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Irène Joliot-Curie, Moshe Feldenkrais, Paul Bonet-Maury, Jigoro Kano... sont sur la scène-tatami du théâtre du Trianon à Paris durant les Mondiaux de Bercy, de mardi à dimanche, dans le spectacle "Triomphe" qui retrace l'épopée des pionniers du judo en France de 1905 à 1966.
Drôle d'idée que d'évoquer sur scène les enseignements des premiers maîtres japonais Mikinosuke Kawaishi et Shozo Awazu en France, les théories du scientifique Moshe Feldenkrais, fondateur du premier club de ju-jitsu puis de judo, les combats des pratiquants pour créer une fédération indépendante qui verra le jour en 1946. Une idée pas si étrange finalement lorsque, à l'image de Gilles Troulet, l'auteur-metteur en scène, on est à la fois "comédien et judoka depuis 25 ans" et que l'on meuble ses périodes de moindre activité scénique en donnant des cours de judo. Depuis deux ans, cette ceinture noire conjugue ses deux passions grâce à son spectacle pour lequel il a avalé toute la littérature consacrée au judo et à son implantation en France grâce au maître Jogoro Kano et à ses disciples Kawaishi et Awazu dans les années 40/50. Pour se "simplifier" la tâche, il a choisi ses douze comédiens chez ses pairs, ceintures noires.
Seule non professionnelle de la scène mais comédienne amateur, la jeune retraitée des tatamis Barbara Harel, double championne d'Europe et trois fois olympienne, joue tous les rôles féminins à commencer par Irène Joliot Curie, première femme ceinture noire en France. Gilles Troulet avoue toutefois quelques difficultés dans sa recherche de "comédiens, japonais, parlant français". Au total, douze comédiens jouent une cinquantaine de personnages dans une débauche de costume rendue nécessaire par la traversée du siècle.
"Je me suis rendu compte que les judokas eux-mêmes ne connaissaient pas l'histoire de leur sport, indissociable de l'histoire de la France au XXe siècle", explique Gilles Troulet, évoquant notamment la difficulté pour les maîtres japonais à enseigner et même vivre en France au lendemain de la Libération, après la défaite de leur pays engagé dans la guerre aux côtés de l'Allemagne.
"Triomphe" ne s'adresse pas qu'aux judokas. "J'ai conçu la pièce pour qu'elle parle aux non-initiés" reprend Troulet. Le résultat est un "ovni théâtral", selon les mots du créateur, sans unité de temps ni de lieu, agrémenté d'images d'archives, fresque historique qui aide à comprendre pourquoi et comment la France est devenue la deuxième nation mondiale du judo. La pièce se termine en 1966, lorsque l'équipe de France se rend pour la première fois au Japon affronter des athlètes nippons.



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« Pastore vaut 12 millions, pas plus »
Vahid Halilhodzic