Philippe Bana (directeur technique national): "C'est l'histoire de copains qui en avaient tellement chié les huit dernières années, d'un collectif, d'une idée, d'un sport qui en avait vraiment chié aux Jeux, qui avaient souffert, qui s'étaient fait mal, qui avaient amalgamé ça, qui avaient gardé ça au fond d'eux et ont fini par le recracher aujourd'hui dans ce tournoi. L'histoire de gens qui sont enfermés dans une HLM olympique pendant trois semaines pour se mettre ça tout au fond du coeur. Il y a une espèce de trait d'union entre le passé et le présent. C'est ce que le handball n'avait jamais gagné, cet espèce d'ultime Graal. Peut-être que derrière il risque d'y avoir un grand vide, on va se demander ce qu'on va faire maintenant. On avait tellement travaillé là-dessus, en se disant qu'il ne nous manquait que ça qu'il va falloir s'inventer d'autres idées. Ils ont été des rocs, à l'image de Thierry Omeyer, à l'image de Bertrand Gille. Ils avaient décidé de résister jusqu'au bout. Ils savaient que ce serait la tranchée, la mine, ils n'ont rien lâché même à la fin".
Joël Abati : "Gloire nous est rendue aujourd'hui. On a su gagner ce titre avec tout notre coeur. On l'a fait pour tous les éducateurs, la Guadeloupe, la Martinique. Gloire à eux, gloire à nous et gloire à la médaille."
Luc Abalo : "C'est magnifique, c'est fantastique pour le handball français. Je suis super content. Pour certains, cette médaille représente toute une carrière, il y en a qui vont arrêter après ça, ils terminent sur une super note. Pour d'autres c'est le début, on a écrit une page de l'histoire du handball français".
Didier Dinart : "On est au plus haut sommet, c'est magique. On a le sentiment du devoir accompli. A titre personnel, c'est le seul titre qui me manquait. C'est une belle victoire, le groupe a été grandiose durant tous les Jeux. Le match a été vite plié dans le sens où on les a pris au sérieux. On a gagné tranquillement."
Jérôme Fernandez (blessé en début de compétition): "A aucun moment je n'ai douté dans les tribunes. Je les en remercie, ça a été plus facile à vivre. Aujourd'hui ils ont été chercher une médaille d'or qui me ravit. C'est génial pour eux et notre sport. Bien sûr que je fais partie de l'équipe, j'ai joué trois matches. Mais c'est vrai que les matches qu'on a envie de jouer, c'est les derniers, la demie et la finale. J'ai déjà été champion du monde et d'Europe en jouant. Là je suis champion olympique en regardant mais je le savoure aussi".
Bertrand Gille : "Je suis soulagé, c'est fini. Je suis soulagé, content. Soulagé parce que je vais enfin pouvoir m'endormir sans avoir de boule au ventre, ces poussées d'adrénaline qui nous habitaient constamment ces derniers jours. Ca va faire du bien au corps. La tête, elle, pour l'instant n'a pas vraiment envie de redescendre. On a encore du mal à réaliser vraiment ce qui s'est passé, toute la quinzaine qu'on vient de vivre. Ca va se savourer petit à petit, même si c'est vrai qu'on aura relativement peu de temps parce que dans deux jours on est tous dispatchés dans nos clubs respectifs. La bonne nouvelle c'est que je joue contre
Nikola Karabatic et
Thierry Omeyer samedi prochain. Je suis super content. On a dominé dans tous les domaines, en défense on a été très bons avec un +Titi+ Omeyer impérial derrière. En attaque on a réussi à faire exploser leur bloc central, à mettre des buts de partout sur le terrain. On l'a maîtrisé ce match. Bien sûr ce n'est pas parfait, mais on s'est fait un coussin suffisamment confortable pour pouvoir le gérer tranquillement (...) C'était le match le plus long du monde. Physiquement on est quand même tous marqués et puis gérer un gros avantage comme ça fait qu'on regarde souvent la pendule et les secondes s'égrennent avec une lenteur consternante !"
