Décalage : L'Ulster et la malédiction française

Rugby / Coupe d'Europe

Décalage : L'Ulster et la malédiction française

Samedi 21 janvier 2012 - 12:37

La province irlandaise d'Ulster veut vaincre la malédiction qui la poursuit en territoire français depuis la création de la Coupe d'Europe - douze défaites et un nul en treize matches - en s'imposant samedi à Clermont lors de la 6e et dernière journée.

Un premier succès en France, en plus d'assurer à l'Ulster la première place de la poule 4 et probablement l'avantage de jouer le quart de finale à Belfast, aurait une portée historique pour tout le rugby irlandais: ce serait la première fois, après les qualifications du Leinster et du Munster, qu'il placerait trois équipes dans les huit derniers prétendants.

Les joueurs au maillot blanc frappé d'une main rouge paraissent en meilleure position que jamais pour réussir l'exploit après avoir aligné trois victoires particulièrement impressionnantes contre le Munster (33-17) et Edimbourg (42-20) en Ligue celtique et contre Leicester (41-7) en Coupe d'Europe, avec pas moins de douze essais à la clé.

"Si nous jouons comme vendredi (contre Leicester), nous avons une bonne chance de créer la surprise. Les joueurs que nous possédons sont les meilleurs qui aient porté le maillot de l'Ulster depuis longtemps", a assuré le directeur du rugby David Humphreys dans une interview au Belfast Telegraph.

La province, qui représente six comtés de l'Irlande du Nord et trois de la République d'Irlande, a connu son heure de gloire à la fin des années 1990. Elle avait été la première à ramener la Coupe d'Europe en Irlande en 1999.

Mais cet exploit initial a été suivi d'une traversée du désert de dix ans, durant laquelle l'équipe a toujours été éliminée en poule de la Coupe d'Europe, jusqu'à la saison dernière.

Quatuor sud-africain


L'équipe s'est constamment renforcée ces dernières années en faisant notamment venir un quatuor de Sud-Africains où se distinguent le demi de mêlée et buteur Ruan Pienaar et le deuxième ligne et capitaine Johann Muller.

Depuis le mois de septembre, elle est aussi l'une des deux seules équipes européennes à avoir le privilège de compter dans ses rangs un champion du monde en titre, le pilier John Afoa, remplaçant chez les All Blacks lors de la dernière Coupe du monde.

Malgré cette montée en gamme, l'Ulster a encore du chemin à faire pour sortir de l'ombre de ses deux prestigieux voisins, le Munster et le Leinster, champion d'Europe en titre.

Ce manque relatif de reconnaissance peut se lire dans la sélection des 30 joueurs pour le Tournoi des six nations, dans laquelle le très conservateur Declan Kidney a inclus treize joueurs du Leinster, neuf du Munster et seulement six de l'Ulster (Best, Court, Ferris et McAllister devant, Trimble et Wallace derrière).

L'entraîneur Brian McLaughlin n'a pas caché qu'il aurait apprécié un rééquilibrage compte tenu de la forme étincelante de ses protégés, en particulier le troisième ligne Chris Henry, le deuxième ligne Dan Tuohy, le demi de mêlée Paul Marshall ou encore le tout jeune ailier Craig Gilroy.

"C'est décevant. Declan a décidé de conserver le groupe de la Coupe du monde et de lui donner une deuxième chance dans le Tournoi. Pourtant Chris Henry a été exceptionnel toute l'année et Dan Tuohy a montré lors des deux ou trois derniers matches qu'il était très capable de jouer à ce niveau", estime-t-il.

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