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Mourad Boudjellal, poursuit sa stratégie d'affrontement avec les dirigeants du rugby français, sport qu'il a qualifié de "raciste" mardi. "Si le rugby veut se développer, il sera obligé de prendre en compte la nouvelle typologie de la France et celle-ci est black-blanc-beur", a également déclaré le président toulonnais dans La Provence. Il s'est dit "intimement convaincu" que ses origines ne lui donnent pas "la même respectabilité que d'autres présidents".
Mourad Boudjellal comparaît mercredi devant la commission de discipline de la Ligue nationale de rugby (LNR) après un écart de langage de plus. Le président du Rugby Club Toulonnais a bâti sa notoriété sur une politique de buzz permanent.
"J'ai connu ma première sodomie arbitrale contre Clermont en demi-finale en 2010. Je viens de connaître ma deuxième ce soir." Pour ses propos, prononcés le 8 janvier à l'issue du match Clermont-Toulon, Mourad Boudjellal est convoqué "pour atteinte à l'intérêt supérieur du rugby".
Rebelle patenté, Mourad Boudjellal est un habitué de la provocation. "Provoquer était la seule façon pour attirer l'attention", se justifie-t-il. Attirer l'attention. Un leitmotiv pour cet enfant issu de l'immigration, devenu l'un des plus gros éditeurs français avec sa maison Soleil Editions, qu'il a vendue en juin 2011. Affichant sa réussite sociale au volant de sa Ferrari dans les rues de Toulon, Mourad Boudjellal prend les rênes du RCT en juillet 2006 et ne va pas tarder à faire parler de lui. Il crée la sensation en obtenant la signature de Tana Umaga, icône du rugby néo-zélandais pour venir jouer en Pro D2. "Je viens de créer le Top 15", avance-t-il alors. En injectant près de 6 millions d'euros dans le club, il se permet de tirer sur tous ceux qui critiquent ses méthodes. Tout le monde en prend pour son grade, les présidents de clubs, les dirigeants du rugby français, y compris ses propres entraîneurs et joueurs.
Dès la première année à la tête du RCT, il épingle son demi d'ouverture Yann Delaigue, en le surnommant "Robert" Delaigue. "Quitte à se faire avoir par un joueur, on peut aussi afficher sa fiche de paye dans le vestiaire pour qu'il ait conscience de qui nourrit sa famille", se lâche-t-il la saison dernière, après un revers cuisant à Castres. "Toulon, ça rend con !", dira-t-il. En septembre, son directeur sportif Philippe Saint-André est annoncé partant en équipe de France. Boudjellal accélère son départ et n'hésite pas à dire que "la gangrène est dans le fruit".
Mourad Boudjellal déchaîne les passions. La méthode irrite mais les faits sont là. En quelques années, le président du RCT a réussi à replacer le club varois sur la carte du rugby français. Il a recruté une pléiade de vedettes (Matfield, Gregan, Collins, Wilkinson, Contepomi, Giteau) et a atteint les demi-finales du Top 14 et la finale du Challenge européen en 2010.
Pour ce nouvel écart de langage, le président de la LNR, Pierre-Yves Revol, estime que Boudjellal avait "insulté le rugby". "On exacerbe avec la plus grande vulgarité les passions. Alors si un président de club se permet n'importe quoi, comment va réagir le public demain ? Notre public et notre convivialité, c'est notre richesse. Si des déclarations comme celles-ci se multiplient, demain nous aurons des grillages et des gardes du corps pour les arbitres", avait alors estimé M. Revol.
L'éventail des sanctions pouvant être prononcées contre le président du RCT est vaste. Il encourt théoriquement une sanction allant d'un simple blâme à la radiation.




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