Le jeu des chaises musicales des entraîneurs
Jeudi 12 janvier 2012 - 15:15
Pour une fois ce ne sont pas les joueurs qui animent le marché. Entre les limogeages, les fins de contrat et les rumeurs de transfert, les entraîneurs du Top 14 s'adonnent à un curieux jeu de chaises musicales en plein milieu de la saison.
Jacques Delmas, débarqué de Perpignan quelques semaines après son arrivée. Le Néo-Zélandais Simon Mannix, évincé du Racing-Métro et remplacé par l'Argentin Gonzalo Quesada. Christian Gajan, Thomas Lièvremont et Frédéric Tauzin, licenciés à Bayonne après l'arrivée de Jean-Pierre Elissalde. Le Top 14 a déjà fait plusieurs victimes sur les bancs cette saison. A ces limogeages en cours de saison viennent s'ajouter les situations particulières de Toulon, Biarritz et Toulouse. En décembre, Toulon a perdu Philippe Saint-André, nommé entraîneur du XV de France et remplacé par... l'un de ses prédécesseurs à la tête de l'équipe nationale, Bernard Laporte. Comme adjoints, Saint-André a choisi Yannick Bru, l'entraîneur des avants du Stade Toulousain, et le directeur sportif de Biarritz Patrice Lagisquet, de retour au BO en début de saison. Ces deux techniciens quitteront momentanément leurs clubs respectifs pendant le Tournoi des Six Nations. Leur collaboration à plein temps avec le XV de France débutera à l'issue de la saison sportive de leur club.
Confronté au départ de Bru, le Stade Toulousain recherche un entraîneur des avants pour la saison prochaine. Le Castrais Laurent Travers a notamment été sollicité mais son club assure qu'il sera toujours dans le Tarn en août prochain. Agen a annoncé que Christian Lanta et Christophe Deylaud -pressentis à Bayonne-, ne seraient plus sur le banc lot-et-garonnais la saison prochaine. Les noms de Mathieu Blin (ex-Stade Français) et de David Darricarrère (actuellement en poste à Dax) circulent pour les remplacer, avec l'hypothèse de l'arrivée de Philippe Sella comme directeur sportif. De son côté, Bordeaux-Bègles a récemment officialisé le départ en fin de saison de Marc Delpoux, artisan de la montée en Top 14. Delpoux officiera la saison prochaine à Perpignan.
"Il y avait eu un pic il y a trois ou quatre ans avec 17 à 18 entraîneurs licenciés, puis une diminution lors des dernières années. Les présidents savent compter. Or, les licenciements coûtent très cher car il faut payer les années de contrat restantes des entraîneurs limogés et aussi payer ceux qui arrivent, ce qui impacte leur masse salariale", souligne Jean-Louis Luneau, le président du syndicat des entraîneurs Tech XV, interrogé par l'AFP. "Ce qui est intéressant, surtout, c'est que toutes nos statistiques montrent qu'il n'y a en général pas de résultat en terme sportif, de choc psychologique", observe M. Luneau. De fait, les trois clubs s'étant séparés de leurs techniciens depuis le début de la saison ont régressé au classement...
