Il a manqué si peu à Clermont...

Rugby / Coupe d'Europe

Il a manqué si peu à Clermont...
Photo TEAMSHOOT

Il a manqué si peu à Clermont...

Lundi 30 avril 2012 - 14:06

Les champions en titre du Leinster ont brisé encore une fois le rêve européen des Français de Clermont, dimanche, en s'imposant au bout du suspense en demi-finale à Bordeaux (19-15), comme à Dublin en quarts de finale en 2010 (29-28).

Kayser : "on a beaucoup appris"

Q: Benjamin Kayser, Quel sentiment domine après cette courte défaite ?
R: "On se dit qu'on a accroché le champion d'Europe en titre. A quelques centimètres près, sur un exploit de +Wes+ (Fofana), on aurait pu être en finale. Mais ce n'est pas là que l'on perd le match. On prend cette essai en 2e mi-temps qui nous fait très mal à la tête. On savait qu'une brèche contre eux, c'était un essai, c'est ce qu'ils ont réussi à prouver. Quelques ballons pas négociés en touche, c'est vraiment rageant. A la mi-temps, on y croyait dur comme fer, on était bien dans le match, bon en défense, bien en mêlée. C'est un match de très haut niveau, bravo à eux, ils ont su peut-être mieux gérer ces petits détails que nous. C'est une accumulation de petits détails qui malheureusement ne plaident pas en notre faveur. De loin, c'était le match du plus haut niveau que j'ai joué cette année, surtout en 1re mi-temps. D'habitude, j'ai le temps de regarder l'heure alors que là, c'était à fond, cela n'a pas arrêté de jouer, c'était la guerre dans chaque ruck, on a essayé de multiplier les phases, c'était compliqué".

Q: Cela va être dur à digérer ?
R: "Bien sûr, ça va être extrêmement difficile à digérer, horrible, c'est comme ça. Honnêtement, ce groupe, c'est plus qu'une équipe, c'est vraiment devenu une famille, il y a un réel état d'esprit au-delà des grands mots et grands discours qui existent. C'est pour cela que notre réaction a été de dire qu'on va quand même gagner quelque chose cette année et on va vraiment se retrousser les manches pour donner à ce groupe un titre qu'il mérite 1000 fois. Quand on voit dans les cinq dernières minutes l'abnégation, la solidarité des mecs, c'est une preuve de grand courage. Même si on a perdu, individuellement et collectivement, on a beaucoup appris ce soir.

Q: Remettez-vous vous aussi en cause l'arbitrage de M. Barnes ?
R: "C'est un match très dur à arbitrer, cela va à dix mille, il y a de l'engagement partout, ils sont pénibles dans les rucks. Comprendre les règles des rucks, c'est compliqué. Le seul truc qui m'a peiné, c'est que sur notre meilleure mêlée du match, il nous sanctionne. Le reste, c'est quand même un bon arbitre. Il faudra revoir le match pour pouvoir juger sa prestation mais sur l'ensemble, il a fait des erreurs d'un côté comme de l'autre".

Favoris à leur propre succession, les Dublinois brigueront un troisième titre en quatre ans face aux Nord-Irlandais de l'Ulster le 19 mai à Twickenham (17h00 locales, 16h00 GMT).

Les Clermontois pensaient pourtant avoir les armes pour remporter le seul titre qui manque à leur palmarès. Ils en ont fait bon usage, mais l'apprentissage du haut niveau européen est ingrat.

"Autant d'efforts, et pas de récompense à la fin, c'est dur", soupirait l'entraîneur Vern Cotter qui avait fait de cette compétition sa priorité de la saison. Il n'a pas manqué grand-chose aux Clermontois. "Des détails", comme toujours.

Comme cet en-avant de Wesley Fofana au moment d'aplatir à une minute de la fin du temps réglementaire l'essai de la victoire, ou une attitude sur l'ultime séquence de "pick and go" devant la ligne irlandaise dans les arrêts de jeu... Ou encore cette rare brèche dans la défense clermontoise parfaitement exploitée par Rob Kearney pour envoyer Cian Healy inscrire au retour des vestiaires (42) l'essai qui a inversé le score jusqu'alors en faveur des Auvergnats (12-6).

