La course au drapeau
Vendredi 13 janvier 2012 - 15:03
La désignation de l'athlète invité à porter le drapeau tricolore lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Londres reste en suspens. Le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) est allé jusqu'à créer un groupe de travail sur le sujet.
Ils sont six. Denis Masseglia, président du CNOSF, Jean-Luc Rougé, vice-président du CNOSF, Bernard Amsalem, chef de mission pour Londres 2012, Jacques Rey, président du collège des fédérations olympiques, Isabelle Sévérino coprésidente de la commission des athlètes avec Tony Estanguet, qui a remplacé le désormais ministre David Douillet et qui fut surtout le dernier porte-drapeau français aux JO d'été. C'est à eux de régler la question qui cette année semble poser problème. Traditionnellement, l'identité du premier athlète français à pénétrer dans le stade olympique est annoncée à 100 jours de l'ouverture des Jeux soit, cette année, le 18 avril. A quatre jours du premier tour de l'élection présidentielle, la date tombe mal pour le CNOSF qui ambitionne de s'offrir le Stade de France et les caméras de France Télévisions pour l'occasion. Une chose est sûre : "on ne va pas dépasser J-100", assure Masseglia. Une date qui, comme d'habitude, exclut certains sportifs non encore assurés de leur participation à commencer par les athlètes qui jouent leur billet pour Londres en juin mais contraint tout de même à attendre les qualifications de la natation, fin mars.
Un seul candidat s'est ouvertement déclaré : le basketteur Tony Parker, qui a appelé dès l'automne Tony Estanguet pour prendre des renseignements sur la fonction. Le lobbying du joueurs des San Antonio Spurs agacerait les olympiens anonymes qui "votent" Laura Flessel (escrime), Julien Absalon (VTT) ou Alain Bernard (natation), autant de champions olympiques qui, eux, attendent le coup de fil.
Pour le CNOSF, le choix est tout à la fois stratégique et philosophique puisqu'il privilégiera le sport-spectacle ou l'olympisme, après cinq éditions marquées par une même logique si l'on excepte l'honneur fait à Jackson Richardson (handball) en 2004 - Jean-François Lamour (escrime) en 1992, Marie-José Pérec (athlétisme) en 1996, David Douillet (judo) en 2000 et Tony Estanguet (canoë) en 2008 étaient tous champions olympiques. Il sera également lourd de conséquence pour l'intéressé. En lice pour un troisième titre aux JO de Pékin, Estanguet avait "coulé" lors de sa compétition, sans pouvoir déterminer vraiment le rôle de son statut de porte-drapeau dans son naufrage. Les dates des compétitions peuvent également jouer un rôle. Dans ce cas, Bernard ne part pas favori. Le fait d'entrer rapidement en compétition pourrait le desservir. Un homme pourrait mettre tout le monde d'accord : Nikola Karabatic. Si le fait que Richardson était porte-drapeau en 2004 est un handicap, le meilleur joueur du monde de handball rempli plusieurs critères pour cette fonction. Notamment celle d'avoir tout gagné avec l'équipe nationale. A moins que Teddy Riner, 22 ans, ne devance l'appel de Rio en 2016 pour conduire la délégation française de 2012.
