégie trop axée sur un jeu au pied déficient et sur une défense incapable de résister aux assauts des puissants trois-quarts gallois.

Le constat est d'autant plus embarrassant pour l'encadrement qu'après le Mondial, plutôt que de faire appel à des hommes neufs, Kidney avait choisi de donner du galon à ses adjoints Les Kiss et Mark Tainton, chargés respectivement... de la défense et du jeu au pied.

La pression est donc plus forte que jamais sur les épaules de l'ancien professeur de mathématiques de 52 ans, entré en fonction en 2008, et la perspective du voyage à Paris n'a rien pour le rassurer, le XV du Trèfle ayant perdu onze de ses douze derniers matches contre le XV de France.

Pourtant une réaction est attendue en Irlande, où l'on comprendrait mal que la sélection nationale ne brille pas à l'égal des provinces du Leinster, du Munster et de l'Ulster qui ont crevé l'écran, avec les mêmes joueurs, en se qualifiant toutes les trois pour les quarts de finale de la Coupe d'Europe.

Le peu loquace Kidney a esquissé un mea culpa en reconnaissant que son équipe avait "du pain sur la planche dans les six jours à venir". "Nous pouvons être bien meilleurs que ça. Nous nous sommes mis sous pression nous-mêmes. Nous avons dû défendre environ 60% du temps. Ce faisant, on se met en situation difficile", a-t-il admis, laissant espérer une orientation plus offensive au Stade de France.

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