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Après leurs quatre médailles d'or en individuel (Teddy Riner, Lucie Décosse, Gévrise Emane et Audrey Tcheuméo), les Français ont arraché les titres par équipes hommes et femmes, clôturant ainsi en apothéose les Championnats du monde de Paris.
Les douze judokas à avoir foulé les tatamis dimanche ont souvent combattu au-delà de leur niveau pour aller chercher ce titre particulier, irrégulièrement attribué depuis 1994 et qui n'a connu depuis que cinq titulaires. Dimitri Dragin est le plus bel exemple de ce surpassement. Non qualifié pour l'épreuve individuelle en -60kg, le Havrais a remporté ses quatre combats du jour, se payant en demi-finale le scalp du champion du monde des -66kg, le Japonais Masashi Ebinuma.
Teddy Riner (+100 kg), Lucie Décosse (-70 kg), Gévrise Emane (-63 kg) et Audrey Tcheuméo (-78 kg) ont glané l'or et Ugo Legrand (-73 kg) le bronze.
Héros de la semaine, Riner, 22 ans, est entré dans la légende en devenant le premier judoka 5 fois champion du monde. Surtout, il a écrasé l'adversité par sa supériorité technique, physique et mentale. "Il a déjà le record des titres mondiaux mais il peut aller plus haut avec le record absolu des titres olympiques parce que c'est un surdoué, qu'il a démarré très tôt et qu'il est hyper fort. Il a touché la perfection", juge David Douillet, double champion olympique et quadruple champion du monde. Seul un pépin physique peut priver Riner d'un premier titre olympique en 2012.
Mais Riner est aussi l'arbre qui cache la forêt. Les garçons n'ont pas brillé à l'exception de Riner et Legrand, un gros talent très prometteur. "L'objectif était que la France élève son niveau pour les Championnats du monde en France, rappelle Benoit Campargue, responsable de l'équipe masculine. Et cela n'a pas été le cas. Il y a eu un manque d'agressivité parce qu'ils voulaient trop bien faire. Après l'agressivité, cela se travaille."
Lucie Décosse, 30 ans, sacrée en 2005 en -63 kg, et Gévrise Emane, 29 ans, sacrée en -70 kg en 2007, ont échangé les catégories en 2009. Résultat : toutes les deux s'imposent dans leur nouvelle catégorie. "Cela les conforte encore dans leur position de locomotive, analyse Martine Dupont, responsable de l'équipe féminine. Ce sont deux championnes exceptionnelles, les entraîner, c'est très facile."
Certaines filles, notamment la très attendue Automne Pavia (-57 kg), n'ont pas su concrétiser.
La surprise est venue d'Audrey Tcheuméo. Elle n'a que 21 ans et elle a été la révélation de ces Mondiaux où elle s'est imposée de main de maître. La nouvelle championne du monde des -78 kg s'avance de façon fulgurante vers une prolifique carrière.
La France pointe deuxième au classement des nations, derrière le Japon (15 médailles dont 5 en or), et conserve son statut de 2010. Tous les Français qui se sont retrouvés en finale ont gagné. Mais seuls quatre Bleus sur 28 sont arrivés à ce stade. "C'est un bon bilan, constate René Rambier, directeur technique du haut niveau. Deuxième nation mondiale, c'est ça qui est important. On est encore un peu loin des Japonais sur deux combattants. Aux jeux Olympiques, il y aura qu'un combattant par catégorie de poids." Aux Mondiaux, deux judokas par nation et par catégorie sont autorisés contre un seul aux JO.


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