A ceux qui pensent qu'il a renoncé sans combattre, on répondra que le sort en était jeté. Toujours est-il que la renonciation de Jean-François Lamour à briguer la présidence de l'Agence mondiale antidopage (AMA) est un nouvel aveu de faiblesse du sport français dans le concert international.
C'était dans l'air. C'est maintenant officiel, Jean-François Lamour démissionne de la vice-présidence de l'Agence mondiale antidopage (AMA) et renonce à en briguer la présidence lors de l'élection prévue le 17 novembre à Madrid (Espagne). "J'ai décidé de démissionner de la vice-présidence de l'AMA et de retirer ma candidature", a expliqué l'ancien ministre des Sports. "Plus que jamais je suis combatif mais qui dit être combatif dit être efficace et utile."
Dans sa course à l'organisation des Jeux olympiques de 2012, Paris avait focalisé son attention sur Madrid. Mais c'est un troisième larron, Londres, revenu de nul part, qui avait empoché le morceau. Un scénario similaire est venu contrecarrer une accession à la présidence programmée. Vice-président de l'AMA depuis novembre 2006, l'ex-double champion olympique de sabre a été rejoint, quelques jours avant la clôture des candidatures, par un concurrent inconnu dans le milieu de la lutte antidopage, l'ex-ministre australien des Finances John Fahey. Le 22 septembre, en marge de la réunion du Comité exécutif de l'AMA, les représentants des gouvernements ont voulu, par quatre voix contre une abstention, imposer à M. Lamour la tenue de primaires entre lui et M. Fahey, avant la Conférence mondiale antidopage de Madrid.
L'ex-ministre français des sports avait cherché, depuis, des soutiens à sa candidature. Contraint à des primaires dont il contestait la légitimité, Lamour avait demandé en vain l'arbitrage du président en exercice Dick Pound et l'appui du représentant européen au sein du comité exécutif de l'AMA Brian Mikkelsen.
"L'AMA vient d'entrer en régression, on est revenu dix ans en arrière", a encore jugé M. Lamour, victime d'une manoeuvre du camp anglo-saxon qu'il n'a su prévenir.
"Je poursuivrai mon combat contre le dopage en dehors de l'AMA", a poursuivi le député de Paris, évoquant la possibilité de participer à la création d'un "dispositif européen". Sous quelle forme ? Pour quel rôle ? Avec quels moyens ? Ce nouveau revers confirme le déclin de l'influence française au niveau international que l'élection de Michel Platini à la tête de l'UEFA, en janvier dernier, ne suffit pas à enrayer.





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