Avec les Elissalde, le silence est d'or

Rugby / Top 14

Avec les Elissalde, le silence est d'or

Jeudi 29 décembre 2011 - 22:19

"Le premier conseil, et le seul d'ailleurs que je lui ai donné, c'est de fermer sa gueule", affirme Jean-Pierre Elissalde, en charge du secteur sportif à Bayonne, à propos de son fils Jean-Baptiste, co-entraîneur de Toulouse dont il affrontera l'équipe vendredi en Top 14.

Avant un match qui vaut cher pour les Basques, les deux hommes ont appliqué la règle et préféré rester discrets sur cette confrontation insolite en Top 14 entre deux entraîneurs père et fils (les Broncan se sont affrontés en Pro D2).

"Nous ne nous sommes livrés aucun secret ni n'avons fait de déclaration sur le match. Ca pourrait être tendu mais franchement, c'est loin d'être le cas, assure Jean-Baptiste. De toute façon, à la fin du match, on s'embrassera et on se présentera nos voeux, tout naturellement."

Ce face-à-face est "anecdotique", estime également le père, qui préfère évoquer ses liens avec ce fils auquel il parle "tous les jours".

"Si je suis fier de lui ? Quand il est devenu entraîneur (en juin 2010), j'ai été aussi heureux que lorsque mon autre fils a obtenu son diplôme d'infirmier", raconte-t-il.

"Jean-Ba" présentait déjà un joli palmarès en tant que joueur avec trois titres de champions d'Europe (2003, 2005, 2010) et un de champion de France (2008). Dès sa première année sur le banc, il a ajouté un nouveau titre national.

Pour le demi de mêlée et ouvreur international (35 sélections), son père a toujours été "un guide", que ce soit pendant sa carrière de joueur à La Rochelle (1997-2002) et au Stade Toulousain (2002-2010) ou d'entraîneur.

Après vingt ans comme entraîneur et manageur, Jean-Pierre Elissalde avait arrêté en 2008 sur une note amère à Bayonne (septembre 2006-avril 2008), après avoir dirigé La Rochelle (1988-1993 et 1994-2003), Béziers (2003-2005) et la sélection japonaise (2005-2006).

Animés par le rugby

Devenu consultant sur Canal+, il a finalement "replongé" début décembre pour aider l'Aviron, un de ses clubs de coeur (avec La Rochelle), englué dans la deuxième moitié du Top 14, en remplacement du duo Christian Gajan-Thomas Lièvremont. "S'il a accepté, c'est qu'il se sentait capable de relever le défi", estime son fils.

"Ce match ne revêt aucun aspect particulier, assure Jean-Baptiste. On s'habitue à jouer contre lui, c'est tout."

"J'ai joué face à des équipes que mon père entraînait, que ce soit à Béziers et Bayonne, et parfois, la situation était plus délicate pour lui, se rappelle-t-il. Je me souviens d'un match à Jean-Dauger (à Bayonne) où j'avais passé quelques drops" pour une victoire toulousaine (25-10) en mars 2008, avec 20 points inscrits dont trois drops qui auraient pu être fatals à son père.

"Je savais qu'à l'époque, en cas de défaite de Bayonne, j'allais le mettre en difficulté", raconte-t-il (le président Francis Salagoïty avait averti Elissalde qu'il ne serait vraisemblablement pas reconduit comme manageur sportif).

Entre le père, qui fêtera samedi ses 58 ans, et le fils, 34 ans, ce sont toujours des questions liées au rugby qui les animent.

"Quand j'entraînais les Reichels B de Nafarroa (fusion de Saint-Jean-Pied-de-Port et Saint-Etienne-de-Baïgorry) et lui le Stade Toulousain, la meilleure équipe européenne, on cherchait les mêmes réponses et on retombait chacun sur les mêmes problèmes, insiste Jean-Pierre. C'est ce qui fait le charme de notre sport".

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