Pour Riner pas d'adversaire, mais trois ministres...

Judo / JO 2012

Pour Riner pas d'adversaire, mais trois ministres...
Photo DR

Pour Riner pas d'adversaire, mais trois ministres...

Vendredi 3 août 2012 - 19:31

Teddy Riner a conquis l'or olympique des lourds qu'il désirait tant, vendredi à Londres, mais quasiment sans combattre, privé d'adversaires tétanisés par la peur de se faire mettre à terre par celui qui est définitivement l'extraterrestre du judo. Dommage. Il y avait du beau linge dans les tribunes.

La finale contre le Russe Alexander Mikhaylin a été à ce titre un modèle du genre, insupportable pour le public, à grande majorité français, qui n'était - c'est une chance - pas venu voir du judo mais le sacre annoncé du quintuple champion du monde. Embarrassé de proposer aussi peu de spectacle, Riner essaya bien d'attaquer à deux ou trois reprises. Méritoire, alors qu'il aurait pu jouer la montre face à un adversaire déjà sanctionné pour passivité et donc assuré de sa défaite s'il continuait à ne rien tenter. "Je m'étais entraîné à faire du judo mais je suis tombé sur des mecs qui restaient en arrière. Je leur ai dit +Vous voulez jouer à ce petit jeu là ?+ Très bien, mais moi, j'ai la caisse", racontait Riner au sortir de son combat "Le Russe n'était pas content, mais je lui ai dit +Fair-play, man+. Il n'a rien fait dans le combat, il n'a pas fait une attaque, alors que moi, j'ai essayé".

Qu'importe! Riner oubliera vite la manière dont il a dominé le Polonais Janusz Wojnarowicz et le sud-Coréen Kim Sung-Min, auteurs de combats de cour d'école, il se satisfera des ippons infligés au Tunisien Faicel Jaballah et au Cubain Oscar Brayson, après des débuts de match tout aussi médiocres... L'essentiel, ce après quoi il courrait depuis sa déconvenue des JO de Pékin (médaillé de bronze), est désormais autour de son cou.

Trois ministres des sports


"C'est le fruit de quatre années de travail. Pour l'instant, je ne réalise pas encore très bien. Je crois que je ne vais pas quitter ma médaille, que je vais dormir avec! C'est magnifique, ce public de feu, il y avait toute ma famille. Je sais que je l'ai fait", jubilait le Français qui a bousculé le protocole pour aller longuement saluer ses innombrables supporteurs. Et d'abord ses parents et ses frères, ses amis, sa fiancée dont les apparitions sont rarissimes, son entraîneur Benoît Campargue dont il a baisé les chaussures, puis les trois ministre ou ex-ministres français des sports présents dans la salle, Valérie Fourneyron, Guy Drut et David Douillet qui le devance encore d'un titre olympique mais compte "seulement" quatre médailles d'or mondiales.

Riner, qui a passé la dernière semaine cloîtré au Village olympique à tourner comme une bête en cage, en regardant ses "potes rentrer à la maison les uns après les autres", est désormais libéré. Tout comme le judo français, en quête de son premier titre olympique depuis celui de Douillet, en 2000… La semaine londonienne a été en effet épique avec l'apothéose des deux leaders, Riner et Lucie Décosse, en -70kg, agrémentée de cinq médailles de bronze - Priscilla Gneto (-52kg), Automne Pavia (-57kg), Ugo Legrand (-73kg), Gévrise Emane (-63kg) et Audrey Tcheuméo (-78kg). Soit une récompense pour tous les médaillables potentiels. Du grand art!





Le sport en direct sur votre mobile


Sport-kiff.com, la boutique du sport / Partenaire officiel Sport.fr


Fil infos Sport

A la une

Le buzz du jour

Insolites People

Sport Business

Top articles Sport.fr

Chiffre sport de la semaine

Phrase sport de la semaine