Omnisports - JO 2012

Les JO, la fierté chinoise

Les JO, la fierté chinoise

"A chaque médaille d'or gagnée par la Chine je sens mon coeur bondir", confie Huang Weiwei, une vendeuse rencontrée dans un fast-food de Pékin où elle déjeune les yeux rivés sur un écran mural diffusant les compétitions olympiques.
Comme elle, des centaines de millions de Chinois se sont laissé gagner cette semaine par une fierté grandissante, au fur et à mesure des titres amassés aux Jeux de Londres. La Chine est au coude à coude avec les Etats-Unis au tableau des médailles et la moisson n'est pas terminée. Melle Huang, une fois sortie de son magasin du quartier branché de Sanlitun, dîne puis reste scotchée devant sa télévision jusqu'à minuit. A cause du décalage horaire, cette Pékinoise de 26 ans ne peut regarder qu'une petite partie des épreuves en direct.

Mais la télévision d'Etat diffuse du matin au soir des résumés, en accordant une large place aux exploits chinois. La chaîne CCTV-5 a même été consacrée chaîne olympique. Avec des reportages imprégnés de patriotisme, où le drapeau rouge aux cinq étoiles est omniprésent. Les héros locaux du cru 2012 des JO se nomment Zhang Jike (tennis de table), Sun Yang et Ye Shiwen (natation), Wu Minxia (plongeon) ou Yi Siling (tir). La liste s'allonge chaque jour.

"Désormais, les Chinois excellent dans plein de disciplines", se félicite Sun Yue, une jeune femme habitant la capitale. "La réussite de l'organisation des Jeux de 2008 à Pékin a donné confiance aux athlètes". Avec une organisation quasi parfaite et un budget faramineux, les premiers jeux Olympiques en Chine avaient permis il y a quatre ans au géant asiatique d'étaler sa puissance. L'immense majorité des Chinois interviewés par l'AFP sont aujourd'hui convaincus que Londres fera moins bien que Pékin.

Et le moindre faux pas est traqué de façon implacable. Wang Hou, employé d'une agence immobilière du quartier de Chaoyang à Pékin, s'offusque encore que le drapeau chinois ait été placé en-dessous du drapeau sud-coréen (et non au même niveau), lors de la remise des trophées lundi du 200 m nage libre, où le Chinois Sun Yang et le Sud-Coréen Park Tae-Hwan ont fini deuxièmes ex-aequo. Son ami Song Mao relève que certains lits des logements de la délégation chinoise au village olympique étaient trop courts et qu'il a fallu les changer. Ces incidents, qui peuvent paraître anecdotiques, ont pourtant été rapportés en détail par la presse chinoise.

"L'arrogance" occidentale


Depuis qu'elle a rejoint le mouvement olympique en 1979, la République populaire de Chine a toujours étroitement associé ses médailles d'or à son statut au sein de la communauté internationale. Pas étonnant, dans ce contexte, que le moindre grippage prenne une tournure sensible voire politique.

Ainsi les allégations de dopage, non étayées, qui ont visé cette semaine la Chinoise Ye Shiwen, 16 ans, gagnante du 400 m 4 nages et du 200 m 4 nages, ont ulcéré l'opinion publique. "La vérité c'est que les Occidentaux ne peuvent accepter le fait que l'équipe chinoise de natation s'est énormément améliorée", affirme Wang Hou. Des milliers d'internautes ont également dénoncé l'"arrogance" occidentale.

Jeudi, l'émission Dialogue sur la chaîne CCTV-news avait pour thème le refus de la BBC de s'excuser, après qu'une de leurs célèbres journalistes, Clare Balding, s'est interrogée à l'antenne sur la performance de la jeune fille. Yang Rui, qui anime ce programme, a également trouvé très "dérangeant" le titre "Torture ou entraînement ?" d'un article publié mercredi par le tabloïd britannique The Daily Mail. Y sont décrites les conditions impitoyables du gymnase de Nanning, où selon le journal des enfants sont formés à la gymnastique de compétition dès l'âge de cinq ans.

"Sans sa méthode particulière pour entraîner ses athlètes, la Chine serait probablement -veuillez excuser ces mots- au niveau de l'Inde en nombre de médailles", a justifié dans l'émission l'analyste Gao Zhikai. "Le reste du monde devrait essayer de voir pourquoi la Chine a accompli un tel bond en avant, plutôt que de se concentrer sur les aspects négatifs des activités sportives en Chine".




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