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JO : l'affaire Spielberg
Jeudi 14 février 2008
Le cinéaste américain Steven Spielberg a annoncé le 12 février qu'il renonçait à sa participation artistique aux Jeux olympiques de Pékin, accusant la Chine de ne pas assez faire pression sur son allié le Soudan pour mettre un terme aux violences au Darfour. Les réactions à cette annonce ne se sont pas faites attendre...
La Lettre de l'économie du sport n°875
"J'ai décidé d'annoncer formellement la fin de mon engagement en tant que l'un des conseillers artistiques étrangers pour la cérémonie d'ouverture et de clôture des Jeux olympiques de Pékin", a expliqué le cinéaste dans un communiqué. "Le gouvernement du Soudan porte l'essentiel de la responsabilité de ces crimes en cours mais la communauté internationale, et en particulier la Chine, devrait en faire plus pour mettre un terme aux souffrances" endurées par les habitants du Darfour, a-t-il ajouté. Steven Spielberg avait déjà écrit plusieurs fois au président chinois Hu Jintao pour demander que Pékin fasse pression sur Khartoum pour mettre fin aux violences au Darfour.
La collaboration du cinéaste avec les autorités chinoises dans le cadre des JO organisés en Chine en 2008 avait été critiquée par l'actrice américaine et ambassadrice itinérante de l'Unicef Mia Farrow.
La guerre civile au Darfour et ses conséquences ont fait 200.000 morts et deux millions de déplacés en quatre ans, selon des organisations internationales.
La presse chinoise boycotte Steven Spielberg
La presse chinoise a fait l'impasse sur la décision du cinéaste américain de renoncer à sa participation artistique aux jeux Olympiques de Pékin à cause du Darfour. Aucun des grands médias, officiels ou semi-officiels, n'a fait état du boycott de Spielberg qui accusant la Chine de ne pas assez faire pression sur son allié le Soudan pour mettre un terme aux violences au Darfour. Presse écrite, télévision ou sites internet chinois, qui ont dans le passé publié de nombreux articles et photos sur l'engagement de Spielberg pour les jeux Olympiques de Pékin (8-24 août), sont restés cette fois silencieux. Une seule exception, le quotidien Global Times, journal spécialisé dans les affaires internationales, qui évoque le retrait du cinéaste dans un article consacré à la Chine et aux pressions étrangères.
L'ambassade de Chine à Washington juge "irresponsable" de lier les JO et le Darfour
La Chine a réaffirmé le 14 février qu'elle jugeait "irresponsable et injuste" de lier les jeux Olympiques à la crise humanitaire au Darfour. "Dans la mesure où le problème du Darfour n'est pas une affaire interne à la Chine, et n'a pas été causé par la Chine, lier les deux (Darfour et JO) est irresponsable et injuste", a indiqué l'ambassade de Chine à Washington dans un communiqué repris par un journal chinois. A Pékin, le ministère des Affaires étrangères et le comité d'organisation des JO, interrogés par l'AFP, ont refusé de s'exprimer sur l'affaire Spielberg.
La Chine "regrette" la décision de Spielberg
Le gouvernement chinois, pour sa part, a indiqué "regretter" la décision de Steven Spielberg de cesser sa collaboration artistique avec la Chine pour les JO en raison de l'attitude du géant asiatique dans la crise du Darfour. "La Chine regrette les remarques de Steven Spielberg", a déclaré le porte-parole des Affaires étrangères, Liu Jianchao. Le gouvernement chinois a indiqué par ailleurs qu'il espérait que les Jeux Olympiques ne seraient pas perturbés par "des problèmes politiques", contraires à "l'esprit olympique". "Nous ne souhaitons pas voir un tel événement attendu par le monde entier, perturbé par des problèmes politiques. C'est contraire à l'esprit olympique", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Liu Jinchao. Le chef du Comité olympique soudanais a déploré jeudi l'incursion du politique dans le sport, en commentant la décision du cinéaste américain Steven Spielberg de cesser sa collaboration artistique pour les JO en raison de l'attitude de la Chine dans la crise du Darfour.
Le CO soudanais déplore l'incursion du politique dans le sport
"Nous avons été toujours contre l'incursion du politique dans le sport et nous n'avons jamais fait d'amalgame entre les deux", a déclaré à l'AFP le général à la retraite Salah Mohammed Saleh. "Rien ne peut plus nuire à l'esprit sportif que la politique", a-t-il dit en réaction à la décision du cinéaste américain, faisant remarquer que l'action du Comité olympique soudanais "se situe hors de toute interférence politique". "C'est la seule activité qui est totalement libre au Soudan de toute interférence politique et la seule activité qui réunit tous les Soudanais sans distinction et sans aucune considération régionaliste", a-t-il ajouté. "Nous ne prêtons pas beaucoup d'attention à Spielberg. Nos relations sont stratégiques avec les instances sportives chinoises et nos athlètes se préparent normalement pour les JO", a conclu le général Saleh.
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| Rogge n'a jamais signé d'appel à la paix ! | Le président du Comité international olympique (CIO), Jacques Rogge, n'a pas signé d'appel demandant à la Chine de faire plus pour mettre fin au conflit actuel au Darfour, a assuré le 14 février le CIO, démentant une lettre publiée par le quotidien britannique The Independent. "C'est complètement faux", a déclaré à l'AFP la porte-parole du CIO, Emmanuelle Moreau. The Independent a publié jeudi une pétition, au bas de laquelle figure le nom de Jacques Rogge, demandant à la Chine d'user de son influence sur le Soudan pour mettre fin au conflit du Darfour, alors que les jeux Olympiques d'été se dérouleront à Pékin en août 2008.
Interrogée sur la position du CIO vis-à-vis du conflit au Darfour, Mme Moreau a jugé "légitime" que des organisations cherchent à utiliser les jeux olympiques pour mettre en lumière certains problèmes qui vont au-delà du sport. "Mais un conflit grave comme celui du Darfour se gère au niveau des Nations unies et le CIO n'a pas à intervenir à ce sujet auprès des autorités chinoises", a-t-elle dit. |
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