Andy Robinson ne conduira pas l'Angleterre à la Coupe du monde. Très critiqué, l'entraîneur du XV de la Rose quitte ses fonctions, avec effet immédiat, annonce la Fédération anglaise (RFU).
"A la suite des récents résultats et performances de l'équipe d'Angleterre, Andy Robinson quitte ses fonctions avec effet immédiat", indique le communiqué de la RFU. "Andy a beaucoup apporté à l'Angleterre pendant les six ans où il a travaillé avec l'équipe", poursuit le communiqué. "Malheureusement, à l'exception de la victoire sur l'Afrique du Sud le 18 novembre (23-21), les récents résultats de l'Angleterre ne sont pas à la hauteur des attentes d'Andy, des joueurs, des supporteurs et de la RFU."
Champion du monde 2003, le XV de la Rose poursuit depuis une descente aux enfers. L'Angleterre a perdu huit de ses neuf derniers test-matches. Andy Robinson, auparavant adjoint de Clive Woodward en poste lors de la victoire en finale de la Coupe du monde 2003, avait été nommé en octobre 2004. Sous sa direction, l'Angleterre a perdu 13 de ses 22 matches.
L'ancien entraîneur de l'équipe d'Afrique du Sud de rugby Nick Mallett accuse, dans le Daily Mail, la fédération anglaise de faire un bouc émissaire du sélectionneur national. Mallett, désormais responsable de la Western province sud-africaine, a été approché pour prendre la succession de Robinson. "Les gens se focalisent sur Robinson mais refusent de voir les erreurs qui ont compliqué son travail", déclare Mallett au Daily Mail. "On ne peut pas seulement blâmer l'entraîneur", a-t-il estimé. "Nommer un entraîneur et, après, lui imposer des assistants est quelque chose qui va à l'encontre de la notion de sport professionnel. C'est une décision stupide", poursuit Mallett, évoquant la mise sur la touche par la RFU, en avril dernier, des adjoints nommés par Robinson et leur remplacement par un trio d'hommes (Brian Ashton responsables des arrières, John Wells, avants, et Mike Ford, défense) qu'il n'avait pas choisis. "Ce ne sont pas des choses qui arrivent avec Jose Mourinho (entraîneur du club de football de Chelsea), Sir Alex Ferguson (de Manchester United) ou Graham Henry (de l'équipe de Nouvelle-Zélande de rugby)" a jugé Mallett qui avait remporté 17 test-matches consécutifs en tant qu'entraîneur de l'Afrique du Sud, en 1997 et 1998.
Selon l'ancien entraîneur du Stade Français, la situation actuelle à la RFU risque de dissuader des candidats étrangers à la succession de Robinson.
Pour l'ancien trois-quarts du XV de la Rose, Jeremy Guscott, le directeur de l'élite du rugby anglais Rob Andrew doit remplacer "au moins à court terme" Andy Robinson. "Rob doit assumer le rôle qu'avait Clive (Woodward). Il serait un superviseur et ses adjoints s'occuperaient d'entraîner".
Andrew ne semble pas enthousiaste à l'idée de prendre en main l'équipe d'Angleterre, estimant que ses nouvelles fonctions impliqueraient d'engager une réforme profonde des structures du rugby anglais et de mener à bien les négociations avec les clubs anglais sur une mise à disposition des joueurs.
Guscott juge aussi que l'entraîneur des Harlequins, Dean Richards, qui s'est occupé de Grenoble pendant une saison (2004-2005), serait "le candidat idéal".
Le troisième ligne international Lawrence Dallaglio s'est dit hostile à une nomination de son ancien équipier Martin Johnson. "Martin est quelqu'un d'immensément respecté pour ce qu'il a fait mais je suis certain qu'il serait le premier à dire qu'il ne bénéficie pas d'une immense expérience comme entraîneur", a déclaré Dallaglio qui a remporté la Coupe du monde 2003 avec Johnson.
La RFU a indiqué dans son communiqué qu'elle ne ferait "aucun commentaire sur la nomination d'un nouvel entraîneur", ajoutant que toutes les options étaient à l'étude.





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