Nous avons consacré dans nos éditions des 2 et 9 juillet derniers un gros plan à une enquête particulièrement intéres-sante sur le devenir et le vécu de 151 athlètes ayant intégré les filières du CREPS d'Aquitaine entre 1987 et 1995, réalisée par le sociologue Franck Eisenberg, en collaboration avec les médecins Jérôme Bouche et Serge Simon. Cette enquête est riche d'enseignement sur la "vulnérabilité des sportifs intensifs". Le sujet étant sensible, les auteurs de l'enquête tiennent à préciser que les réponses apportées par les sondés font référence à l'ensemble de leur carrière et non à la seule période de leur séjour au CREPS. Ainsi, les 14,6% de personnes interrogées qui reconnaissent avoir consommé des substances illicites n'ont pas forcément consommé ces produits durant leur séjour au CREPS. Les auteurs insistent par ailleurs sur le fait que la consommation d'alcool, de tabac et de cannabis n'est pas plus présente au CREPS d'Aquitaine que dans d'autres structures présentant la même "combinaison de facteurs" : adolescence, vie en communau-té, forte dépendance au groupe de pairs, éloignement familial, relative autonomie, vie sous pression favorisant le besoin d'exutoire. C'est bien entendu cette combinaison qui explique que "la période passée au CREPS correspond à celle de la rencontre et de l'éventuelle première utilisation du cannabis" et qui, plus globa-lement, engendre un contexte favorable à certaines conduites d'excès ou à risque.




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