La France favorite ?
Dimanche 7 février 2010 - 10:57
Le XV de France fait son entrée dans le Tournoi des Six Nations, cet après-midi à Edimbourg, contre l'Ecosse (16h). Une rencontre à suivre en direct intégral commenté, minute par minute, sur notre site. Après une campagne intéressante en 2009, la France peut-elle franchir un nouveau pallier cette saison et remporter un tournoi qu'elle n'a plus inscrit à son palmarès depuis 2007 ? C'est très possible sur le plan statistique : après les grand chelem du Pays de Galles en 2008 puis de l'Irlande en 2009, l'heure est sans doute à une victoire de la France ou de l'Angleterre. Samedi, les Irlandais ont dominé l'Italie (29-11) et les Anglais ont étrillé le Pays de Galles (30-17). Au tour de la France de montrer ses capacités. Il faudra pour cela ne pas trébucher dès ce premier déplacement à Murrayfield qui pourrait s'avérer plus compliqué qu'il n'y parait : les Ecossais expriment en effet des ambitions qu'on ne leur soupçonnait pas.
L'entraîneur du XV de France, Marc Lièvremont, a affirmé samedi que son équipe, encore sans titre et après de belles performances en 2009, se savait "attendue" dans le Tournoi des six nations, qu'elle débute dimanche (16H00) à Edimbourg contre l'Ecosse.
"Il y a un peu plus de stress qu'il y a deux ans parce qu'on se sait attendu", a admis Lièvremont, qui avait dirigé les Bleus pour la première fois en match international lors du Tournoi-2008, également en Ecosse, remporté 27 à 6.
"Ils (les Ecossais) nous promettent du combat et on s'y attend", a assuré l'entraîneur, qui a appelé ses joueurs à "la vigilance".
"Il faudra penser à imposer notre rugby, à agresser cette équipe dans le bon sens du terme, sur la conquête, sur les rucks, sur la mise en place de notre rugby, sur notre qualité de jeu au pied, et être particulièrement disciplinés", a résumé Lièvremont, insistant sur "les qualités" de ceux qu'il nomme "les All Blacks de l'hémisphère nord".
Interrogé sur la progression de l'équipe d'Ecosse depuis l'arrivée du nouvel entraîneur Andy Robinson en avril 2009, Lièvremont a répondu espérer "qu'elle n'avait pas trop progressé parce qu'elle nous avait causé pas mal de soucis l'an dernier" malgré la victoire des Bleus (22-13), le 14 février à Paris.
Un journaliste l'interpellant sur le fait que Robinson, entraîneur de l'Ecosse, avait promis une entame de jeu pied au plancher de ses joueurs, Lièvremont a rétorqué: "C'est aussi notre intention".
ROBINSON VEUT VITESSE, AGRESSION ET PRECISION
L'entraîneur de l'Ecosse Andy Robinson a demandé samedi à ses joueurs de donner de la vitesse au jeu, de mettre de l'agression dans les contacts et de se montrer précis, pour battre les Français à Murrayfield .
"Le rugby est un sport de guerriers. Les chocs vont être énormes et il faudra être dominateurs dans ce secteur", a déclaré l'Anglais.
Si cette domination est imposée, "la vitesse de la balle sera importante en sortie de regroupement, particulièrement pour nous. Nous voulons jouer balle en mains, nous voulons agresser la défense française, et pour cela il faut jouer en avançant", a poursuivi Robinson.
"Si nous faisons preuve de précision et que nous avons le ballon aux extérieurs, on peut poser de vrais problèmes à la défense française", a-t-il espéré avant son premier match dans le Tournoi comme entraîneur de l'Ecosse.
"Il faudra du soutien. Ce sera un élément clé pour nous. Il ne s'agit pas tant de duels individuels que de bataille collective", a analysé Robinson.
La France l'a emporté lors de quatre de ses cinq dernières visites à Murrayfield. Elle s'était toutefois inclinée lors de l'ouverture du Tournoi-2006 (16-20).
Le match sera précédé d'une minute de silence en hommage à l'ancien commentateur Bill McLaren, "le Roger Couderc écossais", voix du rugby britannique, décédé le mois passé à l'âge de 86 ans.
SEAN LAMONT VISE LE GRAND CHELEM
L'ailier de l'Ecosse Sean Lamont s'est dit convaincu, samedi, que son équipe était capable de remporter le Grand Chelem dans le Tournoi des six nations.
"Je ne veux pas en dire trop pour ne pas nous porter la poisse. Il faudra commencer par une victoire demain (ndlr: dimanche). Mais si nous évoluons à notre meilleur niveau, nous visons cinq victoires", a affirmé le joueur des Llanelli Scarlets.
"On n'entre pas dans le Tournoi en visant une ou deux victoires. Parce qu'alors, c'est ce qu'on récoltera", a-t-il insisté.
Un quatrième Grand Chelem dans l'histoire du rugby écossais serait une surprise encore plus considérable que celui réussi par les Gallois en 2005, un an après avoir gagné deux matches seulement dans l'édition précédente.
L'Ecosse a terminé 5e ou 6e des trois derniers Tournois et n'a plus gagné en déplacement depuis un court succès en Italie en mars 2006 (10-13). Son dernier sacre dans le Tournoi remonte à 1999.
Avec la réception de la France, de l'Angleterre et de l'Italie, elle dispose toutefois d'un calendrier relativement clément. Le XV du Chardon se déplacera au pays de Galles et en Irlande, où il ne s'est plus imposé respectivement depuis 2002 et 1998.
Mais une victoire contre l'Australie en novembre (9-8), inédite depuis 27 ans, et l'apport de l'entraîneur anglais Andy Robinson, ont fait souffler un vent d'optimisme dans la province.
