Italie, l'âge mûr?

Rugby / Six Nations

Italie, l'âge mûr?

Jeudi 9 février 2012 - 14:46

Dès son premier match sous la direction de Jacques Brunel, l'Italie a développé un jeu bien plus offensif, et les joueurs s'émerveillent du changement, malgré la défaite (30-12) en France, promettant d'intensifier cette révolution contre l'Angleterre, samedi pour le Tournoi des six nations.

"On sent un air nouveau, une énergie nouvelle", dit le deuxième ligne Marco Bortolami, ancien capitaine revenu en grâce sous Brunel alors qu'il ne jouait guère avec Nick Mallett, son prédécesseur. "Nous avons un jeu de mouvement, nous faisons circuler la balle", ajoute Bortolami, enthousiaste.

Avec 60% de possession de balle contre la France, les "Azzurri" ont révolutionné le jeu de l'Italie. Brunel, accueilli avec circonspection quand il a parlé de son objectif, "être en mesure de gagner le Tournoi dans les trois ans", a marqué quelques points.

Les joueurs, qui l'appellent "Jacques", sont séduits, comme le capitaine Sergio Parisse. "Nous voulons laisser plus de place à l'attaque et jouer dans des zones du terrain où nous n'étions pas habitués à le faire", avait expliqué le troisième-ligne du Stade Français avant le match au Stade de France.

A jouer l'attaque, "on se fait plus plaisir, l'équipe s'amuse bien plus en tenant la balle qu'en défendant tout le match", estime le demi-d'ouverture d'origine australienne, Kristopher Burton.

Brunel: "L'esprit m'a plu"

Mais Brunel ne s'aveugle pas, et sait que "dominer n'est pas gagner". Trop d'erreurs, de plaquages ratés contre les Bleus, sapent l'évolution vers un jeu d'attaque.

"On est dans l'apprentissage. A vouloir mettre beaucoup de choses, peut-être qu'on en met trop, ou qu'on ne les met pas bien", tempère le sélectionneur français, interrogé par l'AFP sur les terrains encore glacés du centre Olympique Onesti, non loin du stadio Olimpico où l'Italie va jouer pour la première fois dans le Tournoi devant 70.000 spectateurs.

Brunel énumère les travers de son équipe pour sa première sortie: "On n'a pas respecté tout ce qu'on avait prévu de faire, on n'a pas joué sur le bon tempo, pas toujours sur la bonne profondeur, avec un petit manque de vélocité... dit-il. Bon, c'est normal, je crois, sur une première partie comme ça, avec un autre esprit, de ne pas avoir complètement les repères, mais c'est l'esprit qui m'a plu."

Pour réussir leur révolution, les Italiens doivent "encore travailler".

"Notre capacité à maîtriser notre jeu est encore perfectible. Le match a tourné en faveur de la France à cause de notre incapacité à tenir le ballon dans de bonnes conditions" ajoute Brunel

Pas de révolution non plus sans hommes armés, "on ne peut pas manquer plus de 6, 7% des plaquages, or nous avons raté 16% de plaquages" contre les Bleus, explique le sélectionneur.

"On a raté quelques +tacles+ et bien sûr on ne peut pas faire ça contre l'Angleterre! enchaîne Burton. Mais je suis d'accord avec Jacques, notre système défensif a marché, ce sont des erreurs individuelles qui ont fait la différence." Mûrir, c'est apprendre de ses erreurs. Les Italiens en sauront plus après s'être mesuré aux Anglais.

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