Directeur international de feu "Paris 2012", Armand de Rendinger a été au coeur de la candidature parisienne à l'organisation des Jeux olympiques de 2012. Moins d'un an après le revers de Singapour, cet homme de l'ombre, spécialiste du lobbying, livre dans "Jeux perdus - Paris 2012, pari gâché" son analyse de l'échec du dossier français.
Trop politique, trop "naïf" et consensuel, voire trop "honnête", voici quelques pistes lancées par Armand de Rendinger pour tenter d'expliquer - de justifier ? - la défaite du grand favori dans ce concours de beauté. Au fil des pages, on saisit son regret qu'un personnage comme Jean-Claude Killy n'ait pas conduit la candidature française. Peut-être avait-il pressenti les querelles d'ego ? Dans "Jeux perdus — Paris 2012, pari gâché", Armand de Rendinger raconte comment une aventure de quatre ans portait en son sein les ferments de la défaite. Paris n'a pas su régler une question : se mettre au service de la candidature. Sebastian Coe a obtenu les plein-pouvoirs pour diriger la candidature de Londres. Qui dirigeait Paris 2012 ? Philippe Baudillon, le Directeur général du Groupement d'Intérêt Public (GIP) Paris 2012 ? Bertrand Delanoë, le maire de Paris ? Ou Arnaud Lagardère, président du Club des entreprises Paris 2012 ? La réponse est sans équivoque : "Ceux qui pensent qu'une candidature s'organise comme un commando agile et d'un bloc en sont pour leurs frais. Prétextant la complexité du dossier, le besoin de consensus et la nécessaire mobilisation de tous, +Paris 2012+ s'est constitué comme une organisation qui s'apparenterait à une flotte de vaisseaux... tous amiraux."
En parallèle de son récit, Armand de Rendinger nous fait entrer dans cette faune étrange de l'olympisme. "Il est coutumier d'assimiler les membres du CIO à des blocs homogènes qui voteraient de façon groupée. En réalité ce n'est guère le cas. Tout au plus, existe-t-il des courants ou des affinités. Ceux-ci ne résistent pas aux ambitions personnelles, à l'habile distribution de responsabilités gratifiantes par le président du CIO au sein des différentes commissions de l'institution" nous décrypte l'auteur. "En fait, l'institution suprême du mouvement olympique est de façon quasi permanente en période électorale."
Armand de Rendinger parle d'un "péché d’orgueil" de la part de la France ne pas avoir voulu savoir en amont les "raisons pour que le CIO ne lui attribue pas" les Jeux olympiques. "Essuyer quatre échecs dans des circonstances différentes en moins de quarante ans mériterait pourtant qu'on se demande si la France, en fait, n'a pas un problème avec l'olympisme", écrit-il. Car "tout se joue au détail près, dans une course à l'obtention des Jeux".




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