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Q: Cette finale est-elle le match le plus important que vous avez disputé avec le Stade Français ?
R: "Depuis mon arrivée au club, j'ai vécu beaucoup de gros matches, vécu de grandes émotions mais c'est la première fois en tant que capitaine et en tant que joueur que je joue une finale de compétition européenne. C'est un moment très important, personnellement mais aussi collectivement. On a beaucoup de pression parce que c'est un match qui se jouera sur des détails. On sera tous présents dans l'engagement mais l'équipe qui gagnera sera la plus disciplinée et la plus réaliste. La défense comptera beaucoup. C'est un gros challenge mais le club mérite ce titre."
Q: Que redoutez-vous dans l'équipe des Harlequins ?
R: "Ils ont trois joueurs, Easter, Care, Evans, qui sont très importants. Le jeu tourne beaucoup autour d'eux. Comme nous, ils ont fini premier de leur poule. On avait joué contre les Harlequins (en poule de Coupe d'Europe) il y a deux ans et on avait perdu deux fois. Ils commencent les matches avec beaucoup de vitesse et d'engagement. Nous, dans nos deux derniers matches, on n'a pas très bien commencé, ce sera donc un grand défi. On se méfie. Favori ou pas, je ne sais pas, mais je suis confiant en nos chances. Quand je vois la qualité de mes équipiers, ce qu'on est capable de faire et ce qu'on a pu faire en Championnat et dans le Challenge européen, je me dis qu'on a nos chances."
Q: On dit souvent +c'est dans les grands matches qu'on voit les grands joueurs+. N'est-ce pas le moment de voir les grands joueurs du Stade Français ?
R: "Nous faisons un sport collectif, il n'y a pas de star, de joueur qui fait la différence tout seul. Il y a d'autres joueurs qui ont fait des matches de poule auxquels personne ne s'intéressait, contre Bucarest ou Parme. Ces jeunes joueurs peu expérimentés nous ont permis d'arriver à cette finale. Le défi de chaque joueur sera de jouer à son meilleur niveau."
Le Stade Français a l'occasion ce soir de se racheter de sa décevante saison sur le plan national avec une victoire face aux Harlequins en finale du Challenge européen, qui mettrait fin à quatre années sans titre et lui offrirait une place en Coupe d'Europe la saison prochaine.
Les Parisiens n'ont plus remporté de titre depuis 2007 et leur dernier sacre de champion de France. Depuis, le club a amorcé un lent déclin sportif et financier qui a débouché sur une 11e place en Top 14 cette saison, son plus mauvais résultat depuis son retour dans l'élite en 1998.
En Challenge européen, le Stade Français a en revanche brillé en terminant avec le meilleur bilan en poule (29 points sur 30 possibles), ce qui lui a permis de recevoir en quarts et en demi-finales Montpellier (32-28) et Clermont (29-25).
Au Cardiff City Stadium (20H45 française), il se trouvera face à un tout autre défi: les Harlequins qui ont fait tomber en demi-finale une autre équipe en déclin, le géant irlandais du Munster (20-12).
"Ils ont réalisé une deuxième partie de Championnat anglais impressionnante, ils viennent de rater une place qualificative en Coupe d'Europe, ce match sera très important pour eux aussi", souligne le directeur du rugby parisien Michael Cheika, qui avait battu (6-5) les "Quins" avec le Leinster en 2009 lors d'un quart de finale de Coupe d'Europe devenu célèbre pour le scandale du "Bloodgate".
"Leur manière de jouer oblige à être au top niveau défensivement parce qu'ils aiment attaquer, surtout au début de match, ils lancent tout. Ce sera intense pendant 80 minutes. Il faudra avoir la tête froide et saisir nos opportunités de marquer", résume Cheika.
Les Parisiens devront donc surmonter leurs lacunes de cette saison: leur difficulté à rester constant pendant 80 minutes, leur perméabilité qui en a fait quatrième moins bonne défense du Top 14, leurs approximations en attaque face à la troisième meilleure défense du Championnat d'Angleterre...
Il leur faudra également museler un axe 8-9-10 capital, composé de l'emblématique Nick Easter, Danny Care, doublure de Youngs dans le XV d'Angleterre, et Nick Evans, ancien remplaçant de Dan Carter chez les All Blacks.
Le club londonien a l'occasion de remporter son troisième Challenge européen, une nouvelle fois face à un club français, après Narbonne en 2001 et Montferrand en 2004.
Mais avec tous ses internationaux sauf Szarzewski et Southwell (Palmer, Haskell, Parisse, Dupuy, Beauxis, Bastareaud...), le Stade Français veut croire en ses chances. Et Cheika a rassuré ses joueurs: "Dans les matches comme ça, c'est toujours l'équipe qui en veut le plus qui gagne. Même si on ne joue pas mieux que l'adversaire, grâce à l'envie on peut y arriver."
Et même en cas de défaite, le Stade Français pourrait être qualifié pour la Coupe d'Europe si un autre club anglais, Northampton, remporte l'édition 2011 le lendemain face au Leinster.
Composition des équipes:
Harlequins: Brown - Camacho, Lowe, Turner-Hall, Monye - (o) Evans, (m) Care - Robshaw (cap.), Easter, Fa'asavalu - Robson, Kohn - J. Johnston, Gray, Marler
Stade Français: Rodriguez - Arias, Bastareaud, Boussès, Camara - (o) Beauxis, (m) Dupuy - Burban, Parisse (cap.), Haskell - Papé, Palmer - Attoub, Bonfils, Roncero
Remplaçants:
Harlquins: Cairns, Jones, Lambert, Browne, Skinner, Moore, Clegg, R. Chisholm
Stade Français: Weber, Gerber, Joly, Marchois, Rabadan, Leguizamon, Oelschig, Phillips
Arbitre: George Clancy (IRL)



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Vahid Halilhodzic