La presse française sous le choc

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La presse française sous le choc

Jeudi 7 juillet 2005 - 11:54

Le camouflet infligé à Paris 2012 fait la Une des quotidiens en France. "Pourquoi Londres ?", se demande L'Equipe. Le quotidien sportif parle d'une "gifle humiliante" infligée par le Comité international olympique (CIO) à la capitale française, "la ville qui présentait le dossier le plus performant au regard des règles édictées".

Dans Le Parisien, qui titre "Tristesse et colère", on trouve une caricature terrible pour Jacques Chirac. On peut y voir le président de la République s'interroger : "On n'a pas un plan B ?" Il se voit répondre : "C'était les Jeux olympiques, votre plan B, après le référendum. "

A la Une de Libération, c'est "Londres de choc". Le quotidien développe la thèse de la perte d'influence de la France au niveau international. "L'olympisme, qui n'est jamais qu'une vitrine de la marche du monde, reflète cette réalité d'un pays isolé sur tous les continents. Un pays en perte d'influence quand Blair, as du lobbying, surfe sur la vague libérale tout en usant de l'argent public, mène la danse en Europe, donne le la sur l'Afrique" peut-on lire dans l'éditorial. "Comme le succès va au succès, le non va au non. Côté Français, les JO étaient trop vécus comme un opportun paravent pour masquer la panne nationale", écrit encore l'éditorialiste Jean-Michel Thénard.

Pour Le Figaro, l'échec parisien est la preuve "que les Français maîtrisent moins bien les règles du 'lobbying' que les Anglo-Saxons". "Dans la course à l'élection, ce sont moins la qualité des infrastructures et celle de l'environnement sportif qui font la différence que l'habilité politique", pense le quotidien. "Minée de l'intérieur par son immobilisme, la France n'a même plus la cote sur la scène internationale. Comme si son prestige était fané. Après le non au référendum du 29 mai, la décision du CIO fait figure de guillotine.", souligne Yves Thréard.

Pour La Tribune, l'échec olympique "risque de peser sur le moral des Français".

"L'autre message de Singapour, c'est que le monde ne veut plus jouer avec nous. C'est une leçon de modestie qui s'adresse à nous tous et au premier d'entre nous", constate Gilles Sengès dans Les Echos.

"On n'arrive même plus à les compter, les défaites de Chirac" écrit Jean-Marcel Bouguereau dans La République des Pyrénées.

Enfin, l'Humanité parle d'une "immense déception à la mesure de l'espoir suscité par la candidature de Paris". Comme beaucoup, l'éditorial du quotidien communiste s'interroge : "Le jugement de tous les membres du CIO est-il toujours dicté seulement par la qualité des dossiers présentés, les intérêts sportifs et la nécessité de la rotation des pays organisateurs des Jeux ? On peut en douter."

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