Sébastien Chabal, une barbe et des cheveux longs prisés des publicitaires et des placages tonitruants: "l'homme des cavernes", tel qu'il avait été baptisé au pays des All Blacks, a mis le rugby français sous les feux de la rampe.
Malgré ses 62 sélections en équipe de France, l'ancien tourneur-fraiseur de la Drôme passé rugbyman professionnel sous le maillot de Bourgoin n'a jamais véritablement convaincu dans le milieu de l'ovale. A 34 ans, il est pourtant le seul joueur français à être connu du grand public, avec divers sobriquets gagnés au cours des années, de "Cartouche" à "Hannibal" en passant par "L'anesthésiste" ou "The French Beast".
La présence des chaînes de télévision d'information en continu, vendredi, pour sa conférence de presse, au lendemain de l'annonce de sa séparation avec son club du Racing Métro, en est la preuve. "Ca fait bien longtemps qu'il a changé de dimension, il est comme Laure Manaudou, les gens n'aiment pas forcément les sportifs pour leur palmarès", expliquait son ex-agent en 2009.
Derrière le colosse de 1,92 m pour 104 kg, baladé durant toute sa carrière de deuxième en troisième ligne, il y a donc un businessman averti, qui a prêté son look pour un parfum, une ligne de vêtements, du vin, une mutuelle ou encore une marque automobile et une enseigne de pansements.
Cette image, savamment entretenue sur les réseaux sociaux, a fait de lui le joueur le mieux payé de France, avec des revenus (salaire + publicité) estimés à 750.000 euros par an.
Une dernière aventure
Mais il y avant tout un joueur, dont la carrière a pris son envol Outre-Manche, à Sale, sous la direction de l'actuel entraîneur du XV de France, Philippe Saint-André. C'est là que Chabal étrenne ses cheveux longs et sa barbe, et qu'il décroche un Bouclier européen en 2005 et un titre de champion d'Angleterre en 2006.
Statufié au musée Grévin, présent dans les pages du Who's Who, sportif préféré des Français en 2010, Sébastien Chabal est véritablement né aux yeux du public en 2007, en Nouvelle-Zélande, lors d'une tournée de l'équipe de France. Les Tricolores subissent deux déculottées (42-11 et 61-10), mais Chabal gagne le respect au pays du rugby.
Lors du premier test, à Auckland, il met KO le troisième ligne centre All Black, Chris Masoe, d'un plaquage dévastateur. Une semaine plus tard il récidive et casse la mâchoire du deuxième ligne Ali Williams. Le mythe de "l'homme des cavernes" est né, à la Une du quotidien local The Dominion Post.
Mais il y a aussi ces essais incroyables, au bout de courses dévastatrices, comme contre l'Angleterre en match de préparation du Mondial 2007 ou durant ce même Mondial, contre la Namibie. Avec comme apothéose cette chevauchée de 80 m à Perpignan l'an dernier.
Mais Chabal, c'est aussi un franc-parler qui lui a parfois valu quelques problèmes, comme cette petite phrase lâchée au JDD dans le cadre de la promotion de son autobiographie, en avril dernier, où il affirme que "tous les arbitres du Top 14 sont nuls".
Sorti du XV de France par la petite porte, après une défaite à Rome (22-21) contre l'Italie durant le Tournoi des Six Nations 2011, et privé de Coupe du monde en Nouvelle-Zélande, Chabal pensait finir sa carrière au Racing. En désaccord irrémédiable avec son directeur sportif Pierre Berbizier, il cherche désormais une dernière "aventure". Avec des propositions qui pourraient l'emmener au Japon, dans l'hémisphère sud, à Lyon, ou au soleil de la rade de Toulon.



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