Le budget des sports pour 2008 est "décevant" et loin des promesses électorales de Nicolas Sarkozy, qui avait envisagé en février de lui allouer "3% du budget de l'Etat", ont déploré le 31 octobre deux députés PS, Henri Nayrou, rapporteur spécial du budget sports à la commission des Finances, de l'économie générale et du plan sur le projet de loi de finances pour 2008 de l'Assemblée Nationale et Valérie Fourneyron, rapporteure pour avis du budget sports à la commission des Affaires culturelles, familiales et sociales. A périmètre constant le budget des sports serait en diminution de 8%.
"Ce budget est décevant par sa structure et son manque d'ambitions. Il est décevant par rapport à ce que nous avait promis le président de la République", a déclaré à la presse Henri Nayrou, rapporteur spécial du budget sports à la commission des Finances. "Les orientations affichées par le président de la République d'une augmentation significative des moyens consacrés au sport, portés à 3% des crédits de l'Etat au cours de la législature (soit 8 milliards d'euros), et la création d'une nouvelle entité ministérielle rattachée à la Santé, n'ont pas modifié pour 2008 la réalité de la mission Sport, jeunesse et vie associative", constate le député PS. "On constate comme l'an dernier, une présentation qui peine à intégrer les orientations positives de la LOLF, qui abuse d'effets d'affichage trompeurs en agrégeant les moyens du Centre national de développement du sport aux crédits de l'Etat, et qui omet de dire qu'elle n'est pas à structure constante", regrette le rapporteur spécial. "Selon une pratique devenue systématique, ce budget est en effet présenté en y intégrant la dotation affectée au CNDS d'un montant de 266 millions d'euros. Ainsi consolidé, le budget atteint 1 048 millions d'euros soit une augmentation de 2,73% par rapport à la loi de finances pour 2007. Hors CNDS, ce budget comporte 782,47 millions de crédits de paiement soit 0,28% du budget de l'Etat. L'augmen-tation affichée des crédits masque en fait une diminution des capacités d'intervention du ministère, comme l'illustre le glissement d'une partie de plus en plus importante des financements pris en charge par le CNDS." Henri Nayrou déplore aussi la diminution des moyens humains ainsi que celle des moyens d'intervention des services déconcentrés. "Le regroupement de l'ensemble des emplois de la mission avec plus de la moitié des crédits au sein d'un vaste programme support, nuit à l'autonomie des gestionnaires, en limitant les possibilités d'utilisation de la fongibilité asymétrique. C'est une entorse significative aux principes de la LOLF qui demeure pour 2008."
"Les crédits diminueront de 8% à périmètre constant"
Les crédits de la mission sports, jeunesse et vie associative (entre 761,8 et 782,46 millions d'euros) "sont en diminution", a estimé pour sa part la députée PS Valérie Fourneyron, rapporteure pour avis du budget sports à la commission des Affaires culturelles, familiales et sociales de l'Assemblée Nationale. "La présentation en commission ne permet pas d'entrer dans le détail de ce budget, mais son analyse n'en est pas moins décevante : les crédits diminueront de 0,32% en 2008 et même de 8% à périmètre constant. Ces crédits ne représentent que 0,22% de l'ensemble des crédits du budget général." Valérie Fourneyron a notamment déploré que le Centre national pour le développement du sport soit "la soupape budgétaire de l'Etat". "Le problème de la place prépondérante des financements publics via le CNDS, alimenté par une contribution sur les droits de télédiffusion de manifestations ou de compétitions sportives et par deux prélèvements sur les sommes misées sur les jeux, devient réellement préoccupant." Valérie Four-neyron a regretté des "réductions drastiques" sur la promotion du sport pour le plus grand nombre. "Les crédits de l'action "Promotion du sport pour le plus grand nombre" diminuent, entre la loi de finances initiale pour 2007 et le projet de loi de finances pour 2008, de près de 50%. Comparés aux montants inscrits en loi de finances pour 2006, ces crédits connaissent même une diminution de 60%." Elle déplore aussi la baisse des moyens accordés au suivi des sportifs de haut niveau à l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD).
Les crédits sports ont été examinés en séance publique le 7 novembre.




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