Les Toulousains "n'en mènent pas large"
Samedi 21 janvier 2012 - 16:48
Yannick Nyanga, comme les autres joueurs du Stade Toulousain, n'a pas caché son embarras vendredi après la toute petite qualification pour les quarts de finale de la Coupe d'Europe, malgré l'échec à Gloucester (34-24) dans ce qui devait être un match-couperet.
"C'est assez irréel de jouer ce match comme un huitième de finale, de le perdre et d'être qualifiés malgré tout. Tant mieux pour nous, mais on n'en mène pas large", a reconnu le troisième ligne après une défaite unanimement qualifiée de "logique".
Lorsqu'ils ont regagné les vestiaires, les quadruples champions d'Europe (1996, 2003, 2005, 2010) étaient persuadés que l'aventure était terminée, tant la victoire (9-8) des novices Irlandais du Connacht contre leurs rivaux, les Harlequins, semblait improbable.
"Quand, dix minutes après la fin du match, les entraîneurs nous ont dit qu'on était qualifié, il n'y a pas eu d'explosion de joie", raconte l'international.
"Est-ce mérité ou pas? En tout cas, notre défaite est amplement méritée. On a été naïf. On a manqué d'intelligence dans le jeu. On est tombé dans leur plan, qui était de jouer un peu partout. On n'a pas été bon en défense alors que c'est ce qu'on avait bossé. C'est une copie très mauvaise", estime Nyanga.
"On a reçu ce qui ressemble à une leçon dans la conservation, dans l'occupation et dans l'utilisation de la balle, confirme l'entraîneur des trois-quarts Jean-Baptiste Elissalde. Ce n'est pas souvent qu'on prend autant de points et qu'on a le sentiment d'être autant dominé."
Vaccinés?
Les Toulousains ont fait preuve d'un inhabituel manque de maîtrise. Ils ont relancé à la main de leur camp alors qu'ils disposaient d'un des pieds les plus puissants de l'Hexagone avec
Lionel Beauxis, accumulé fautes de main, passes approximatives et plaquages ratés. Leur mêlée a subi dans le dernier quart d'heure et fait basculer la rencontre en concédant plusieurs pénalités...
Penaud d'avoir profité d'un "deuxième joker, ce qui est assez incroyable" après la défaite à domicile contre les Harlequins (31-24), Nyanga espère que cette mésaventure vaccinera les champions de France et leaders du
Top 14 contre tout complexe de supériorité.
"Tout le monde nous encense. Il y a peu on nous parlait même de doublé (Championnat de France et Coupe d'Europe). Aujourd'hui, on en est très, très, très loin. J'espère que ça va nous servir de leçon pour les matches à venir", souligne-t-il.
Reste maintenant aux Toulousains à exploiter le coup du sort qui les a envoyés en quarts de finale avec seulement 18 points. Le match aura lieu à l'extérieur et très probablement contre un gros calibre.
Sur leurs treize quarts de finale, ils en ont disputé quatre à l'extérieur pour deux victoires (à Dax en 1997, Biarritz en 2011) et deux défaites (en Ulster en 1999, à Cardiff en 2009).
Mais l'espoir d'un cinquième titre continental est bien loin. En seize éditions, seuls deux champions d'Europe ont été sacrés après avoir joué leur quart à l'extérieur: le
Munster en 2008 et le Leinster en 2009.
