Toulon: Matt Giteau, l'autre N.10
Lundi 20 février 2012 - 14:27
L'Australien Matt Giteau a remplacé avec brio l'habituel ouvreur de Toulon Jonny Wilkinson, blessé en cours de match contre le Stade Français au Stade de France, et étalé ses possibilités dans un registre différent de l'Anglais qui offre une arme supplémentaire aux Varois.
Depuis son premier match avec Toulon, contre Castres le 26 novembre dernier, l'Australien n'avait que très rarement joué à l'ouverture, barré par l'incontournable Anglais et un apprentissage du français nécessaire pour annoncer les combinaisons.
Samedi, le joueur de 29 ans a impressionné en reprenant de main de maître la barre du jeu toulonnais de la 24e minute à la dernière minute des arrêts de jeu où il a offert un essai décisif à Steffon Armitage puis passé en coin la transformation du match nul sous les sifflets du Stade de France (19-19).
"Quand on voit la transformation qu'il met, il faut en avoir", sourit Mathieu Bastareaud, son habituel partenaire au centre.
"Matt, c'est un joueur extraordinaire. Quand il touche un maximum de ballons, il est dangereux, on le sait, souligne le manager Bernard Laporte. Quand on jouait contre lui avec l'équipe de France, on en parlait toute la semaine ! Pour nous, c'est une arme essentielle".
Depuis son arrivée, l'encadrement du RCT loue la complémentarité de l'association des deux talents, Wilkinson en N.10 et Giteau en N.12. Mais samedi la sortie de l'Anglais et le replacement de l'Australien a offert une vraie alternative, débloquant une équipe toulonnaise mise sous pression par son adversaire.
Quand +Wilko+ est précieux pour sa gestion tactique et son coup de pied chirurgical, Giteau fait surtout des étincelles par ses courses tranchantes balle en main et ses transmissions. "Ce n'est pas le même jeu", confirme Laporte.
Privé de Mondial
"Matt, c'est quelqu'un qui aime bien porter le ballon, animer, jouer des un-contre-un, explique Bastareaud.
Avec Jonny, quand on part sur une combinaison, on reste sur la combinaison. C'est carré, c'est très +british+ !" Sa faculté à jouer, Giteau l'a héritée de sa formation de centre dans l'hémisphère Sud. En sélection, il a longtemps évolué avec un autre ouvreur légendaire,
Stephen Larkham. C'est à ses côtés qu'il a aussi développé son jeu d'ouvreur, son poste en club, et affiné ses qualités de buteur (il le suppléait dans les tirs au but).
A la retraite de Larkham, après la Coupe du monde 2007, le nouvel entraîneur des Wallabies,
Robbie Deans, l'a installé au N.10... avant de l'écarter de la sélection après la tournée de novembre 2010 --et la victoire 59-10 face au
XV de France au Stade de France-- pour consacrer la +génération Quade Cooper+.
Après une amère 92e sélection face aux Samoa en juillet dernier et une défaite historique (32-23), Giteau n'a pas été retenu pour disputer une troisième Coupe du monde après 2003 et 2007.
En quête de renouveau, il en a profité pour préparer activement sa saison en France où son futur se dessine un peu plus chaque jour.
"Il a de plus en plus en plus envie de jouer à l'ouverture, mais il faut qu'il laisse finir Jonny, sourit Laporte.
Jonny a resigné pour un an. Un an, ça va vite. Il y a Frédéric Michalak qui va arriver, Matt Giteau veut de plus en plus y jouer. C'est bien pour l'avenir".
