Un sauveur nommé Thomas Savare
Lundi 27 juin 2011 - 22:35
Le feuilleton du sauvetage du Stade Français n'aura pas duré le temps d'un été. Son sauveur se nomme Thomas Savare, directeur général de la société Oberthur. Victime d'une escroquerie guignolesque, le club parisien est autorisé à disputer le Top 14 la saison prochaine par la Direction nationale d'aide et de contrôle de gestion (DNACG). A la recherche d'investisseurs depuis des mois, c'est dos au mur que le Stade Français parvient à trouver les millions d'euros manquants. Max Guazzini et Bernard Laporte sont écartés de la direction.
La Lettre du Sport n°643
Le scénario le plus probable était une rétrogradation administrative à l'encontre du club parisien, suivie d'un appel avant le dénouement que tout le monde attendait quelques semaines plus tard: le sauvetage du Stade Français grâce à l'arrivée d'un investisseur providentiel. Digne des films à Hollywood. Un scénario écrit d'avance, mais qui aurait pu mal finir, car mal ficelé. L'arrivée de cette pseudo-fondation canadienne avec des investisseurs invisibles, mais prêts à déverser des millions d'euros sur le club parisien avait quelque chose de surréaliste. A peine moins que l'escroquerie qui a fait perdre 180 000 euros à Bernard Laporte. L'ex-secrétaire d'Etat aux Sports a perdu bien plus que de l'argent. Son précédent volte-face à Bayonne pouvait se comprendre, mais cette fois sa crédibilité est touchée. Celle de Max Guazzini également même si le président du Stade Français joue les étonnés. "On n'avait aucune raison, on ne voyait pas la raison de l'escroquerie, on ne voyait pas pourquoi ce serait faux, il fallait être fou", a-t-il indiqué. "C'est une escroquerie très classique. Quand les gens sont dans une situation difficile ; on vous promet beaucoup d'argent, mais il faut payer des frais. Alors vous payez des frais, mais vous ne voyez jamais l'argent. C'est ce qui est arrivé à Bernard Laporte", a-t-il poursuivi. Trop crédules les dirigeants du Stade Français ?
46e fortune de France
Finalement, le club aux 13 titres de champion de France doit son sauvetage in extrémis à l'arrivée au tour de table de Thomas Savare, directeur général de la société Oberthur (904 millions d'euros de chiffre d'affaires) qui va prendre la présidence du club. Fils de Jean-Pierre Savare, président du conseil et fondateur du fabricant de cartes à puces, mais également 46e fortune de France, il a apporté toutes les garanties attendues par la DNACG. Soit environ 10 millions d'euros pour apurer les dettes (environ 5,6 millions d'euros), constituer le fonds de réserve (1,4 million) et quelques autres millions pour le prochain budget.
"C'est un investissement privé, un investissement passion. Je suis un supporteur. Et puis je pensais que ce n'était pas possible que le Stade Français disparaisse. C'est une magnifique aventure et j'en suis ravi", a commenté M. Savare. "Je voudrais remercier Max qui a permis que ce tour de table se fasse. Il s'est fait dans l'adversité, mais je crois qu'on a sauvé un grand club", a-t-il ajouté.
Thomas Savare arrive à la tête d'un pool d'investisseurs composés de Michel Glize (fondateur de L'Atelier de Sèvres à Paris, puis de L'Institut supérieur des arts appliqués) et Jacques Veyrat (ex-directeur général de Louis Dreyfus). Il a pris soin également d'indiquer qu'il serait le nouveau président du Stade Français. Président du club parisien depuis 1992, Max Guazzini doit prendre du recul. Il devient président d'honneur.