Rugby - Top 14

Retour sur les 7 jours qui ont enflammé le rugby français

Retour sur les 7 jours qui ont enflammé le rugby français

Acte I : la surprise
Personne ne voit venir le coup. Lundi 13 mars, dans la matinée, le Stade Français et le Racing 92 publient un communiqué commun révélant ce que personne ne soupçonnait: un projet de fusion entre les deux derniers champions de France, qui étaient également les deux premiers ! En fin de journée, Thomas Savare, président du Stade Français, et Jacky Lorenzetti, son homologue du Racing 92, dévoilent les contours de la fusion qui s'apparente plutôt à un rachat pure et simple du Stade Français.

Acte II : la levée de bouclier
Stupeur chez les joueurs, qui n'étaient pas au courant. Idem à la Ligue et surtout à la Fédération mais aussi chez les autres clubs du Top 14. "C'est comme si on m'avait annoncé que ma mère était décédée, réagit Djibril Camara, en pleine préparation avec le XV de France du match face au pays de Galles. C'est un gros coup de couteau dans le dos. Je suis juste déçu."

Les joueurs du Stade Français se réunissent dans leur enceinte, Jean-Bouin, pour faire part de leur désaccord. Ils votent un "préavis de grève illimitée". Pascal Papé, vice-capitaine du SF, dénonce "l'absorption du Stade Français par le Racing 92".

Acte III : explication de texte
Au lendemain du vote de la grève, la Ligue nationale de rugby (LNR) propose une réunion d'urgence le vendredi. Le but est "d'évaluer et s'assurer du meilleur traitement de l'ensemble des dimensions du projet", qui pourrait notamment laisser une trentaine de joueurs sur le carreau. L'entraînement du Stade Français est annulé compte tenu de la grève des joueurs. Une centaine d'anciens joueurs du Stade Français s'élève à son tour contre le projet qui, selon eux, "jette l'anathème sur 135 ans d'histoire et conduira inévitablement le Stade Français à disparaître".

Provale, le syndicat des joueurs professionnels de rugby, appelle à une journée "tous en rose", samedi et dimanche, en marque de soutien aux stadistes.

Acte IV : le chaos
A l'issue de la réunion de crise, Thomas Savare assure que le projet "n'est pas remis en cause". Statu quo également chez les joueurs qui "restent sur leur position". La LNR annonce le report des matches de Top 14 Castres-Stade Français et Montpellier-Racing 92, au grand dam des Montpelliérains notamment, qui saisissent la justice, en vain.

Acte V : la fin d'une utopie
C'est la fin de la fusion impossible. Dimanche 19 mars, Jacky Lorenzetti publie un communiqué dans lequel il "renonce" au mariage entre son club et son voisin parisien. "Les conditions sociales, politiques, culturelles, humaines, sportives ne sont pas remplies".

Epilogue
Il reste à écrire et concerne avant tout le Stade Français. La fusion avortée met en lumière la situation dans laquelle se trouve le club parisien. Il vit au-dessus de ses moyens et cherche urgemment un repreneur.





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