McCaw-Dusautoir, les capitaines face à face

Rugby / Mondial 2011

McCaw-Dusautoir, les capitaines face à face

McCaw-Dusautoir, les capitaines face à face

Dimanche 23 octobre 2011 - 1:16

La finale de la Coupe du monde entre la France et la Nouvelle-Zélande propose un duel de classe mondiale entre les deux 3e ligne ailes et capitaines Richie McCaw et Thierry Dusautoir, infatigables travailleurs de l'ombre.

Personnalité: leaders par l'exemple

McCaw (30 ans, 102 sélections) passerait presque pour un Premier ministre "bis" de Nouvelle-Zélande tant est immense sa popularité dans ce pays de 4 millions d'habitants. Sa capacité naturelle à mener les hommes a fait de ce fils de fermiers d'une vallée située entre Christchurch et Dunedin (île du sud) le successeur incontesté de Tana Umaga au capitanat, d'abord par intérim en 2004 (à 23 ans) puis définitivement depuis 2006. Contre la France le 24 septembre, le 3e ligne des Canterbury Crusaders, élu à trois reprises meilleur joueur mondial de l'année (2006, 2009, 2010) est devenu le premier All Black à atteindre la barre des 100 sélections, rejoint depuis par l'arrière Mils Muliaina. Adulé par le public sans rechercher à tout prix la lumière, il restera au pays après le Mondial malgré les sollicitations des plus grands clubs européens, moyennant une somme estimée à 750.000 dollars néo-zélandais (420.000 euros) par an jusqu'en 2015.

Capitaine du XV de France depuis juin 2009, Thierry Dusautoir (29 ans, 48 sélections) n'a pas l'aura de son homologue néo-zélandais. Choisi par Marc Lièvremont pour le respect qu'inspire son impressionnante activité sur le terrain, le troisième ligne du Stade Toulousain, natif d'Abidjan, n'a pas la verve médiatique de certains de ses prédécesseurs, tels Fabien Galthié ou Raphaël Ibanez. "Je ne suis peut-être pas assez exubérant pour mes interlocuteurs mais je suis quelqu'un qui analyse les choses et je crois dire des choses sensées. C'est ma façon d'être, je ne vais pas la changer. On savait que j'étais comme ça quand on m'a choisi", avait-il expliqué à l'AFP avant le départ pour la Nouvelle-Zélande. Après l'humiliation (19-14) face aux Tonga, l'entraîneur Marc Lièvremont avait demandé aux cadres de son équipe de se mobiliser pour soutenir Dusautoir dans sa tâche.


Rôle sur le terrain: les infatigables travailleurs de l'ombre

Richie McCaw a été l'un des premiers à ériger le "grattage" de ballons dans les rucks (mêlées ouvertes) en art. Véritable poison pour l'adversaire, tant pour dynamiser les attaques de ses partenaires que pour ralentir les offensives adverses, il est le vrai baromètre de son équipe. Cette efficacité s'accompagne d'une sulfureuse réputation entretenue par la plupart de ses adversaires qui l'accusent régulièrement de tricherie et de bénéficier de la mansuétude du corps arbitral. McCaw connaît par ailleurs une année 2011 compliquée. Opéré d'une fracture de fatigue du pied droit en février, il a été préservé à deux reprises lors de la phase de poule et ne s'est quasiment pas entraîné avant la demi-finale contre l'Australie. Après le forfait du maître à jouer Dan Carter, la forme du capitaine des All Blacks est le principal objet d'inquiétude en Nouvelle-Zélande.

Les All Blacks ont appris à connaître Thierry Dusautoir lors du quart de finale perdu (20-18) contre la France en 2007 à Cardiff. Ce jour-là, le troisième ligne, qui n'avait intégré le groupe France pour le Mondial qu'après le forfait sur blessure d'Elvis Vermeulen, avait inscrit un essai et livré une performance monstrueuse en défense, réalisant pas moins de 29 plaquages. Dusautoir est avant tout un énorme compétiteur et un redoutable défenseur, capable d'asséner des plaquages destructeurs et de récupérer de nombreux ballons dans les rucks. En retrait, comme tous ses partenaires, face aux Tonga, il a retrouvé son meilleur niveau en quart de finale contre l'Angleterre (19-12).

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