Les différents groupes politiques du Parlement européen sont divisés à propos de la possible présence du président en exercice de l'UE, Nicolas Sarkozy, à la cérémonie d'ouverture des jeux Olympiques de Pékin.
Alors que les présidents des groupes des Verts et des Libéraux ont appelé mardi le chef de l'Etat français à ne pas s'y rendre, les deux plus grands groupes, conservateurs du PPE et socialistes du PSE, se sont mis d'accord sur un projet de résolution très en retrait par rapport aux précédentes prises de position du Parlement sur le sujet. "Etant donné qu'il n'y a pas de ligne politique commune (au sein de l'UE à ce propos), la présidence en exercice ne devrait pas s'y rendre",
a estimé le président du groupe libéral, le Britannique Graham Watson. Pour le coprésident des Verts, Daniel Cohn-Bendit, il est "scandaleux" que M. Sarkozy se rende en Chine alors que Pékin a simplement promis aux Tibétains que les négociations continueraient après les Jeux "si tout va bien aux JO". "Et le scandale continue au Parlement européen", a-t-il ajouté, quand les petits groupes ont découvert lundi soir l'existence d'une "entente entre les deux grands groupes pour ne pas déranger les Chinois". "Le PPE et le PSE se sont mis au pas de Sarkozy".
Les Verts "n'ont aucune responsabilité, donc ils peuvent raconter ce qu'ils veulent, ça n'implique rien et demain ils peuvent raconter autre chose", a rétorqué le président du groupe conservateur, le Français Joseph Daul, en plaidant pour "des contacts" avec les Chinois plutôt qu'un boycott.
"Il est tout à fait légitime que M. Sarkozy s'y rende pour ne pas interrompre le dialogue entre l'UE et la Chine sur les droits de l'Homme", a renchéri le chrétien-démocrate allemand Elmar Brok.
En avril, le Parlement européen avait demandé aux 27 Etats membres de l'UE de s'entendre sur une position commune sur la participation à la cérémonie d'ouverture des JO, "avec la possibilité de ne pas participer à cette cérémonie au cas où le dialogue ne reprendrait pas entre les autorités chinoises et le Dalaï Lama".