Guillaume Gille : "Je peux vous assurer que c'est énorme. Ce sont des sentiments tellement forts qu'ils sont difficilement partageables. Je crois qu'il faut avoir vécu ces trois semaines de compétition, ces deux mois de préparation ensemble pour se rendre compte ce qu'a pu nous apporter cette alchimie entre nous. Ces sentiments qui se mêlent à la fin d'un match où tout explose, tout éclate, parce que vous savez que ça y est, on y est. C'est incroyable ce qui s'entrechoque dans la tête, dans le coeur. C'est simplement un moment privilégié qu'on est en train de vivre en ce moment et on va en profiter, on risque de la noyer un peu ce soir la médaille ! (...) Ca y est, la disette aux Jeux est terminée. On a réussi où nos aînés et nous-mêmes précédemment avions échoué. On a su tirer quelques leçons du passé, se montre conquérant. Il y a plein de choses à ressortir de ces Jeux. Maintenant, de manière globale, je pense qu'on a été dans la lumière et je pense que beaucoup de gens ont pu se rendre compte de la beauté de notre sport".
Michaël Guigou : "Maintenant, j'ai envie de profiter de cette médaille. Quand on se lance dans une aventure olympique, on est pendant deux mois loin de chez nous. Ce soir on va aller fêter ça dignement. On n'est pas meilleurs (que l'ancienne génération des joueurs français), parce qu'ils étaient partis de rien. c'est grâce à eux qu'on est là aujourd'hui, il ne faut pas l'oublier, c'est ce que j'ai dit à Jackson (Richardson, ancien capitaine de l'équipe de France) toute à l'heure. C'est grâce à eux qu'on est là aujourd'hui et qu'on a réussi à aller chercher le titre qu'ils n'ont pas pu aller chercher en 1992".
Nikola Karabatic : "Je n'y crois pas, c'est comme dans un rêve. On court derrière ça depuis tellement d'années. C'est le rêve d'une vie, le rêve d'une vie de sportif. On le fait sur ces JO, je pense que c'est mérité parce qu'on a vraiment très, très bien joué. On a produit un super handball, un super jeu, c'est magnifique (...) C'est le plus beau moment de ma carrière en équipe de France, il n'y a pas à chier ! Je pense que ce qui a fait la différence c'est l'expérience. Le groupe est très expérimenté, il a vécu beaucoup de choses ensemble. Des victoires, des défaites aussi, des joies, des désillusions. c'est un groupe très expérimenté avec des joueurs de +ouf+. C'est ce qui a fait notre force (...) J'ai été petit aussi, je sais comment ça se passe. Quand vous voyez les autres à la télé, les équipes de France, les gars en club jouer, gagner, quand vous voyez qu'ils sont accessibles, qu'ils donnent envie, qu'ils se battent, qu'ils montrent ce qu'est la beauté du sport, c'est ça dont les gens ont besoin".
Daouda Karaboué (gardien de but de l'équipe de France): "Etre champion olympique, c'est un rêve d'enfant qui devient réalité. On va savourer cette soirée et se préparer pour le Championnat, remettre les pieds sur terre. Je ne sais pas quelle a été la recette miracle du succès. Il y a eu beaucoup de travail, l'amertume de l'échec de 2004. Moi j'étais blessé à l'époque mais les autres avaient l'amertume de l'échec en quart de finale contre les Russes à Athènes. Il y a aussi la magie de la réussite. Quand on commence une compétition comme celle-là et qu'on enchaîne les victoires, on a l'impression qu'il y a vraiment pas grand chose qui peut nous arrêter".
Thierry Omeyer : "On a montré qu'on voulait plus cette médaille d'or que les autres. C'est tout simplement exceptionnel, c'est le premier or olympique pour la France, la deuxième médaille de l'histoire. On n'a pas gagné ce titre-là sur les cinq dernières minutes, on a eu à chaque fois de gros combats, on s'est défoncé 60 minutes à chaque match, c'est ça qu'il faut retenir. Etre champion olympique, c'est le summum qu'on peut atteindre dans une carrière, c'est beaucoup d'émotions, beaucoup d'images qui défilent. Champion olympique, c'est quelque chose qu'on rêve. Il va falloir quelques jours pour réaliser tout ça. (sur son rôle personnel) Je sais que le rôle du gardien est très important dans une équipe de handball, j'ai juste essayé de faire de mon mieux, de prendre l'ascendant sur les attaquants, et sur le gardien adverse, d'en arrêter plus que lui."
Cédric Paty : "Il va falloir un petit moment avant de redescendre sur terre mais ce soir, ce n'est pas le moment de descendre et on va vraiment en profiter. Quand je suis entré en jeu (dans les dernières minutes de la finale), je n'ai rien ressenti de plus que ce que je ressentais sur le banc, c'est à dire une énorme fierté. On s'est battu avec cette équipe pendant la préparation, toute l'année pour arriver à ce qu'on a fait ce soir, c'est que du bonheur".