Mourad Boudjellal, ne fait pas dans la demi-mesure. Après la victoire de son club face à Toulouse (14-6), samedi, qui sauve sans doute le RCT de la relégation, le président toulonnais s'est enflammé : "C'est la plus belle victoire de Toulon depuis la victoire en Championnat de France de 1992, c'est un grand moment de l'histoire du club". Le point sur les autres réactions recueillies à l'issue de la 23e journée du Top 14.
TOULON - TOULOUSE : 14-6
Yannick Bru (entraîneur des avants du Stade toulousain): "Je tiens à féliciter Toulon qui nous a surpassé dans l'envie. Quant à notre performance collective, je ne souhaite pas m'exprimer car j'ai peur d'être trop désagréable. La consigne, c'était de réaliser une performance de haut niveau dans un match avec une enveloppe médiatique bien ficelée, on était venu sans aucune pression. Toulon est une équipe qui depuis deux mois réalise de très belles choses. Ils sont en train de trouver un niveau de carburation collective conforme aux individualités qu'ils ont sur la feuille de match. Maestri (qui doit rejoindre le
Stade Toulousain la saison prochaine, ndlr), il a tout fait pour ne pas jouer contre Toulouse puisqu'il a pris un carton jaune dès qu'il est rentré. Blague à part, c'est un joueur qui a l'avenir devant lui, nous sommes contents de l'accueillir sur le long terme".
Mourad Boudjellal, président du RCT: "On ne va pas manquer de respect à Dax (qui joue samedi soir à Montauban, ndlr) mais c'est vrai qu'on est grandissimes favoris pour le maintien, on a fait un très grand pas. On a montré que notre place en
Top 14 n'était pas usurpée, il y a eu des moments dans la saison où on trouvait que nous étions des imposteurs, on a démontré le contraire. Je pense que ce soir, le prix de la victoire était trop cher pour Toulouse, ils n'avaient pas envie de le payer, ils ont encore des choses à jouer et je leur souhaite d'aller au bout. C'est la plus belle victoire de Toulon depuis la victoire en Championnat de France de 1992, c'est un grand moment de l'histoire du club".
STADE FRANCAIS - MONTPELLIER : 24-15
Ewen McKenzie (entraîneur du Stade Français): "Il y a eu des choses positives mais on a eu trop d'ambition en première mi-temps et on en a complètement manqué en seconde. Toute la saison a été un peu comme ça (inégale, NDLR). J'espère qu'on va retrouver un peu d'ambition car ce n'est pas possible de jouer comme ça tous les week-ends."
Christophe Dominici (entraîneur-adjoint du Stade Français): "On n'est pas très content de la prestation et de l'implication des joueurs. On concède neuf pénalités à une en deuxième mi-temps, donc beaucoup de fautes. On a juste fait le métier. Les saisons sont longues, les joueurs manquent d'envie et d'énergie. Sont-ils déjà projetés sur les demi-finales? Je ne sais pas. Le public qui vient et qui paie ses places pour voir ce genre de prestation, ça me déçoit beaucoup."
Didier Bès (entraîneur de Montpellier): "On avait dit aux joueurs que les vingt premières minutes seraient les
plus importantes. On n'était pas très éloigné au score. Après on s'est dit qu'il y avait quelque chose à faire. Les joueurs n'ont pas été récompensés de leurs efforts. On n'a rien lâché jusqu'au bout, je suis énormément déçu pour eux. Ils ne sont pas abattus mais sur le plan comptable, un point de bonus aurait été bienvenu."
BAYONNE - BOURGOIN : 61-10
Richard Dourthe (directeur sportif de Bayonne): "On voulait que les joueurs se fassent plaisir. Les initiatives qu'ils ont pris ont beaucoup souri, nous avons eu beaucoup de réussite. Nous avons su étouffer Bourgoin pour ne pas les laisser espérer. Tous les joueurs ont été à la hauteur de nos espérances. Mais attention, il ne faut pas trop s'enthousiasmer".
Julien Puricelli (3e ligne de Bayonne): "L'important, c'est que nous ayons su rebondir après notre contre-performance contre Biarritz (défaite 15-19). Cette belle victoire redonne le moral à toute l'équipe. Nous avons prouvé que nous sommes capables de faire de belles choses, tout en restant concentrés jusqu'à la fin de la rencontre".