Pour leur première demi-finale de Coupe d'Europe, les Clermontois avaient pourtant su composer avec les sorties précoces sur blessure de Julien Malzieu (13) et Lee Byrne (20) qui les ont contraints à réorganiser leur ligne de trois-quarts avec les entrées de Jean-Marcellin Buttin et Regan King.

Ils avaient également su faire le dos rond face à des décisions arbitrales défavorables en milieu de première période, réussi à capitaliser par la botte de Brock James (15 points, à 5 sur 6) et même pris un certain ascendant dans le secteur stratégique de la conquête (mêlée, touche). Ils étaient également parvenus à contenir des adversaires puissants et féroces dans le jeu au sol.

Mais le talent de buteur et de gestionnaire de l'ouvreur Jonathan Sexton (11 points à 4 sur 5), a probablement été capital pour tenir les Auvergnats à distance au score comme sur le terrain en seconde période. L'expérience et la puissance du banc irlandais a fait le reste.

"Ca a été très intense, mais il y a de la confiance dans notre équipe, on n'a jamais paniqué", soulignait le capitaine irlandais Leo Cullen.

Le Leinster, favori pour sa succession


Les champions d'Europe en titre du Leinster apparaissent comme les favoris à leur propre succession, après leur solide victoire face aux ambitieux Clermontois en demi-finales (19-15) dimanche à Bordeaux.

Pour la première fois en 17 éditions, la finale continentale opposera le 19 mai à Twickenham deux équipes de l'île d'Irlande: les Dublinois du Leinster aux Nord-Irlandais d'Ulster. Ce 14e match consécutif sans défaite en Coupe d'Europe (13 victoires, un nul) confirme la domination des joueurs de la province de Dublin sur le continent.

A l'extérieur, face à des Clermontois ambitieux et auteurs d'un solide parcours dans la compétition, ils sont sortis vainqueurs d'un match intense. "Notre meilleur match cette saison", a estimé l'entraîneur Joe Schmidt.

Dans un match serré comme le fut la demi-finale de Bordeaux, le Leinster a fait parler son expérience. Les Dublinois disputaient leur septième demi-finale de Coupe d'Europe, la quatrième d'affilée. Le groupe, talentueux, n'a que peu changé depuis quelques années, bâti autour d'un solide noyau d'internationaux irlandais (Healy, Heaslip, O'Brien, Sexton, d'Arcy, O'Driscoll, Kearney...). En janvier, le deuxième ligne champion du monde All Black Brad Thorn (37 ans) est venu renforcer l'effectif.

Leur expérience constituera encore une fois un de leurs atouts en finale, leur troisième en quatre ans (pour deux titres en 2009 et 2011), face à des Nord-Irlandais qui retrouvent, eux, ce niveau pour la première fois depuis 1999, année de leur seul titre.

Renouveau de l'Ulster


Si cette finale marque l'apogée du groupe du Leinster, elle souligne aussi le renouveau de l'Ulster, première province irlandaise à avoir été sacrée championne d'Europe, ouvrant la voie au Munster, champion en 2006 et 2008, et au Leinster.

La province "à la main rouge" (son emblème) présente un profil atypique. Alors que ses homologues s'appuient sur un effectif quasiment exclusivement composé de joueurs irlandais, elle compte quatre joueurs Sud-Africains, dont le capitaine et deuxième ligne Johann Muller et le demi de mêlée et buteur Ruan Pienaar, ainsi que le pilier champion du monde All Black John Afoa, suspendu samedi mais qui sera qualifié pour la finale.

En Ligue celtique, le Leinster, leader avec dix points d'avance, a battu l'Ulster (6e) deux fois en deux matches cette saison: 42-13 à Dublin le 26 décembre et 16-8 à Ravenhill le 20 avril

"C'était un match de Championnat, a souligné Joe Schmidt en référence à sa dernière victoire. Ils n'avaient pas certains de leurs joueurs, ils n'avaient pas Rory Best, Stephen Ferris..."

Malgré une équipe nationale un peu à la peine depuis son Grand Chelem de 2009 dans le Tournoi des six nations, le rugby de provinces irlandais se porte bien. La finale du 19 mai sera la cinquième finale avec un club irlandais en sept ans.

Fiche du Stats

H-Cup
Demi-Finales

Fil infos Sport

A la une

Top articles Sport.fr

Chiffre sport de la semaine

Phrase sport de la semaine

Direct Live