La Chine, qui a constamment augmenté son total de médailles d'or depuis 20 ans, était déterminée à battre les Etats-Unis dans cette compétition particulière à l'occasion des premiers Jeux olympiques qu'elle organisait.
La Chine est la nouvelle première puissance olympique avec 51 médailles d'or devant les Etats-Unis (36) sur un total de 100 glanées au cours des Jeux de Pékin. Une "immense gloire" pour le pays et le peuple chinois selon les dirigeants chinois. "La mère patrie et le peuple sont fiers de vous", affirme le Comité central du Parti communiste chinois et le gouvernement chinois dans un message adressé aux athlètes de l'empire du milieu.
En obtenant le meilleur résultat de leur histoire (51 médailles d'or, 21 d'argent et 28 de bronze), les sportifs chinois ont détrôné les Etats-Unis, qui avaient fini en tête des trois dernières éditions olympiques, après l'ex-URSS en 1992 à Barcelone. En 2004, les USA étaient arrivés en tête (36 titres) devant la Chine (32) et la Russie (27). Au nombre total de médailles, les Etats-Unis sont en revanche devant la Chine (110 contre 100).
Ce type de classement reste sujet à caution. A lui seul, l'Américain
Michael Phelps, huit médailles d'or, domine l'ensemble du sport français (7 médailles d'or). Mais il permet à chacun de refaire l'histoire. Selon le président Nicolas Sarkozy, les jeux Olympiques de Pékin ont été un "formidable succès" pour la France, qui a "remporté avec brio 40 médailles", et pour l'Europe qui, avec 280 médailles, "prend la tête du classement". "Avec 280 médailles, dont 87 d'or, 101 d'argent et 92 de bronze, l'Union européenne prend ainsi la tête du classement. C'est la victoire du sport et de ses valeurs essentielles et communes aux peuples de l'Union", déclare ainsi celui qui est aussi le président en exercice du Conseil de l'Union européenne. Faire appel à l'UE pour concurrencer la Chine et les Etats-Unis, il fallait y penser.
Comme de coutume, Jacques Rogge, président du président du Comité international olympique (CIO), a salué l'organisation des Jeux. Il a qualifié ceux de Pékin de "véritablement exceptionnels". Il est de rigueur d'avoir un bon dictionnaire des synonymes pour ce type d'exercice. Lors de ses précédents discours prononcés durant la cérémonie de clôture,
Jacques Rogge avait trouvé les Jeux d'Athènes "inoubliables", quatre ans après "les meilleurs Jeux de l'histoire" organisés à Sydney selon son prédécesseur,
Juan Antonio Samaranch.
Il faut être Français pour trouver à redire sur cette XXIXe Olympiade.
Tony Estanguet, double champion olympique de canoë slalom et porte-drapeaux de la délégation française, a joué ce rôle. Il a regretté que les Chinois aient "tout verrouillé". "Certes, les épreuves se sont bien déroulées mais à côté de ça, j'ai trouvé que l'ambiance, la magie des Jeux qui veut que beaucoup de sportifs étrangers se retrouvent en dehors des compétitions, j'ai moins ressenti ça", a constaté le champion. "Pour en avoir un peu discuté, on est assez nombreux à trouver que ça a été un peu compliqué de se retrouver pour faire la fête et pour entretenir cette fièvre olympique", a-t-il poursuivi.
Mais globalement, Estanguet s'est dit très satisfait de ces Jeux, qui se sont passé mieux que ce qu'il n'avait imaginé. "J'étais un peu inquiet avant le début de ces Jeux, qu'on nous a vendus vraiment difficiles. J'avais vraiment peur que ça ne se passe pas bien, qu'il y ait beaucoup de manifestations, que le sport soit un peu relayé au deuxième plan. Eh bien, ces Jeux se sont bien déroulés. On a parlé de sport, d'exploits sportifs", a-t-il souligné.
Le champion français a également été impressionné par "l'ambiance à la chinoise, étonnante". "Il y a une ambiance incroyable quand les Chinois sont en lice. C'était assez impressionnant. J'ai été voir des matches de badminton où on était carrément sur une autre planète. C'était incroyable de voir les Chinois supporter leurs sportifs comme ça." En revanche, le sportif a été déçu par le "manque de culture sportive des Chinois". "Dès que les Chinois ne sont plus en lice, il n'y a plus personne dans les stades", a-t-il regretté.