Elle est revenue ! En jet privé, Laure Manaudou est retournée au centre d'entraînement nautique de Canet-en-Rousillon pour expliquer sa fugue. Première information, elle ne reviendra pas. Deuxième information, elle assume son choix et assure ne pas avoir agi sur "un coup de tête".
"Je voulais découvrir un nouveau challenge. Je ne pars pas dans l'inconnu, je sais que là-bas, ça va être difficile. Ce n'est pas sur un coup de tête" indique Laure Manaudou. "J'avais déjà prévu de partir après les Jeux olympiques de Pékin. Il s'avère que les choses se sont passées comme ça. Il vaut mieux partir à un an et demi des Jeux qu'à trois mois" assure la championne.
Manaudou assure que son entrevue avec son ex-entraîneur Philippe Lucas "s'est bien passée". "Je lui ai expliqué mon choix. Il n'y a pas de conflit entre nous. On s'est parlé normalement (...) J'avais envie de voir autre chose. On se verra. Mais c'est sûr que désormais entre nous ça ne sera plus pareil" assume la jeune femme de vingt ans, parti vivre le grand amour en Italie.
Laure Manaudou évoque aussi des raisons techniques à son départ. "Je veux prouver qu'en quittant Philippe, je peux m'entraîner avec quelqu'un d'autre. Il y a des choses que je souhaitais travailler et que Philippe ne voulait pas faire. Je pense qu'ils sont capables de me faire nager plus vite".
Plus tout à fait nageuse de haut niveau en ce moment, Laure Manaudou cherche donc à prouver qu'elle peut réussir sans son mentor. Un nouveau pari dans sa courte carrière.
Philippe Lucas n'a fait aucune déclaration à la suite de son entrevue avec son ex-étoile. Précédemment, l'homme trublion de la natation française déclarait "ne pas savoir" si elle serait à même d'obtenir des résultats avec un autre entraîneur. Lucas avait également estimé ne pas avoir été trop dur avec la nageuse. "Je ne pense pas avoir été trop dur avec elle. Toutes les autres subissent le même entraînement. Les médailles, les titres, ça n'arrive pas comme ça", a expliqué Philippe Lucas dans La Dépêche du midi, précisant qu'il en avait "perdu des nageuses, ce n'est pas la première et ce ne sera pas la dernière". "Dans le couple Manaudou-Lucas, celui qui était le plus fort dans la tête, c'était bien moi, je ne suis pas triste. Il n'y a pas de souci. Je fais ce que je devais faire. J'ai tout fait pour qu'elle devienne la meilleure nageuse du monde. Et elle était la meilleure nageuse du monde", a fait valoir Lucas.
La situation de Laure Manaudou, en plus d'agiter le microcosme médiatique, embarrasse quelque peu la Fédération italienne de natation (Federnuoto). Son président, Paolo Barelli, a expliqué mardi que la nageuse française ne devait pas "agir sur la seule base de l'amour". Alors que Manadou, son avocat, et le club de natation LaPresse de Turin ont jeté les premières bases d'une collaboration, Paolo Barelli n'a pas fait mystère de son peu d'enthousiasme. "On ne doit pas prendre des décisions qui, sous le coup de l'impétuosité juvénile, peuvent se révéler irréfléchies", a dit le dirigeant. "On m'a dit que Manaudou a l'intention de prendre une pause pour réfléchir. C'est bien, avait-il continué. Il n'est pas concevable que, sans objectif technique, elle puisse venir en Italie, dans notre centre technique fédéral".
Son petit ami Luca Marin s'entraîne au centre fédéral de Vérone mais la nageuse française envisage de s'établir au club de natation LaPresse à Turin, qui est une structure privée. "Cette solution, je ne la sens pas bien, a insisté le dirigeant. Même si elle éprouve de l'amour pour ce garçon, cela ne justifie pas un éloignement aussi fort de la France".
Une des principales rivales de Manaudou sur 200 m et 400 m nage libre est une Italienne, Federica Pellegrini.





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