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Laurent Tilly: «l’impression de repartir cinq ans en arrière»

Le parcours de l’équipe de France en Pologne s’est arrêté mercredi en match de barrage qualificatif pour les quarts de finale, en s’inclinant devant la République tchèque (1-3). Une douche froide pour les Bleus, champions d’Europe en titre.

L’Euro 2017 a perdu mercredi deux des équipes qui étaient présentées comme des prétendantes au titre continental : en même temps que la Pologne, sortie chez elle par la Slovénie (0-3), la France a en effet été éliminée en match de barrage. Pour passer l’obstacle, les Bleus, après un premier tour difficile, savaient qu’il leur faudrait élever leur niveau de jeu. Ils n’ont pas réussi, commettant trop de fautes (33 en tout dont 22 au service). « La manière me déçoit, nous avons l’impression de repartir cinq ans en arrière : chacun dans son coin, aucune stabilité en réception, aucune stabilité au service, aucune stabilité à l’attaque et au bloc, on ne pouvait pas gagner. C’est dur de voir qu’il y a un mois, on avait tout ce qu’on voulait et que là, on n’a pas assumé, estime Laurent Tilly. Ce qui est frustrant, c’est de voir la déliquescence de notre jeu, c’est une souffrance pour tout le monde, pour ceux qui sont sur le terrain, pour le staff, pour les supporters. La force de cette équipe était le collectif, là, je ne l’ai pas vu ce soir. Je pense qu’il y a une usure mentale, cela a été difficile de se remettre au travail. »

Le sélectionneur de l’équipe de France aura tout tenté en faisant rentrer quasiment tout son banc. Mais les Bleus n’ont pas trouvé les ressources techniques et mentales pour se rebeller dans la quatrième manche. « Nous n’avons pas réussi à mettre notre jeu en place et on le paie cash. Les Tchèques ont mieux joué que nous dans tous les compartiments du jeu, c’est normal qu’on perde, mais c’est dur. On n’a jamais été sereins, même quand on était devant, je ne sais pas pourquoi, il n’y a pas d’excuse », analyse Earvin Ngapeth. « Vu les trois premiers matchs qu’on fait, c’est un bilan catastrophique, admet Jenia Grebennikov. Je pensais vraiment que nous allions réagir car les matchs couperets nous réussissent bien en général, mais pas du tout. Nous avons joué pire qu’en poule, nous n’avons pas réussi à envoyer la balle de l’autre côté, nous n’avons pas fait jouer l’adversaire, nous avons cherché la puissance alors que ce n’est pas du tout notre jeu, nous aurions dû être plus malins. Nous avons fait trop d’erreurs et nous avons joué trop individuellement. »

Les Bleus, après une entame de saison parfaite (victoires au Tournoi de qualification au Championnat du monde et en Ligue Mondiale), abandonnent donc leur titre européen conquis en 2015. Ils tenteront de se consoler et surtout de se reprendre en septembre lors de la World Grand Champions Cup au Japon (12-17 septembre).