RECHERCHER
    RSS/XML    flux rss sport
sport.fr
Business / Rugby

Delanoë et Lagardère chez le juge

Jeudi 19 novembre 2009 - 13:46imprimer cet articleenvoyer cet articlediminuer la taille du texteAgrandir le texte


Le maire de Paris, Bertrand Delanoë (PS), et le patron du groupe Lagardère, Arnaud Lagardère, sont convoqués par les juges d'instruction, Brigitte Brun et Sophie Clément, chargées de l'enquête sur l'octroi de la concession du stade Jean-Bouin à Paris en vue d'une éventuelle mise en examen. Le premier est soupçonné de "favoritisme" alors que le second pourrait être mis en examen pour "recel de favoritisme".

La concession a été octroyée par la ville en 2004 à l'association CASG Jean-Bouin, elle-même partenaire du groupe Lagardère. Le président de cette association Jacques Lelièvre est également convoqué devant les juges.

"Cette audition permettra au maire de Paris d'apporter tous les éclaircissements souhaités sur les conditions dans lesquelles la Ville, à l'époque, a décidé de renouveler cette convention qui la lie à l'association CASG Jean-Bouin, occupant du site depuis 1925", répond la mairie de Paris.

Anne Hidalgo, première adjointe PS de Bertrand Delanoë, a affirmé jeudi que "le maire de Paris est vraiment décidé à aller jusqu'au bout", devant la justice administrative et la pénale, à propos de cette concession. Elle qualifie également cette convocation d'"opération singulièrement déplacée par rapport à l'analyse de droit que nous faisons à l'Hôtel de Ville". Il "n'y avait pas à passer par une procédure de mise en concurrence puisque la convention d'occupation du domaine public n'est pas une délégation de service public. Il n'y a pas en droit de mise en concurrence obligatoire".

"Le tribunal administratif a jugé qu'on aurait dû mettre en concurrence. Très bien, nous allons donc en cour administrative d'appel pour faire trancher ce point de droit sur lequel nous ne sommes pas d'accord", a-t-elle ajouté.

Selon Mme Hidalgo,
  • Delanoë "stupéfié" par sa convocation
  • Bertrand Delanoë, s'est déclaré dimanche "stupéfié" par sa convocation. "Je suis stupéfié" par cette convocation "à laquelle je (me) rendrai bien sûr", a déclaré dimanche le maire de Paris lors du "Grand Rendez-Vous" d'Europe 1-Aujourd'hui en France. "D'abord en 2004 c'est le Conseil de Paris, sans réserve d'aucun groupe, qui a décidé de renouveler de gré à gré à l'association Paris Jean-Bouin l'occupation domaniale de cet espace, comme à 27 autres associations" pour d'autres sites, a-t-il expliqué.

    Ensuite, a ajouté l'élu parisien, la délibération "a été validée par un contrôle de légalité du préfet puis par un rapport de la chambre régionale des comptes". "Et je suis attaqué pour cette procédure juridiquement exemplaire !", s'est-il étonné.
  •  
"le maire de Paris n'est en rien intervenu pour qu'il y ait un rapprochement entre l'association Jean Bouin et Lagardère (...) Sans que personne à la Ville ne demande quoi que ce soit, le président de l'association Jean Bouin est allé chercher un partenariat avec Lagardère".

Le président du groupe UMP au conseil municipal de Paris Jean-François Lamour a dénoncé "l'amateurisme des décisions en matière de concessions sportives prises par le maire de Paris". "Clientélisme, favoritisme ? S'il y a des connexions, c'est à la justice à les déterminer", a déclaré Jean-François Lamour. "Nous verrons ce que la justice dit de cette affaire-là, elle me semble pour le moins assez inquiétante en matière de gestion des concessions", a-t-il ajouté.

L'ancien ministre des Sports a déploré qu'"aujourd'hui la quasi-totalité des associations sportives (soient) écartées des équipements sportifs gérés par la ville au profit de structures semi-privées, purement privées, on l'a vu avec la Croix Catelan et la rue Eblé" (NDLR: gérées aussi par le groupe Lagardère).

S'agissant de Jean Bouin, il a sévèrement critiqué le projet de démolition et reconstruction du stade de rugby envisagé par la mairie de Paris, qui va nécessiter la disparition de la piste d'athlétisme et d'un terrain de hockey. "Une mairie socialo-communiste est en train de priver des scolaires et des associations sportives d'équipements vitaux en matière de développement de la pratique sportive à Paris", a-t-il dit. "La première conséquence de l'amateurisme du maire de Paris c'est que 5.000 scolaires vont se voir interdire l'accès de Jean Bouin", a ajouté Lamour, qui demande "instamment" à Delanoë "de surseoir à la démolition de Jean Bouin tant que cette affaire n'est pas réglée".

La mairie de Paris prévoit d'envoyer les scolaires faire du sport à Bagatelle et au stade Suzanne Lenglen (Paris XVème), ce qui a mis en colère bon nombre de professeurs d'éducation physique. Selon Lamour, le rectorat de Paris "vient de lui écrire qu'il n'avait jamais validé une telle proposition de relocalisation de la pratique de l'éducation physique".

Claude Goasguen, député-maire UMP du XVIème arrondissement de Paris, où se trouve le stade Jean-Bouin, a mis en garde contre toute "précipitation suspecte" concernant l'aménagement du site. Il souhaite que "toute la lumière soit faite sur la nature des contrats de concession sportive dont les conséquences financières pour les Parisiens sont importantes". Le député-maire demande aussi "que soit redéfinie la politique à l'égard du sport professionnel qui tend à se développer au détriment du sport amateur et du sport de proximité".

L'information judiciaire a été ouverte à la suite d'une procédure lancée par une société, Paris Tennis, qui estime que la Ville aurait dû conclure un contrat de délégation de service public et non une convention d'occupation domaniale selon une procédure "de gré à gré", contestée par le gérant de la société Paris Tennis Hervé Picard.

Cette association avait été aidée financièrement auparavant par le groupe Lagardère, qui avait obtenu d'avoir trois représentants à son comité directeur. Lagardère avait obtenu ensuite, en 2005, selon le président de l'association Jacques Lelièvre, une sous-concession permettant l'utilisation de terrains de tennis pour les champions de son "Team" et d'un emplacement pour un centre d'expertise technique. De son côté, le Stade français de Max Guazzini, avait obtenu une sous-concession pour le rugby en juillet 2004.



  • Réagissez à cet article
  • titre:

    texte:

    Pseudo:

    E-mail:

    souhaite être informé par email des réactions à cet article
    Sport.fr est un espace de débat civique et civilisé. N'hésitez pas à signaler tout abus en cliquant sur le lien présent en bas de chaque commentaire pour nous indiquer tout contenu diffamatoire, injurieux, commercial, raciste...

    Sachez également que des informations sur votre connexion (telle que votre adresse ip) seront mémorisées