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Le nouveau président du Stade Français, Thomas Savare, qui a sauvé le club d'une relégation financière, a poursuivi dans la voie ouverte par son prédécesseur Max Guazzini, avec une discrétion qui constitue sa marque de fabrique. L'héritier de la 40e fortune française a renfloué pour "environ une dizaine de millions d'euros" les caisses de son club de coeur. Ecarté du premier tour de table au profit d'une fondation canadienne mais étrangement disparu au moment de verser les fonds, le chef d'entreprise s'est finalement imposé presque sans mot dire. "Je n'ai pas hésité mais j'ai réfléchi parce que c'est beaucoup d'argent et une certaine implication. Je n'ai jamais cru à ces Canadiens. Je savais qu'ils reviendraient", confie en souriant Thomas Savare, 44 ans.
Durant ses six premiers mois, le directeur général d'Oberthur Technologies, présent au club "deux demi-journées par semaine, et pour un entraînement et les matches", a entamé une rationalisation de la gestion. "Beaucoup de gens pensent que le professionnalisme n'est pas une bonne chose, que c'est une menace pour ses valeurs... Mais la nature de ce sport fait qu'on ne peut pas entrer sur le terrain sans des valeurs de combat, d'entraide et de solidarité", souligne-t-il, avant d'insister dans une formule : "On ne va pas sur le terrain avec sa fiche de paie."
Ce Centralien n'a en revanche pas touché à l'identité du club, qu'il a fréquenté pendant plusieurs années dans la section squash. "Le Stade Français, c'est d'abord un club qui gagne des titres, un club populaire, avec une image décalée dans le rugby français, un peu +fun+, innovant, qui bouscule les codes", estime-t-il.
Le derby francilien entre le Stade Français et le Racing-Métro se disputera dans un Stade de France complet. Pour la première fois, l'enjeu sportif dépassera la simple suprématie régionale.
Depuis 2009, et la remontée du Racing-Métro dans l'élite, ces rencontres ne mettaient en jeu qu'une suprématie symbolique sur le rugby de la région parisienne. Entre un Racing en pleine ascension et un Stade Français qui stagnait en milieu de tableau, l'enjeu était minime. Mais cette saison, le club parisien a retrouvé de sa superbe. Son recrutement l'a renforcé. Felipe Contepomi, David Lyons, Paul Williams et autres l'ont fait basculer dans une autre dimension.
Après une période de réglages, l'équipe parisienne (7e du Top 14) vient d'enchaîner quatre victoires toutes compétitions confondues, dont deux bonifiées face à Clermont et à Perpignan.
Le Racing-Métro apparaît moins dominateur que les saisons précédentes. En quête d'un jeu plus ambitieux, il a connu quelques accrocs, notamment en Coupe d'Europe, et a remplacé cette semaine son entraîneur des trois-quarts Simon Mannix par Gonzalo Quesada. Mais les Franciliens ont repassé, non sans peiner, la marche avant vendredi dernier en Top 14 face à une équipe B de Biarritz (28-9). "Le bilan est mitigé mais tout n'est pas à jeter. Il faut surtout qu'on arrive à mieux gérer nos matches et à ne pas se sentir invincibles", résume le capitaine Lionel Nallet.
Cette saison, l'écart entre les deux formations est minime. Le Racing devance le Stade Français de quatre points... l'équivalent d'une victoire.


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