CLERMONT - BRIVE : 52-7
Simon Azoulay (capitaine de Brive): "C'est dur de prendre 50 points, mais c'est ce qui se passe quand on joue un match à l'envers, on n'a pas été à la hauteur, face à l'une des plus grosses équipes françaises. Ils ont de très grosses individualités, notamment aux ailes, et ça fait la différence. Mais on a souvent donné le bâton pour se faire battre, et à chaque fois on s'est retrouvé dans l'en-but. Mais on a bataillé pendant 8 mois et on ne va pas lâcher maintenant, il nous reste trois matches, on sait que notre collectif peut aller chercher l'Europe."
Anthony Floch (arrière de Clermont): "On a fait un très gros match, on gagne avec un score très large en notre faveur, on est très contents, le stade était plein, on prend le point de bonus, on fait un pas de plus vers les demi-finales. Il reste du travail à effectuer, mais on progresse chaque semaine. On a pris le score très rapidement, c'est plus facile, on a été très réaliste."
Vern Cotter (entraîneur de Clermont): "Moi, je suis très content de la prestation de certains joueurs comme
Julien Bonnaire. Il a été bien épaulé par John Senio et Brent Russell, des joueurs qui n'ont pas l'habitude de jouer ensemble. Ca nous permet de varier nos options de jeu et c'est plus difficile pour l'adversaire de s'adapter. C'est intéressant pour l'avenir, pour notre préparation en vue des phases finales. Il nous reste trois matches avant les demi-finales et le prochain déplacement à Perpignan nous donnera un bon indice pour savoir où nous en sommes exactement."
MONT-DE-MARSAN - CASTRES : 21-15
Jérôme Dhien (capitaine de Mont-de-Marsan): "Cette victoire était très importante pour le groupe, pour nous et notre histoire. Même si par moments, nous sommes un peu en panique, nous avons réussi globalement à maîtriser la rencontre. Aujourd'hui, on ne va pas regarder en arrière et regretter nos précédentes défaites de peu. Nous allons plutôt nous concentrer sur le déplacement à Dax le week-end prochain".
Jean-Philippe Swiadek (manageur de Castres): "Nous pouvions aujourd'hui assurer définitivement le maintien et au lieu de cela, on passe le match à marcher sur le terrain. C'est un comportement indigne d'un joueur professionnel. C'est d'autant plus rageant qu'à chaque fois que nous avons accéléré, nous les avons déstabilisés".
MONTAUBAN - DAX : 15-20
Nicolas Morlaès (demi de mêlée de Dax): "Après avoir vu les Toulonnais battre le Stade Toulousain, on avait décidé de tout donner. Même si l'espoir de se maintenir est ténue, on avait envie de sortir du terrain sans regrets. Alors même si cela n'a pas été un grand match, on a retrouvé la réussite et à la fin on sort avec la victoire. Cela faisait cinq mois que l'on avait plus gagné, on a eu peur jusqu'à la sirène. Avant le match, on se voyait comme des condamnés. Si on bat les Montois à domicile, on verra ce que l'on pourra faire lors des deux derniers matches".
Gilbert Ponteinx (président de Dax): "L'équipe nous a fait plaisir. On a retrouvé notre défense agressive. Lorsque le pack avance, c'est la même chose derrière. On avait oublié l'idée du maintien. On doit montrer le vrai visage de l'US Dax en faisant un match identique face à Mont-de-Marsan. On ferra les comptes par la suite".
Grégory Arganese (talonneur de Montauban): "Beaucoup de déception. Nous étions avertis que Dax venait jouer sa survie. On s'est loupés. On doit se reprendre dès le week-end prochain en recevant Brive. On a déçu le public et on s'est déçus nous-mêmes".
Marc Raynaud (capitaine de Montauban): "On a dominé la première mi-temps sans que l'on marque suffisamment. On s'est trompé. On ne les a pas assez joué au près. Nous, les leaders n'avons pas pris le match par le bon bout. Le groupe a peut-être pris la rencontre à la légère, cela n'arrivera plus. Cela fait quatre ans que le club grandit. L'an dernier, nos entraîneurs étaient les meilleurs du monde. Ce soir, quelques abrutis voulaient leur cracher dessus. Il ne faut pas avoir la mémoire courte. Dans le sport français, on oublie vite comment un club a grandi et grâce à qui".